Arthur, fils d’Uther Pendragon, époux de Guenièvre, fille de Léodagan, roi de Carmélide, est un roi breton. Il a organisé la défense des peuples celtes des îles Britanniques et de Bretagne armoricaine, face aux envahisseurs germaniques saxons à la fin du Ve siècle ou au début du VIe siècle. On lui prête le soutien des dieux, qui l’ont choisi en lui offrant son épée mythique Excalibur et le soutien de la fée Morgane, demie-soeur magicienne du roi Arthur qui se retournera ensuite contre lui.

Si vous êtes un fan d’Alexandre Astier et de Kaamelott, cette introduction a sans doute évoqué en votre esprit les têtes de pleins d’acteurs, tous plus idiots les uns que les autres. Vous me maudissez déjà pour la chanson qui va vous trotter dans la tête pendant les 5 prochains jours. Si vous n’avez pas lu les légendes arthuriennes et haïssez la série, vous vous demandez sans doute quand est-ce que l’article va enfin commencer. J’y arrive.

Arthurian Legends est un FPS de style rétro, dont le développement a commencé durant l’été 2016 et est encore en cours. Le titre est développé par une personne seule, Keith Scolaro, dont le but est de créer un jeu rendant hommage aux titres des années ‘90 tels qu’Hexen ou Witchhaven, tout en proposant un univers original et sa propre vision des jeux de cette époque. Vous serez sans doute d’accord en voyant les captures d’écran ci-dessous que son style intrigue mais ne plaira pas à tout le monde.

On retrouve donc un FPS donnant la part belle au corps à corps, mais permettant aussi au joueurs d’utiliser diverses armes à distance, de la hache de lancer à l’arc en passant par l’arbalète, les bombes ainsi que d’autres armes moins conventionnelles. Si le jeu n’est pas encore accessible — sa sortie est prévue pour 2018 — j’ai pu, à force de harceler le développeur jour et nuit, mettre mes mains sur une version beta 0.91 exclusive, fraîche d’à peine 2 jours. Je vous en donne ci-dessous un aperçu, mais soyez conscient que le jeu est encore en évolution et qu’il reste un peu de chemin à faire.

Un diamant encore brut…

Sachez par exemple que la version que j’ai testée propose, dans les options, un FOV slider, mais qu’il reste pour le moment désespérément grisé. Sans forcément vouloir jouer en FOV 220°, j’avoue que j’aurais apprécié de pouvoir l’augmenter légèrement. Pour continuer avec les détails fâcheux, le jeu reste très sombre, sans doute trop, même pour le moyen âge ; un petit passage par le réglage des gammas est bienvenu. Notons que le développeur est au courant de ce souci et qu’il sera réglé dans la prochaine version.

Enfin, le système de combat au corps à corps est sympathique — on y reviendra — mais encore trop éloigné de canons modernes du genre. On est par exemple en dessous de l’excellente ébauche de Brutal Hexen par laquelle rgk ne fait que jurer. Ci-dessous, une vidéo du trailer du jeu pour vous donner une idée. Ne vous en faites pas, le HUD envahissant a disparu pour une version beaucoup plus discrète et le système de combat est en train d’être repensé pour donner plus d’importance aux parades et à l’effet d’une attaque bloquée au bouclier :

À ce propos, il n’y a pas de crosshair dans Arthurian legends. Si personnellement j’aime ce que cela induit sur la visée — on se concentre pour ne pas gaspiller sa dernière hache de lancer et un tir réussi est plus gratifiant — cela devient bizarrement plus dérangeant pour les armes de corps à corps. J’ai fini par comprendre que si les armes de jet partent bien du centre de l’écran jusqu’à un point situé lui aussi au milieu, les armes de contact, elles, résultent d’un mouvement de taille qui n’impacte qu’un tiers de l’écran. L’utilisation de deux armes, une dague à gauche et une hache à droite, est possible mais demande alors de se tourner légèrement dans la direction de l’ennemi à chaque coup pour être efficace.

Si le jeu permet de changer de résolution, impossible d’y jouer en 16:9 sur mon écran 21:9. Vous bénéficiez donc d’un FOV étendu sur certaines captures d’écran…

Enfin, les déplacement trop rapides et fluides gênent la préparation des coups de taille au corps à corps. De son côté, rgk regrette le feeling brouillon des combats qui donne l’impression de jouer à du tour par tour en temps réel : “pas dynamique, pas bourrin et on subit les attaques ennemies sans parer et sans avoir l’impression de gérer les combats de manière pro-active et violente”. Je le suis plus ou moins dans cette critique : les combats ne sont pas parfaits, mais le développeur en est conscient et travaille dessus. Je crains malgré tout que seules les armes à projectiles se révèlent jouissives au final. Souci de jeunesse ou choix du développeur ? Nous le verrons lors des prochaines updates de ce qui reste, je le rappelle, une beta que le dev a gentiment mis à notre disposition.

