Un test de console sur NoFrag ? Tout part en couille ma pauv’dame. Pourquoi vous parler de la PSP dans ce cas ? Déjà parce qu’on est un bon paquet de geeks adulescents dans le coin (allez, ne niez pas), et parce que les critiques à l’égard du nouveau jouet de Sony sont tellement élogieuses un peu partout que ça valait bien la peine qu’on consacre un peu de temps à examiner la bête. Enfin, gourmandise ultime : il y a déjà un FPS qui tourne sur la PSP, un FPS dans la plus pure tradition console d’ailleurs : une petite bouse. Doh !
[–SUITE–] Premier contact : ça part plutôt mal.

C’est donc après avoir parcouru pas mal de sites et de revues, aux critiques toutes plus positives les unes que les autres, que j’ai finalement décidé d’acquérir une PSP en « value pack », avec quelques jeux. Déjà en possession d’une Nintendo DS et assez déçu par son line-up extrêmement pauvre, l’idée de jouer à un Wipe-Out, un GTA, ou en Burnout dans le RER m’a rapidement convaincue. Une fois l’objet du désir et quelques accessoires achetés, vient le moment de l’ouverture de la boite et de la découverte du St Graal.

Et vient aussi le moment des premières déceptions : oubliez les packagings made in Apple, oubliez la sobriété et le soin, oubliez aussi que vous venez de claquer 250 euros, parce que ce que vous avez sous les yeux fait surtout penser à un bon gros gadget électronique « made in China » de foire braderie. Faire de l’électronique grand public, ok, admettons. Mais ça n’est pas une raison pour perpétuer le look has-been des chaines hi-fi des années 80, avec ce mélange douteux de métal et de plastique noir brillant, tout en assemblant la bête avec un niveau de finition très limite pour ce niveau de prix. En témoignent par exemple l’alignement de certains boutons et le clapet du memory stick retenu par un bout de caoutchouc. En témoigne également le tiroir de chargement des disques UMD, qui m’a immédiatement fait penser au vieux magnétophone à cassette de mon antique Commodore 64. A noter qu’une nouvelle version toute blanche (façon iMac/iBook) est prévue, et il n’est pas impossible que l’assemblage soit quelque peu revu.

Ainsi, lors des premiers instants, la PSP respire l’à peu près, le produit trop vite fini, mal assemblé, dont la conception et le design ont été un peu bâclés afin d’occuper rapidement le marché. La consommation reste également un problème, puisque la console a une autonomie d’environ 5 heures, selon votre utilisation du lecteur UMD et du WIFI. Pas fameux. Sur tous ces points, la comparaison avec d’autres jouets électroniques grand public, tels que l’iPod d’Apple ou la DS de Nintendo, montre tout le chemin que Sony a encore à parcourir.

Premier allumage : la magie opère.

Vient le moment de l’allumage de la bête… et l’écran qui s’illumine. Ca n’est qu’à ce moment qu’on prend vraiment conscience de sa taille, surtout vis-à-vis des proportions de la console elle-même. Cet écran est grand, très grand, et surtout il a un rendu formidable et une luminosité incroyable. On insère le disque de démo livré dans le « value pack », qui contient quelques bandes annonces de film, de jeux, et des clips, et le spectacle est tout ce qu’il y a de plus convaincant. Les séquences vidéo rendent magnifiquement bien, et il ne fait alors aucun doute que la PSP peut vraiment servir à visionner des films dans de très bonnes conditions, du moins lorsque vous voyagez.

A cet instant, la PSP donne vraiment le sentiment de se résumer à un superbe écran entouré d’appendices en toc. Un sentiment renforcé par les hauts parleurs, dont le rendu se situe entre le couinement strident et le radioréveil PO/GO de grand-père. Certes, avec une taille aussi réduite, il est difficile de produire un son de qualité, mais par exemple la Nintendo DS a montré qu’il est possible d’avoir du son correct sur une portable. Le son de la PSP est donc pathétique, mais il suffit de brancher un casque audio, ou même un kit d’enceintes si vous êtes chez vous, pour se rassurer et constater que seuls les hauts parleurs sont en cause.

Premiers jeux : mais c’est excellent, bordel !

