Vous n’avez pas pu y échapper, vous avez sans doute vu qu’Ubisoft avait tranché dans le lard. Six jeux annulés dont un très attendu, de nombreux reports, des studios fermés, une restructuration et une annonce prévue le 12 février prochain vécue comme une épée de Damoclès par les employés, voici le fabuleux programme déroulé mercredi en conférence de presse par le géant breton. L’objectif serait d’économiser 200 millions d’euros en deux ans, et ainsi réduire les coûts fixes annuels à 1,25 milliards d’euros à l’horizon 2028, au lieu de 1,75 milliards dépensés sur l’année fiscale 2022/2023. Les investisseurs, quant à eux, ont pris acte en paniquant comme il faut, puisque le titre a chuté en bourse de près de 40 %.
D’après les économies prévues, Insider Gaming estime le nombre de licenciements à venir à environ 2 400, ce qui amènerait le nombre d’employés autour des 15 000. Cela s’accompagnera de fermetures de studios un peu partout, comme celui d’Ubisoft Stockholm, mais l’information sur les autres n’a pas encore été communiquée. Et pour éviter d’avoir à trop mettre la main au portefeuille, surtout en France, Ubisoft choisit de couper toute possibilité de télétravail, afin de dégrader la qualité de vie des salariés et les pousser doucement vers la sortie. Une relation saine et équilibrée entre employeur et employés. Un appel à la grève pour une demi-journée a été lancé par Solidaires Informatique, pour un rendez-vous moins de 24 h après les annonces, sans doute pour marquer le coup. On n’a pas trouvé de bilan de la mobilisation, mais elle devrait être suivie de nouvelles journées de débrayage, si l’on en croit les syndicats.
Du côté des jeux, l’annonce de la restructuration en cinq « maisons créatives » permet de voir quelles sont les licences qui subsistent, mais on ne peut pas dire que ça donne spécialement envie. Et surtout, il n’y a que Vantage Studio qui travaille sur un FPS, l’ancêtre Rainbow Six: Siege qui vient de fêter ses 10 ans. Heureusement, le géant breton nous annonce qu’il se focalisera désormais sur ce qui compte réellement pour les joueurs : les mondes ouverts, les GAAS (Game As a Service) et l’IA générative. Miam.









Pour le télétravail je ne suis pas forcément choqué. Je sais bien que le développement c’est beaucoup d’heure et de « crunch » comme disent les anglais.
Mais le télétravail c’est apparu pour le phénomène « Covid-19 », il n’est pas anormal que certaines entreprises le suppriment. Certaines n’ont pas attendus d’avoir des problèmes financier pour revenir au fonctionnement d’avant.
Evidemment c’est les mauvaises décisions et les mauvais comportements du management et de la direction qui sont en cause, et ça retombe sur des salariés plus bas (plutôt que les responsables de tout ça…). Mais y a pas non plus énormément de moyen de sauver Ubisoft d’une catastrophe si ce n’est en fermant des studios, en réduisant la masse salariale et en annulant les projets qui paraissent, pour eux, le moins viable.
Vaut mieux accuser le coup maintenant que de finir en fermeture pure et dure dans 5 ans.
L’inverse est également possible. La décision de Ubisoft est sur le long terme, mais l’impact à très court terme. L’industrie du jeu vidéo n’est pas bien, mais ce n’est pas la seule.
C’est un suicide ce que fait Ubisoft à mes yeux.
Si les résultats annuels ne sont pas là, et que les pertes liées de chiffre d’affaires sont supérieures aux gains envisagés 200 M€ (ou que la dette augmente d’autant chaque année), ça va être la merde.
Supprimer des emplois, c’est aussi perdre du savoir-faire, de l’expertise, et de la réactivité dans un marché qui change, mais reste dynamique et demande d’être innovant dans l’offre proposée. On a fait ça dans l’industrie, on a maintenant 15 ans de retard (au bas mot…)
On a pu observer la trajectoire d’Ubisoft au cours des 25 dernières années :
Plein de studios qui font des « petits » jeux, en cherchant à faire des trucs originaux
Désir de se focaliser sur 4-5 grosses licenses à plusieurs millions, avec 1 épisode tous les 1-2 ans
Far Cry, Assassin Creed, Ghost Recon, The Division, Rainbow Six, Just Dance
Quelques tests de nouvelles licences ici ou là, mais abandonnés rapidement
Uniformisation de chacune des grosses licences, chaque épisode ressemblant au précédent
Puis uniformisation des jeux : FC ressemble à AC qui ressemble à GR…
Plus de renouvellement, année après année c’est du more of the same
Et aujourd’hui ça ne se vend plus
*SurprisedPikachu.wepb*
Leur échec, ça a été de ne jamais réussir à sortir un succès équivalent à GTA ou CoD, ce qui était leur but il y a 20 ans quand ils ont décidé de se focaliser sur une poignée de grosses licences. Je dirais que c’est la faute à un manque d’excellence et de courage : au lieu de pousser vers le haut en prenant des risques, ils ont fait du more of the same à partir d’un matériel bien mais sans plus.
C’est exactement ça @Drloser, c’est ce qui me fait dire que ça n’est qu’un coup d’épée dans l’eau leur plan d’économies, ça ne peux pas fonctionner avec la même stratégie, les ventes ne seront toujours pas là.
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