Pendant que vous lisez ce test rédigé par TheHunter, pensez à télécharger notre vidéo de Deer Hunter 2005 (18Mo) qui vous fera partager l’excitation et la montée d’adrénaline d’un joueur de simulation de chasse.

L’automne : la saison des feuilles mortes ; les jours raccourcissent drastiquement tandis que les jupes des jeunes filles s’allongent en proportion. L’automne serait vraiment une saison pourrie si elle n’était aussi celle de la chasse et donc de la parution de petits FPS cynégétiques.

Concrètement, le marché se partage entre deux titres majeurs : à ma droite le “mastodonte” (tout est relatif, hein) Deer Hunter : the 2005 Season (DH2005) et à ma gauche le petit challenger Hunting Unlimited 3 (HU3). Qui en sortira vainqueur ?[–SUITE–]Un peu d’histoire

Deer Hunter, c’est le canal historique, le pionnier, celui que tout amateur de jeu de chasse se doit d’avoir. Il fut développé par Sunstorm qui a dû fermer après le désastreux DH2003. Aujourd’hui, Atari a confié le développement de la suite de la série aux Brésiliens de Southlogics Studios : après les épisodes Trophy Hunter 2003 et DH2004, ils livrent leur troisième jeu à Atari.

Hunting Unlimited est à Deer Hunter ce qu’un Mac est à un PC. Peut-être moins facile d’accès pour le grand public, plus pointu là où son rival a quelques failles, il dispose d’un groupe de fans inconditionnels. Développé par SCS Software, produit par Arush Entertainment (qui au passage a reçu le renfort du producteur du précédent Deer Hunter, Peter Eckert) et distribué par Valuesoft, HU3 tente chaque année de faire de l’ombre à son concurrent.

Deer Hunter 2005 et Hunting Unlimited 3

A tout seigneur tout honneur, commençons par Deer Hunter. Il s’agit, comme son nom l’indique, d’une simulation de chasse aux cerfs. Plusieurs espèces sont chassables : trois nord-américaines (Whitetail, Mule Deer et Blacktail), notre bon vieux chevreuil européen (Roe Deer) et un cerf asiatique (Axis Deer). Plus votre personnage rend des Bambis orphelins, plus ses skillz augmentent et plus il sera discret ou mieux il saura imiter le cri du cerf en rut. Néanmoins, le système de calcul des points est tellement complexe qu’Atari a dû mobiliser tout le MIT durant six mois pour le mettre au point. Dans les grandes lignes, pour progresser il faut tuer des cerfs rapportant de plus en plus de points, ce qui est très vite lassant. L’ajout de “rares” (albinos, cartoon doe, SLS doe) ravira le chasseur chanceux.


L’un des mini-jeu de HU3

Hunting Unlimited 3 est plus “généraliste” et c’est ce qui fait son principal atout : à côté des traditionnelles espèces Nord-Américaines (Cerfs, Bisons, Ours, Puma, Mountain Goat, Pronghorn, Elan, Wapiti et Sangliers) on trouve également des Koudous, des Lions et des Elephants. La plupart de ces espèces sont dangereuses, le choix de l’arme est donc primordial pour éviter de se faire empaler, dévorer ou piétiner. Dans ce jeu, point de compétences évolutives mais une approche plus originale et qui fait la particularité de la série : une campagne divisée en chapitres subdivisés en missions. Une fois la moitié des missions du chapitre remplie, vous accédez au chapitre suivant. Le jeu fourni aussi un éditeur de missions pour échanger avec ses potes chasseurs sur l’Internet multimedia. On peut aussi chasser librement dans l’une des six cartes du jeu et choisir les espèces présentes. Contrairement à DH2005, HU3 ne dispose pas d’un éditeur de cartes, mais il se rattrape (enfin il essaye) par trois mini-games amusants… 5 minutes, pas plus.

Deer Hunter est plus orienté simulation alors que les missions d’Hunting Unlimited 3 permettent un mode de jeu plus proche de l’arcade.

Ils sont pas beaux mes jeux de chasse ?!

