Le genre du jeu d’horreur est devenu un incontournable avec les années, que l’on passe par des jeux amateurs comme Scp : Containement Breach ou bien d’autres ayant franchi le panthéon de l’horreur comme Amnesia ou Outlast. Zombie studios créateur de Blacklight : Retribution à décidé de sortir son titre dans le genre, ainsi naquît Daylight. [–SUITE–]

Pas seule dans le noir

Le jeu débute à l’entrée d’un hôpital abandonné, le joueur ici incarne Sarah Gwynn qui ne sait pas trop ce qu’elle fait là. Une voix aussi mystérieuse qu’inquiétante commence à vous parler, il sait qui vous êtes et apparemment semble enthousiaste au fait que vous allez réellement en baver pour en sortir de là. Votre frêle main droite tiens un smartphone possédant un maigre éclairage ainsi qu’un de plan de la zone que vous traversez. Dès le départ vous êtes dans le vif du sujet, il s’agit désormais de trouver une sortie dans ces couloirs aux allures lugubres.

Plus vous progressez plus les sonorités étranges et les phénomènes paranormaux envahissent votre terrain de jeu, la pénombre ne vous permet pas de voir bien loin, le suspens est donc présent à chaque instant. C’est le pas alerte que le joueur progresse dans d’angoissants couloirs, ils paraîssent parfois sans fin tant l’athmosphère de peur est bien retranscrite. Sarah se met parfois à parler toute seule pour se rassurer, ce détail donne l’impression d’être fragile, un point appréciable mais parfois discutable pour l’immersion. On a l’impression de diriger quelqu’un et de ne pas l’incarner entièrement.


La lumière verte met en évidence l’essentiel.

Le gameplay de Daylight se divise en trois phases qui se répétent au fur et à mesure des niveaux parcourus. Tout d’abord vous explorez et dégotez des objets utilisables comme des bâtonnets lumineux verts qui mettent les indices en évidence. Des feux de Bengale sont aussi trouvables, ils sont votre seule arme face à la chose qui voudra votre peau. A l’occasion vous allez aussi résoudre de petites énigmes.

Ensuite vient le moment de collecter plusieurs indices pendant qu’une “ombre” vous pourchasse, un certain nombre en sera nécessaire pour faire apparaître un objet faisant guise de clé dans une salle. C’est à cet instant que l’indicateur de menace commencera à s’exciter. Plus vous approcherez du but plus le spectre se révélera frustré de votre réussite et viendra à la charge. Une fois la “clé” en main, vous n’aurez plus l’occasion d’utiliser d’objets pour vous défendre et il s’agira de se précipiter vers la porte de sortie du niveau, en essayant de survivre. Ici il n’est pas question de se cacher dans un placard contrairement à d’autres titres. Il s’agit du moment le plus intense du jeu, celui où vous êtes le plus démuni, la trouille sera votre meilleur accélerateur et un petit conseil :”Ne regardez jamais derrière vous !”.


Elle est pas contente et trop s’en approcher pourra être mortel.

Le labyrinthe des angoisses

Le titre de Zombie studio génère ses niveaux de façon procédurale, ce qui signifie que chaque fois que vous perdrez ou que vous recommencerez l’aventure, le labyrinthe changera. Une “feature” amusante qui renouvelle l’expérience de jeu et pousse le joueur à se surpasser. La conséquence de ce système, des couloirs qui tendent à être génériques. Cette impression d’être parfois déjà passé par là frustre et votre serviteur possédant un sens de l’orientation discutable à du parfois tourner en rond durant plusieurs minutes avant d’arriver à son objectif. Malgré cela, l’ambiance sait sauver de l’ennui, surtout quand une grande folle surnaturelle en veut à vos fesses.

On peut apprécier le fait que chaque niveau dispose d’environnements divers et variés. En effet, vous parcourrez un hôpital abandonné, les couloirs d’une prison, des égouts et j’en passe. Si on ne saute pas au plafond et que l’on aurait aimé des endroits bien plus barrés, on apprécie de ne pas toujours côtoyer les mêmes objets ou textures durant tout le jeu. Les petites énigmes généralement disséminés au début des niveaux, sont quand à elle décevantes. Il faudra la plupart du temps trouver un bouton à activer ou bien pousser quelques caisses. Rien ici qui nécessite de s’exciter les neurones, dommage !


Votre précieux téléphone permettra de vous repérer.

Le jeu des doubleurs est convainquant, surtout celui du gars malsain que vous avez au téléphone vous accompagnant tout au long de l’aventure. Le jeu est en anglais mais intégralement sous-titré en français, ce qui n’éloignera pas les anglophobes. Les divers bruits et petites musiques angoissantes font parfaitement leur boulot, on est loin d’être rassuré par les voix ou bruits que l’on entend à travers les murs ou derrière soi. Des petits détails graphiques savent aussi vous angoisser, par exemple lorsque vous serez menacés votre téléphone portable se mettra à se brouiller, un parfait indice pour savoir quand sortir votre maigre artillerie ou tout simplement courir très vite.

Interaction avec Twitch

Daylight possède un système qui synchronise le jeu avec la populaire plateforme de streaming, Twitch. Les utilisateurs pourront donc être en théorie effrayé par des commandes venant de leurs spectateurs. Par exemple le mot “meow” tapé par un spectateur fera entendre le son d’un chat (waou !). Difficile d’en comprendre l’utilité (marketing quand tu nous tiens !). Ca pourrait être drôle aussi si on pouvait faire “pouet” !

Le jeu utilise l’unreal engine 4, malgré cela le jeu n’ébouriffe pas par ses graphismes. Daylight possède des effets de “post-processing” intéressants mais ne propose pas du jamais vu. Le moteur ne semble pas être utilisé à son plein potentiel. On pourrait aussi parler du head bobbing un poil exagéré et d’un “body awareness” intégral absent (c’est toujours aussi troublant d’incarner des personnages sans jambes en 2014). Daylight n’est donc pas une révolution technique mais reste agréable à l’oeil. Attention, le jeu nécessitera directX11 pour son bon fonctionnement !


Le feu de Bengale, la seule arme du jeu.

Au niveau de la durée de vie ne vous attendez pas à plus de trois ou quatre heures pour clôturer l’aventure. On reste un peu sur sa faim, dommage vu que l’histoire avait du potentiel et semble s’arrêter soudainement. S’il existe un facteur de “replay value” grâce à ses niveaux rejouables grâce à leur génération aléatoire, vous ne jouirez pas d’un véritable “new game +” et devrez vous contenter de ramasser des notes ou photos différentes en racontant plus sur l’histoire. Un challenge de “completioniste” peu passionnant.

Verdict

Daylight ne révolutionne pas le jeu vidéo et reste dans les standards du jeu d’angoisse. On passe quand même un sympathique moment si on est bon client en terme d’horreur. Le gameplay reste limité et sa courte durée de vie pourrait faire fuir, son petit prix en fera la meilleure métadone du moment en attendant le prometteur Alien Isolation ou restera une petite friandise à se faire s’il bénéficiait d’une promotion. Il est clair qu’il ne plaira pas à tout le monde, mais à su donner l’envie à quelqu’un de réfractaire au genre tel votre serviteur.