Les environnements sont riches en sprites détaillés et le soin apporté aux décors fait plaisir à voir. Chaque niveau cache de nombreux secrets et les thématiques sont variées : forêt, marais, paysages enneigés, châteaux et cryptes. Le level design lui est parfois un peu pauvre, principalement en extérieur et on retrouve encore trop souvent des couloirs aux murs tirés au cordeau, typiquement dans le niveau de la forêt : après tout, cela respecte l’inspiration ‘90s originale. Avouons quand même que certains passages dans des places fortifiées nécessitant de se battre contre des archers, bourrés de pièges et de long couloirs obligeant d’avancer derrière son bouclier sont assez plaisants. Au final, les 3 chapitres proposés semblent intéressants et on y rencontre des ennemis et des situations qui se renouvellent suffisamment pour qu’elles restent plaisantes.

…Mais un diamant quand même

À condition d’aimer ce style rétro assumé, tant graphique et technique qu’au niveau du gameplay, le jeu a du potentiel. Je vous parlais de ses environnements, mais les ennemis et l’arsenal ne sont pas en reste ! Epées, épées à deux mains, haches, dagues, Morgenstern, bombes incendiaires et saintes grenades, arbalètes. Plus tard dans le jeu arrivent des runes et ce sera à l’aide des sorts de feu, d’éclair ou de glace que vous pourrez affaiblir les ennemis afin de les décapiter, pour ensuite jouer au foot avec leur tête. La liste détaillée des armes et items est dispo dans le manuel oldschool (et en bonus voici la boîte du jeu).

Face à vous, de simples soldats saxons ou des chevaliers en armure complète, des loups rendus agressifs par la magie noire, chiens à deux têtes, des araignées géantes, des moustiques de 1 mètre, quelques archers au sommet d’une tour, des squelettes, des démons volant et des sorciers.

L’utilisation possible de deux armes à la fois permet des combinaisons intéressantes, que vous choisissiez une arme à deux mains puissante, mais empêchant l’utilisation du bouclier, ou que vous préfériez une arme de jet et une épée simple. Le fait que les boucliers mais aussi les armes subissent l’usure — peut être un peu trop rapide — donne une petite touche de variété bienvenue à des sensations de combat qui peuvent encore s’améliorer.

En sus de l’histoire de base que j’ai testé ici, le jeu offre un mode “arena” assez complet, permettant de se frotter aux ennemis de votre choix via des vagues prédéfinies et dans l’environnement de votre choix. Le mode “horde” quand à lui propose un combat à mort, le but d’éliminer un maximum d’ennemis avant l’issue fatale. Ces deux modes de jeux permettent de s’entraîner à l’utilisation des armes et sont bienvenus. Enfin, les menus touffus offrent aussi un choix d’options impressionnant pour une beta, un bestiaire des monstres qui se débloque au fur et à mesure de votre avancée, ainsi que divers succès à débloquer.

En conclusion, les bases du jeu sont là, il reste du contenu à peaufiner pour les derniers niveaux — principalement du placement d’ennemis et des éléments visuels à intégrer — quelques options à ajouter (le réglage du FOV) et quelques bugs mineurs à corriger. La sortie de ce FPS solo était prévu à la base pour 2018 mais le développeur me dit qu’il n’est pas sûr d’arriver à tout régler d’ici la fin de l’année. Il serait plus raisonnable de viser le premier trimestre 2019 pour un jeu qui sortira en version complète à moins de 15$ sur Steam et Itch.io et qui évite la case early access.

Le jeu pourra peut-être s’acquérir sous forme de disquettes, chez votre revendeur informatique préféré. Du moins c’est ce que l’écran de fin de la beta laisse sous-entendre…

Je vous laisse avec quelques images, toujours dans la résolution particulière de mon 21:9e et on fera sans doute une vidéo de découverte pour accompagner l’interview du développeur, que j’espère pouvoir mener avant la sortie du jeu.

10 Commentaires


  1. Hooo, que ça a l’air sympa !
    Evidemment il faudrait bosser un peut le feeling des armes, mais j’aime bien la D.A, et le coté gore complètement barré peut être bien cool !

    J’ai hâte de voir plus de gameplay, il y’a un endroit ou suivre le développement ?

  2. Comme d’habitude, le twitter est mis à jour, le site web te permet d’avoir quelques infos (le dev va le mettre à jour la semaine prochaine), mais c’est sur le discord que tu auras le plus de mises à jour, pas toujours intéressantes cela dit.

    https://arthurianlegends.net

  3. Ah, que serait NoFrag sans son saint FOV. ^^
    Ce jeu a l’air bien trop cool en tout cas !

  4. Mon dieu ! Les Saxons sont sous les remparts !
    Vite, courons sécuriser le stock de couvertures ! Bah quoi, si le siège dure jusqu’à l’hivers, on sera bien content de les avoirs, les couvertures ! :p

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