La licence Comanche (à prononcer “Comannechie”, et oui) connut le succès dans les années 90. À l’époque développée par Novalogic, la série proposait du pilotage arcade d’hélicoptère de combat dans de grands environnements ouverts. Son développeur originel ayant mis la clé sous la porte, THQ Nordic et Nukkear Digital Mind s’occupent désormais de la licence et ont décidé de proposer un reboot sous la forme d’un jeu principalement pensé pour les combats multijoueurs. Loin d’être un simulateur, le nouveau Comanche semble s’inspirer largement des FPS à la Descent et des jeux multijoueurs à classe dans sa proposition : c’est pourquoi nous avons testé la bêta ce weekend. Et, autant vous le dire, Comanche s’apparente pour l’heure plus à un vulgaire crash accidentel qu’au retour en force d’un as de l’aviation…

Drone de guerre

Dans Comanche, le joueur est donc un pilote d’hélico de combat. En plus de son véhicule, il est possible de téléguider un drone à la troisième personne, principalement pour accomplir les objectifs. Il existe plusieurs choix d’hélicoptères et de drones déblocables avec de la monnaie in-game, chacun d’entre eux ayant ses avantages et ses faiblesses ainsi que des capacités et armements variés. Par exemple, si le Comanche de base est équilibré, il est possible d’avoir un véhicule plus lent mais destructeur ou un autre rapide et fragile. Concernant les capacités, celles-ci font office de “pouvoirs” : repérage radar, missiles à tête chercheuse, leurres, visée auto, etc. Impossible de les spammer car elles possèdent toutes un cooldown plus ou moins long en fonction de leur utilité.

Outre les tutoriels, la bêta ne proposait que du multijoueur à 4 contre 4. Deux modes de jeux étaient disponibles : un Team Deathmatch dans lequel chaque frag doit être confirmé avec le drone et un Search & Destroy demandant aux joueurs d’infiltrer une base et de poser un EMP sur un générateur, là aussi avec le drone. Des modes de jeux sortant un peu de l’ordinaire mais qui mettent l’accent sur l’utilisation de drone. Cela peut s’avérer frustrant car, lorsque vous en prenez le contrôle, votre hélicoptère reste statique là où vous l’avez laissé, sans défense. Et en cas de destruction de ce dernier, c’est retour au spawn avec un temps d’attente de dix secondes – or, difficile de voir qui pourrait aimer être forcé par le jeu à laisser son “personnage” totalement vulnérable pendant plusieurs minutes.

Piloter comme un manche

Mais il y a pire : le premier contact avec le gameplay de Comanche se fait à travers un tutoriel de vol et autant vous dire que ça pique. Contrairement à ce qu’il pourrait sembler, Comanche ne se joue ni comme Descent ni comme Disintegration, deux jeux qui proposent aussi des combats de véhicules aériens. Ici, on contrôle les déplacements de son hélico avec la souris : glissez votre mulot vers l’avant pour accélérer, vers l’arrière pour ralentir, sur la droite ou sur la gauche pour vous déplacer latéralement. Si le modèle de vol peut plus ou moins fonctionner lorsqu’il s’agit simplement de vous déplacer dans un parcours sans obstacles, on vous laisse imaginer ce qui se passe en plein gunfight entre deux montagnes lorsque vous tentez tant bien que mal de viser votre adversaire. Et oui ! Votre véhicule part alors dans tous les sens, suivant vos mouvements de souris, l’inertie rendant presque impossible le fait de corriger les erreurs… Difficile de faire plus contre-intuitif – et c’est d’autant plus étonnant que le drone embarqué se contrôle de la façon habituelle (ZQSD+Ctrl+espace).

Ci-dessous, une longue vidéo de gameplay officiel datant de la Gamescom – vous noterez que même les développeurs passent leur temps à se vautrer dans le décor (mais coupent les images avant le crash).

Cela n’empêche pas de finir en haut des tableaux car, le problème étant le même pour tous, il n’est pas rare de voir ses adversaires paniquer et faire n’importe quoi en tentant d’échapper à nos tirs avant d’aller s’écraser quelques mètres plus loin. Les développeurs prétendent toutefois qu’il est possible de maîtriser son hélico avec le temps, ce dont je ne doute pas, mais en deux heures de jeu l’absurdité des contrôles restait bel et bien présente.

Visuellement, Comanche n’est vraiment pas beau sans être une véritable catastrophe. Les niveaux sont relativement grands et proposent de nombreux obstacles derrière lesquels se cacher ainsi que des passages souterrains par lesquels s’infiltrer. Dommage que le gameplay absolument aberrant empêche de pouvoir véritablement en profiter et pousse les joueurs à se contenter de voler en plein ciel, passant de nuages en nuages pour pouvoir s’approcher le plus possible de leur objectif en défouraillant bêtement… tout en croisant les doigts pour qu’un mouvement brusque de souris ne les envoie pas dans le décor. Notez que la bêta ne proposait aucune option graphique, se contentant d’un simple réglage “Qualité”. Par contre, des skins de drones et d’hélico étaient d’ores et déjà au rendez-vous, déblocables pour le moment avec le système de progression in-game. Un sacré sens des priorités.

Flop Gun

Au lieu du petit jeu sympathique qu’il semble vouloir être, la bêta de Comanche a dévoilé un titre au gameplay ridicule et désagréable accompagné de modes de jeu un peu originaux mais frustrants. Il y a toutefois toujours de la marge : si les développeurs finissent par accepter les critiques des joueurs et à revoir leur modèle de vol tout en rééquilibrant un peu l’utilisation du drone dans les modes à objectifs, on pourrait se trouver face à un jeu amusant quelques heures. On attendra donc de voir, un peu dubitatif, ce que proposera l’accès anticipé à paraître le 12 juin prochain sur Steam.

2 Commentaires


  1. J’ai pas tenu longtemps avant de désinstaller mais le modèle de vol m’a semblé identique à celui de Battlefield, ce qui est un bon point je trouve. J’ai juste pas trouvé le jeu particulièrement prenant ou intéressant au final. J’adore les hélicos sur Battlefield mais c’est pas les duels avec d’autres hélicos qui m’intéressent, c’est plutôt l’interaction avec ce qui est au sol.

    Après c’est vrai que ceux qui ont pas l’habitude de ce modèle de vol vont peut-être abandonner rapidement, comme ceux qui essaient de piloter sur BF et se plantent au bout de 10 secondes.

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