De l’autre côté de l’Océan Atlantique et plus précisément aux États-Unis, l’armée américaine investit de plus en plus l’e-sport. Par exemple, elle était cette année l’un des sponsors de la Dreamhack Anaheim, où se déroulait une compétition Counter-Strike. Elle possède même sa propre chaîne Twitch, où elle réalise des concours qui renvoient, l’air de rien, vers une page de recrutement. On pourrait bien évidemment aussi parler d’America’s Army, sorti en 2002, qui était un FPS édité et développé par l’U.S Army. C’est aussi le cas au Canada : l’armée canadienne était présente à la Dreamhack Montréal en 2019. En Europe, l’armée allemande avait posé ses bottes à la Gamescom 2019. L’objectif est simple : recruter des jeunes passionnés de FPS pour tuer tuer tuer.

Mais est-ce une bonne idée de chercher à recruter des commandos ZQSD formés à Counter-Strike ou Call of Duty ? Pas vraiment selon Brad Bushman, qui a publié une étude en 2019 dans Aggressive Behavior.

Selon lui, la majorité des FPS entraîne à tirer dans la tête, une cible beaucoup plus petite par rapport au reste du corps. Alors, que dans la réalité, on entraîne plutôt à tirer au niveau du torse. Dans son étude, 287 personnes ont tiré 12 coups (avec un pistolet d’airsoft) sur une cible après avoir joué 20 minutes à un FPS qui récompense le headshot, un FPS non-violent (comme Halo) ou un non-FPS. Dans l’étude les jeux utilisés étaient les suivants : Resident Evil: The Darkside Chronicles (FPS), Le mini jeu de tir sur Wii Play (FPS non-violent) et Super Mario Galaxy (non-FPS). Les résultats sont clairs : les joueurs de FPS visent plus souvent la tête que le torse. Il préconise donc d’utiliser des FPS qui ne favorise pas le tir à la tête pour l’entraînement des soldats ou officiers de police. Des jeux comme Counter-Strike ou Call of Duty, sont, selon lui, de mauvais outils d’entraînement au tir qui et apportent de mauvais réflexes.

Bien évidemment, cette étude présente des limites : les armes utilisées étaient factices et on ne savait pas si les sujets avaient déjà joué au jeu auparavant. Finalement, la seule chose plus ou moins claire était que les personnes ayant joué à un FPS pendant 20 minutes semblent viser la tête plutôt que le torse. Enfin, pour éviter toute confusion, l’auteur précise que cette étude ne signifie pas du tout qu’un joueur de FPS tirera plus facilement avec une arme sur quelqu’un. Notez que me faire jouer 20 min à Wii Play serait synonyme de me tirer une balle dans ma propre tête.

À gauche : le joueur de FPS. À droite : le joueur de non-FPS (ou console)

Bref : recrutez les jeunes sur Twitch si vous voulez, mais entraînez-les sur autre chose que Call of Duty ! Par exemple, l’armée française utilise Spartacus.

Je pourrais écrire une conclusion inspirée façon Grand Journaliste Engagé pour débattre de la présence de l’armée dans les salons de jeux vidéo ou sur Twitch. Mais honnêtement, j’en ai vraiment rien à faire et la question ne m’intéresse pas. Je vous laisse en débattre ici ou sur Twitter. Je trouvais simplement cette étude rigolote et en relation avec l’actualité.

13 Commentaires


  1. C’est biaisé parce que dans un Resident Evil où je suppose qu’il y a des zombies comme adversaires, j’imagine qu’il est d’autant plus crucial de viser la tête.
    De plus, je doute qu’un gars recruté hypothétiquement pour ses réflexes obtenus par les FPS vise spécialement la tête une fois aux commandes d’un drone ou d’un chasseur, là où les réflexes et la rapidité de réaction comptent le plus souvent.

  2. L’inverse est vérifiable, 10 ans avec une arme, et je me fait déglinguer dans EFT car je vise centre masse (torse/bas ventre).

    Meh.

