Après une sortie en demi-teinte pour le sympathique Starship Troopers: Ultimate Bug War! en ce début d’année, le studio Auroch Digital ne s’était pas laissé abattre pour autant et avait sous le coude le développement du second épisode de la licence WH40K: Boltgun, révélé fin 2025. Sorti cet octobre, Warhammer 40 000: Boltgun 2 reprend les ingrédients qui ont fait le succès du premier opus en proposant un gameplay efficace et sanglant, mais qui, sur la durée, peine à se renouveler. Dans ce monde où ne règne que guerre et mort, la purge d’hérétiques dans peau d’un Ultramarine ou d’une Sœur de Bataille reste toujours une expérience marquante, même si on pourrait s’attendre à un peu plus pour un univers aussi riche !
Genre : Rétro-FPS | Développeur : Auroch Digital | Éditeur : Big Fan Games, Devolver Digital | Plateforme : Steam | Prix : 24,99 € | Langues : Anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : i7-7700K / Ryzen 5 1500X, GTX 1650 / RX 570, 8 Go de RAM | Date de sortie : 14/10/2026 | Durée : Environ 9 heures en difficulté moyenne
Test réalisé avec une clé fournie par l’éditeur.
Les mémoires d’un Ultramarine et d’une Sœur de Bataille à la gloire de l’Empereur
Suite directe du premier épisode, Boltgun II ne fait pas dans le détail et vous envoie directement fracasser de l’hérétique. En incarnant l’Ultramarine Malum Caedo ou la Sœur de Bataille Nyra, vous voyagerez dans différentes mondes pour… génocider tout ce qui bouge à l’écran. Compte tenu de la richesse du lore autour de la licence WH40K, on aurait pu au moins s’attendre à un peu plus contexte pour développer la personnalité/les motivations des protagonistes et l’univers dans lequel on évolue. En effet, on enchaîne des planètes les unes après les autres pour occire des factions entières qui ne parleront qu’aux fins connaisseurs. Et ce n’est pas la présence de quelques cinématiques faisant office de transition qui relèveront le niveau. Je ne me suis pas senti particulièrement impliqué dans « l’histoire » et j’avais le sentiment d’enchaîner bêtement des missions sans réels fils conducteurs. D’ailleurs, qu’importe le choix du personnage, cela n’aura aucune incidence et ceux qui ont terminé le premier jeu auront sans doute une impression de déjà-vu lors de la conclusion.
Désormais armé et porté par votre foi inébranlable en l’Empereur, votre périple se résumera à un schéma plutôt convenu et répétitif, à savoir : combattre dans le vaisseau mère, faire un choix entre deux missions principales, puis une mission optionnelle, et finalement se mesurer au boss pour passer au monde suivant. Les niveaux en soi ont des environnements assez variés, tels qu’une jungle luxuriante avec des rivières d’acide ou encore des montagnes enneigées avec des ennemis prisonniers dans la glace. J’ai trouvé mon circuit touristique interstellaire plutôt agréable, grâce à des décors beaux et distincts les uns des autres, contribuant à ce sentiment de dépaysement. Ce n’est pas parce que l’on repeint les surfaces d’un monde avec l’hémoglobine des locaux qu’il ne faut pas profiter de l’architecture ! Également, pour peu que cela vous intéresse, la recherche de secrets est gratifiante en vous donnant accès à des powers up temporaires qui pourront vous être fort utiles au cours de certaines confrontations.
Un arsenal salvateur contre la vermine de tous bords
À l’instar du premier opus, l’arsenal et les compétences propres à nos deux protagonistes confèrent toujours autant ce sentiment de puissance. Chaque héros dispose d’une capacité spéciale (charge pour l’un, glissade pour l’autre) et d’un équipement explosif puissant. En dépit de ces différences, le gameplay reste identique et aucun avantage ne distingue réellement l’Ultramarine de la Soeur de Bataille. Du côté des armes, elles sont nombreuses et variées pour s’adapter à différents types de situation. De plus, contrairement à Boltgun premier du nom, le niveau et l’obtention des pétoires à chaque début de chapitre ont été retirés. Ici, les devs ont fait dans l’efficacité et la simplicité en conservant l’armement du début à la fin de l’aventure. Cependant, il est à noter que l’animation de dégainement et de tir de quelques armes cassent le rythme de l’action en vous faisant perdre de précieuses secondes face à un adversaire qui ne vous attendra pas.
