Avant-hier est sortie la première extension majeure de The Talos Principle, Road to Gehenna. Elle se déroule en même temps que le jeu de base mais dans des lieux différents, avec donc un nouveau HUB menant à quatre zones distinctes. Niveau contenu, ça se traduit par 16 puzzles et autant d’étoiles cachées, donc entre 5 et 10 heures de jeu selon que vous soyez un génie ou un abruti (mettez-moi plutôt dans le deuxième groupe.)

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Adieu solitude, bonjour vie sociale artificielle

En lançant la nouvelle campagne, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Tout se passe à peu près comme dans The Talos Principle à l’exception du fait qu’on ne chasse pas les Sigils, mais les IA emprisonnées par Elohim dans des salles de puzzles. On leur parle également beaucoup plus, les terminaux regorgeant de logs et de chats faisant parfois penser à la tribune de Nofrag : des discussions philosophiques, des trolls et des fanfictions douteuses.

Du coup, on se retrouve à lire et correspondre avec des IA tout droit sorties des années 2000 qu’on libère au fil des puzzles. Le sentiment de solitude extrême qui faisait partiellement la force du jeu de base disparaît vite, et j’ai trouvé ça plutôt dommage. L’ambiance est moins propice aux réflexions philosophiques, même si elle reste excellente et pleine d’humour. On va parfois jusqu’à la satire sociale des communautés Internet, si on est prêt à voir aussi loin.


Extrait d’une fanfic écrite par une IA. L’écriture est toujours aussi bonne.

More of the same (but better)

L’autre défaut de Road to Gehenna réside partiellement dans ses puzzles. Il s’attend à ce que vous ayez fini la campagne principale et soyez très intime avec les mécaniques du jeu : personne n’ira vous prendre la main et les puzzles sont bien plus durs que le jeu de base. Et ne parlons même pas des étoiles cachées, certaines étant quasiment introuvables sans guide. Il y en a 16, mais Croteam a dû en juger la plupart tellement difficiles que seules 10 sont nécessaires pour accéder au contenu bonus.

D’un côté, c’est une très bonne chose ; ces puzzles ont beau être complexes, ils sont aussi les plus intéressants du jeu. Préparez juste du papier et un crayon pour certains, surtout quand on croise des lasers et des clones. Mais je regrette vraiment un manque d’innovation attristant pour une extension à 15€ ayant demandé tant de travail, les puzzles n’ajoutant aucune mécanique et se contentant de les resservir en changeant peu de choses. Un ou deux gadgets supplémentaires auraient vraiment donné un certain cachet à un DLC qui laisse du coup un peu sur sa faim.

Un constat globalement positif

Au final, on ne peut pas reprocher grand chose à Road to Gehenna. L’extension est de très bonne qualité, à la hauteur de l’excellent The Talos Principle. Elle continue là où le jeu de base s’était arrêté au niveau difficulté en mettant le joueur dans la peau d’une autre IA chargée d’une mission divine. Ce qui gêne, c’est qu’elle ne prend du coup aucun risque en se contentant de renforcer ce qui marchait déjà. Difficile de lui en vouloir pour ça, mais je reste un peu déçu et m’attendais à plus. Reste que ce premier DLC est une réussite malgré son prix un peu élevé.