Un bel écran, une finition à deux balles, des vidéos qui rendent bien, un son pourri obligeant à utiliser le casque… essayons enfin ce pour quoi la console est d’abord conçue : le jeu. J’ai eu l’occasion d’essayer Wipe-Out Pure, Hot Shots Golf (Everybody’s Golf en Europe), Tony Hawk Underground Remix, et enfin Coded Arms sur lequel je reviens plus loin. Dans tous les cas, le constat est le même : toutes proportions gardées, c’est déjà hallucinant. Imaginer de tels jeux sur une machine de cette taille était encore un phantasme il y a peu, et Sony réussi avec la PSP à rendre portables des jeux d’une qualité proche des premiers titres PS2. Wipe-Out est particulièrement bluffant, et montre à lui seul les très bonnes capacités graphiques de la PSP, et toute la crédibilité de cette console comme support de jeux modernes ou portage de titres relativement exigeants. Or, contrairement à la pourtant prometteuse et audacieuse Nintendo DS, dont le line-up est désespérément limité et stagnant, la PSP affiche déjà de nombreux et très bons titres, et les sorties prochaines s’annoncent « de toute beauté » : Burnout Legends, GTA Liberty City Stories, Colin McRae 2005 Plus, PES 5, et j’en passe. Ajoutez le WIFI et la possibilité de jouer en réseau, et vous tenez là une réussite absolue.

La manipulation se fait essentiellement à l’aide d’une croix directionnelle et des quatre boutons classiques, agrémentés de deux gâchettes pas super pratiques. Malgré tout, pas de gros reproche concernant l’ergonomie générale de la console, et il est tout à fait possible de jouer une bonne heure sans éprouver une quelconque gène au niveau des mains. Pas si mal. Le fameux stick analogique est finalement assez peu exploité, en tous cas sur les jeux testés, et n’est pas particulièrement confortable. Une question d’habitude sans doute, mais malgré tout, quel dommage que la PSP ne propose pas un écran tactile : quand on a goûté à la Nintendo DS, on se rend compte à quel point ce mode de contrôle est agréable et crédible. On ne peut pas tout avoir, certes, mais à ce niveau de prix…

Le prix de la versatilité.

Au-delà du jeu, la PSP dispose d’un ensemble de fonctionnalités certes très complet, mais dont l’impact sur le prix d’achat final est important. C’est bien joli de proposer des slideshows de photos, le visionnage de vidéos et l’écoute de musique, encore faut-il disposer d’un espace de stockage suffisant. Les disques UMD enregistrables n’étant pas encore proposés au grand public (et ils ne le seront sans doute jamais, à cause du piratage), et la console ne disposant pas d’un mini disque dur, il faut se contenter des memory sticks duo made in Sony. Et ce n’est évidemment pas avec les 32 Mo livrés dans le Value Pack que vous y irez bien loin. Ceux-ci vous serviront au mieux à stocker vos sauvegardes de jeux, quelques photos et des petits clips ou bandes annonces. Une heure de vidéo au format PSP peut prendre entre 100 Mo et 300 Mo selon la qualité d’encodage choisie. En gros, comptez un memory stick de 1 Go pour stocker 2 à 3 films en qualité « standard ». Ce qui ajoute environ 100 € au prix de la console, rien que ça.

Cela dit, une fois cette douloureuse payée, la PSP confirme toute la versatilité dont elle est capable : encoder des vidéos et transférer tous types de fichiers (par USB) est un jeu d’enfant, puisque la console est reconnue comme un périphérique de stockage externe, et de nombreux outils freeware ou shareware sont déjà disponibles (aussi bien sur Windows que sur Mac OS X). Sur la console elle-même, l’interface est limpide et simple, et on ne peut reprocher que l’absence de stylet pour manipuler le tout. Un stylet qui aurait d’ailleurs montré tout son intérêt avec la dernière application disponible (proposée avec le firmware 2.0) : le navigateur web. Imaginez utiliser un navigateur web avec un joypad et un clavier virtuel : oui, c’est bien ça, c’est pourri. A moins d’avoir des sites conçus pour prendre en compte les limitations ergonomiques de la PSP, le navigateur web est un peu un joli « gadget de plus ». Néanmoins, il a le mérite d’exister, et la console peut donc par exemple tout à fait servir à vérifier l’état du trafic ou jeter un œil sur sa boite mails.

Un cher et joli jouet

Si le premier contact avec la PSP est pour le moins décevant et inquiétant, eu égard à un niveau de finition et une tarification qui ne jouent pas dans la même catégorie, on ne peut que reconnaître l’excellence de cette console, dont les jeux déjà disponibles proposent une qualité de haut niveau. L’écran, magnifique et de grande taille, suffira probablement à justifier l’achat, d’autant plus qu’il est parfaitement exploité par les jeux et les différentes fonctionnalités multimédias de la PSP, comme le visionnage de vidéos, de photos, ou pourquoi pas le navigateur web en mode WIFI. Il ne manque finalement qu’un écran tactile et une meilleure autonomie pour approcher la perfection.