  3. A noter que les militaires ça joue en général à la manette et pas vraiment à des jeux hardcore. C’est pas trop la population nofrag globalement.
    Ah et aussi, Spartacus c’est VBS3 (version “pro” d’Arma 3), et ça tourne en général sur des machines absolument pas adaptées. C’est très rigolo de forcer des non joueurs à s’entraîner sur un jeu avec 30 raccourcis claviers bien arbitraires à apprendre par coeur dans un environnement dégueulasse (graphismes au minimum obliges) qui tourne à 10 fps à tout péter (j’exagère pas, 2h de vbs au régiment me filent un mal de crâne pas possible alors que je peux jouer une journée complète sur mon PC sans souci). Tout ça pour dire qu’en France aussi, entre l’armée et les fps, y’a du chemin à faire.

  4. L’inverse est vérifiable, 10 ans avec une arme, et je me fait déglinguer dans EFT car je vise centre masse (torse/bas ventre).

    Meh.

    Pareil, après 15 ans de vélo, j’arrête pas de me faire rentrer dedans sur GTA5 à force de rouler sur la voie du milieu.

  5. Différencier la réalité de la fiction…

    Les joueurs en sont capables, mais l’armée américaine ?

  6. Cocasse venant de l’Amérique qui avait critiqué dans le passé la mauvaise influence des FPS sur les jeunes.

  7. Pour jouer aux FPS et avoir fait de l’airsoft, cette étude est biaisée. En airsoft, la règle d’or est d’éviter de viser la tête. Évidemment ça peu arriver mais c’est involontaire.

  8. Dans la majorité des fps, il vaut mieux viser la tête mais il y’en a quand même certains où ce n’est pas utile et même désavantageant.
    Genre dans la majorité des CoD, mieux vaut viser le torse car les hs ne permettent pas de tuer en moins de balles.
    Les fps genre Insurgency dans lequel on crève en 1-2 balles dans le torse, donc autant viser le torse plutôt que la tête, etc.
    Utiliser son cerveau pour se dire quand c’est mieux de viser la tête ou le torse quoi. Dans la réalité, à moins d’avoir du kevlar, une balle dans la tête tue, une balle dans le torse également. Donc logique de viser le torse.
    Les joueurs casu, qui représentent la majorité des joueurs n’essayent généralement même pas de viser une partie du corps en particulier, et surtout pas la tête car c’est petit et vu qu’ils ne savent pas contrôler le recul, les balles passent à côté.

  9. Le seul interet entre reccruter un joueur de FPS et un jeune du civile non joueur c’est que l’un des deux a des notions tres primaire des priorite pour checker des angles, et ma foi c’est tout. En gros ils gagnent une demi journée de formation. Par contre le non joueur de FPS a peut etre un meilleur physique.

    Sur le terrain l’adrenaline, le physique et le mental affecte beaucoup les performance plus que rester sur une chaise a faire des flickshot et se facepalm si tu chies.

    Par contre si on se dirige un jour vers une guerre a base d’android qu’on controle via un clavier souris, recrutez des pro-gamer.

  10. Les jeux de Fps et l’armée n’ont absolument rien à voir. On pourrait faire le même parallèle avec les films de guerre et l’armée. Cela étant, l’armée à de plus en plus de mal à recruter, que ce soit chez nous ou chez les ricains. Peu de monde est candidat à la “vie militaire”, avec tout ce que ça peut comporter d’absurdités pour un civil, très différente de ce qui est présenté dans les films ou les pubs de recrutement. Les périodes de classes sont, depuis ces 20 dernières années, un peu moins brutales pour en décourager moins (moins de claques de bon fonctionnement, utilisation de la pédagogie…). Mais ça intéresse de moins en moins de monde, et au vu de la considération que l’état porte à ses soldats (casernements parfois insalubres, soldes en retard, manque de matériel et j’en passe…), pas étonnant qu”ils galèrent à recruter.

  11. Pour constater le gouffre entre FPS et réalité, j’ai même pas eu besoin de tester IRL.
    En VR, par exemple sur Pavlov, devoir bouger de manière plus “réaliste” ça a déjà plus rien à voir avec le combo clavier/souris. Rien que le fait de devoir aligner les mires pour viser…
    Et je me doute bien que l’écart VR > réalité est encore pire.

  12. Cocasse venant de l’Amérique qui avait critiqué dans le passé la mauvaise influence des FPS sur les jeunes.

    Spoiler: les USA ne sont pas un gros bloc monolithique.

Connectez-vous pour laisser un commentaire