Me concernant, j’ai trouvé le feeling plutôt bon, mais déséquilibré. Renforcé par les effets gore des morts de nos adversaires, j’ai constaté que l’utilisation de certaines armes restait extrêmement efficiente qu’importe le type d’ennemis. Par exemple, les armes au corps-à-corps ou le shotgun/l’arbalète balayent très rapidement la barre de vie des ennemis et peuvent littéralement rivaliser avec les armes lourdes. En soi, j’ai adoré pulvériser les tombereaux d’hérétiques, mais je me suis très vite cantonné à rester sur le même type d’arme avec quelques coups d’épée tronçonneuse pour terminer le travail. Et j’ai trouvé simplement dommage qu’il n’y ait pas de nouveauté marquante pour varier le gameplay. Je n’aurais pas dis non à un canardage en règle à bord d’une escorteur Thunderhawk ou survoler un champ de bataille avec un jetpack et un marteau.
Pour ne pas laisser votre cher Boltgun s’encrasser, vous croiserez différentes factions ennemies qui tenteront de vous barrer la route par tous les moyens. Loin d’être marquante, l’IA ennemie se résume avant tout à vous foncer ou tirer dessus dès que vous êtes dans son champ vision. La difficulté n’est pas particulièrement relevée, mais vos adversaires compenseront soit par leur nombre, soit par le corps-à-corps pour le moins mortel. En effet, je me suis retrouvé à trépasser instantanément face à un champion et la portée de certaines attaques ennemies étaient tellement larges que cela rendait l’esquive impossible. À ceci s’ajoute la vélocité d’une partie du bestiaire, qui vous donnera l’impression d’avoir affaire à un animal enragé, alors que ce dernier a la même carrure de Terminator génétiquement modifié que vous. Pour les boss, ça souffle le chaud et le froid. Leur design est plutôt réussi et original, mais les confrontations restent inégales. En effet, j’ai roulé sur certains boss avec une facilité déconcertante et à contrario, d’autres m’ont marqué par leur gigantisme et leurs patterns.
Un univers somptueux qui n’est pas exempt de défauts
Sur le respect du matériau de base qu’est l’univers de Warhammer 40 000, le travail du studio est réussi et on se sent de suite immergé dans ce monde où la guerre fait rage. Comme dit précédemment, il est bien regrettable que le lore ne soit pas plus développé pour mieux appréhender les factions et le grand méchant Vashtorr spoilé par l’équipe de dev. Du côté de la musique, elle s’avère au final très discrète, voire oubliable. Même si notre cher Mick Gordon fait toujours son petit effet avec ses riffs de guitare, son travail n’est pas mis en valeur, faute à une action trop prenante et des bruit d’armes qui surplombent son unique partition lors du combat final. Je n’ai pas rencontré de problèmes techniques ou de crash durant mes sessions. Néanmoins, j’ai constaté quelques bugs mineurs tels que des ennemis qui n’attaquaient pas ou disparaissaient littéralement dans le décor.
Une purge rondement menée qui mériterait un zeste de nouveauté
Warhammer 40 000: Boltgun 2 est un bon rétro-FPS qui s’appuie sur un gunfeel solide et un univers très bien retranscrit. L’arsenal généreux nous fait ressentir toute sa puissance, même si un déséquilibre est à souligner entre les pétoires. L’histoire en elle-même reste toujours très anecdotique et vu le lore plutôt riche de WH40K, il est bien dommage que les protagonistes aussi bien que les factions ennemies ne soient pas un tant soit peu plus développés. Sur l’aspect technique, Boltgun 2 est plutôt propre, malgré quelques bugs mineurs. La musique dans globalité reste en retrait au profit de l’action et Mick Gordon en fait les frais malgré son excellente partition sur le boss final. En restant sur ses acquis, ce nouvel épisode est une parfaite maîtrise de l’ancien opus, mais il ne surprend personne et manque un peu d’ambition. Par ailleurs, cela s’est ressenti au niveau des ventes. Bien réceptionné sur Steam par les utilisateurs, ce rétro-FPS bourrin n’a malheureusement pas permis à l’équipe de dev d’atteindre ses objectifs, qui a dû se séparer récemment d’une partie de ses effectifs. À la rédac, on leur souhaite de rebondir, et au studio Auroch Digital de continuer le développement de rétro-FPS sympas.
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