Premier jeu à la première personne du studio Blackbird (Homeworld: Deserts of Kharak), Hardspace: Shipbreaker a été dévoilé plus tôt cette année avec un concept plutôt intriguant : incarner un ferrailleur de l’espace. Arrivé il y a quelques jours en accès anticipé sur Steam, c’est l’occasion de découvrir si dessouder de la tôle en gravité zéro est intéressant ou non.

Ça va couper chérie :

Dans Hardspace: Shipbreaker, le joueur incarne donc un ferrailleur de l’espace équipé de plusieurs outils high-tech. Une scie-laser et un lasso/gravity-gun vous aideront ainsi à réaliser les contrats qui vous sont proposés. Pour résumer, le job consiste essentiellement à découper en morceaux des épaves de vaisseaux et a récupérer ce qui aurait potentiellement de la valeur. Une certaine quantité de tel matériaux à envoyer dans la fonderie, une vingtaine d’objets issus du mobilier à mettre dans une barge de l’espace, etc. Si, sur le papier, cela peut paraître simple, Hardspace: Shipbreaker est en vérité assez proche du puzzle game. En effet, plusieurs paramètres font que chaque mission peut vite devenir un vrai casse tête. En tout cas, au début. En plus d’un temps limité (qui au fond, ne sert pas à grand chose) et d’une réserve d’oxygène et de carburant, il faudra aussi gérer tout un tas d’autres dangers. La pression atmosphérique différentes entre certaines pièces ou à l’entrée du vaisseau par exemple. Si vous ne faites pas attention, vous risquez de provoquer un appel d’air qui va projeter les objets vers vous ou pire vers un équipement qui pourrait exploser sous le choc. Et d’une simple explosion peut ensuite tout déraper, par réaction en chaîne. Foncer tête baissée n’est donc pas recommandé.

Au gré de vos échecs, vous mettrez rapidement en place une certaine méthode plus ou moins efficace : dépressuriser tout le vaisseau, pièce par pièce, puis découper ce dernier. Vidanger le carburant de l’épave pour pouvoir récupérer les précieux propulseurs en toute tranquillité. Enfin, au choix, s’occuper des pièces ayant de la valeur ou plus simplement découper de gros morceaux de tôle à envoyer dans la fournaise ou sa variante high-tech. Au fur et à mesure qu’il progresse dans ses contrats, notre personnage pourra bien sûr débloquer des améliorations pour ses équipements. Parallèlement, les épaves proposées seront aussi de plus en plus vastes et complexes.

Rien à souder :

Si un puzzle game en gravité zéro aurait pu nous enthousiasmer, vous l’avez compris, Hardspace: Shipbreaker devient, lui, très vite répétitif. Une fois le concept de base compris, et malgré une part d’aléatoire dans les niveaux, on répétera les même gestes laborieux inlassablement comme à la belle époque du fordisme. C’est d’autant plus ennuyeux que pour débloquer de nouveaux vaisseaux (plus grands et plus complexes) il faut passer des heures à d’abord remplir des objectifs lunaires : collecter des tonnes de tels matériaux, engranger des sommes astronomiques, etc. Vous allez donc devoir enchaîner plusieurs fois le découpage du même vaisseau avant d’enfin pouvoir en découvrir un nouveau. Problème d’équilibrage ou aveu d’échec des développeurs qui espèrent par là allonger artificiellement la durée de vie ? Le jeu vient d’arriver en accès anticipé, laissons lui le bénéfice du doute. Mais même sans ça, les nouveautés proposées plus tard dans le jeu ne renouvellent pas encore assez l’expérience pour faire de Hardspace: Shipbreaker un titre recommandable pour le moment. D’autres soucis viennent ternir le tableau avec une inertie beaucoup (beaucoup) trop forte, des bugs d’affichage, pas d’option graphique et aucune réassignation des touches possible. Un problème d’autant plus navrant que la touche F sert à deux choses bien distinctes (utiliser et repousser les objets) qui m’ont coûté plusieurs fois de tout faire exploser involontairement. On pourrait aussi parler de l’usure des outils, qui ne semble pas avoir de réel impact sur le gameplay ou de ce HUD très envahissant qui fait d’ailleurs penser à une interface console. Graphiquement, le jeu utilise des textures bien baveuses et ne brille pas vraiment par la variété de son esthétique. Si vous espériez retrouver des design inspirés de Chris Foss, comme le laissait imaginer la couverture du jeu ou l’image utilisée dans le menu principal, passez votre chemin.

Dans les quelques points positifs notons des effets de lumières sympathiques ou encore une gestion du son intéressante. En effet, vous pouvez vous accrocher à n’importe quelle paroi et entendre les sons qui la traverse. Cela vous permettra, par exemple, de savoir si la pièce adjacente est pressurisée ou non, etc. Même chose avec les tuyaux s’ils sont traversés par du carburant ou autre. C’est encore assez anecdotique, mais mieux utilisé ça pourrait donner des mécaniques sympas.

Pour vous faire une idée, voici 15 minutes de gameplay :

Conclusion

Hardspace: Shipbreaker débarque en accès anticipé avec un projet assez novateur. Se rapprochant du puzzle game, on imagine très bien toutes les situations complexes qu’il pourrait proposer dans un tel environnement. Malheureusement, pour l’instant le titre devient très rapidement répétitif. Cela dit, les développeurs prévoient de rester en accès anticipé pendant encore au moins un an. Ce qui leur laisse largement le temps d’enrichir leur concept. Si le jeu vous intéresse, on ne vous recommande pas de craquer tout de suite mais plutôt de garder un œil dessus.

Test réalisé sur une version commerciale du jeu. Hardspace: Shipbreaker est disponible sur Steam ou chez notre partenaire Gamesplanet pour 18,74€.

2 Commentaires


  1. Le HUD + les menus fouillis ça donne pas envie.. Après j’ai l’impression qu’il faut aimer farmer pour jouer à ce genre de jeux !

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