Tout bon egoshooter de chasse se doit d’avoir des graphismes que le plus indulgent des critiques ne peut qu’au mieux qualifier de moyens. Le public visé est tellement restreint qu’il ne faut pas espérer qu’un studio se paye le moteur 3D de Doom 3. Aussi chaque développeur dispose de son petit moteur maison, qui a le désavantage de vieillir sans être remplacé : ainsi pour la troisième année consécutive, Southlogic nous ressort leur Aspen Engine. Mais si les graphismes restent corrects pour Deer Hunter, Hunting Unlimited 3 fait bien pâle figure et pourrait être comparé à ce qui se fait de pire en la matière. Néanmoins, le principe même du jeu permet de faire abstraction de l’emballage : les cartes sont de vastes espaces, en extérieur évidemment, avec relativement peu de détails.

Le héros de Deer Hunter 2005

Les animaux d’HU3 ne s’en sortent pas si mal compte tenu du niveau graphique globalement laid, mais n’ont pas tous été traités avec le même soin : les éléphants sont assez bien réussis, les lions complètement ratés. Les cerfs de DH2005 sont quant à eux correctement modélisés, sans plus, à l’exception de notre chevreuil européen qui ne ressemble pas à grand chose. A noter l’introduction remarquable d’un moteur physique dans DH2005 (le premier dans une sim de chasse !), ce qui autorise de jolies cabrioles à l’animal mourrant. Néanmoins de gros bugs nécessitent la sortie rapide d’un patch : ainsi les cerfs passent à travers les barrières et pas mal d’autres objets comme si de rien n’était.

L’une des missions de HU3 : la chasse à l’éléphant

J’aime le son du corps, le soir au fond des bois

Aucun de ces titres ne proposent encore d’iPod parmi les accessoires, la musique n’est donc présente que dans le menu : une bonne vieille country des familles à base de banjos pour les chasseurs de cerfs, une musique inqualifiable sinon merdique pour HU3. Les sons d’ambiance sont (trop) discrets dans les deux jeux.

L’intelligence artificielle du cerf dans son milieu naturel

Là encore, Deer Hunter se révèle supérieur : si les cerfs n’ont pas un comportement intelligent (mais après tout, ce ne sont que des bêtes) il est au moins cohérent et plus fouillé que dans les opus précédents : le cerf est très méfiant avant ou après le rut, un peu moins pendant. Il ne court plus tout droit mais zig zag pour gêner la traque et évite l’eau qui pourrait le ralentir. HU3 de son côté permet le parametrage des réactions de l’animal (régler sa faim, sa peur, son agressivité…) mais le résultat reste aléatoire : tirez sur une harde de cerfs, il n’est pas rare d’en voir fuir dans votre direction !

Les pumas de HU3 peuvent vous faire la peau !

Préparez votre équipement !

HU3 en est resté aux bons vieux accessoires de chasseurs vus dans tous les jeux de ce genre : jumelles, carte, appeaux, miradors, leurres, masqueur d’odeur. L’ajout de moyens de locomotion (enfin !), en l’occurrence un quad et un cheval qui bug, évite les fatigantes courses sur les grandes cartes. Deer Hunter 2005 rajoute d’autres accessoires plus exotiques : des jumelles et une lunette à visée infra rouges (très pratiques dans les bois épais) ainsi qu’une caméra que vous abandonnez dans un coin et qui vous prévient dès qu’elle détecte un mouvement. Pour éviter les abus, l’emploi de ces accessoires ralentit la progression de votre chasseur dans sa carrière.

Fusil mon ami !

HU3 ne vous proposent pas moins de 25 armes : revolver, arcs (ancien ou moderne), arbalète, fusils (j’ai un faible pour le calibre 8 juxtaposé) et carabines sur lesquelles on peut fixer différents types de lunettes. DH2005 va plus loin en offrant virtuellement une infinité d’armes grâce à la customisation : on choisit une base, carabine (automatique, à pompe, à levier, à verrou, single shot), fusil (à pompe ou automatique), revolver, arc, arbalète ou fusil à poudre sur laquelle on choisit le calibre, la couleur et la lunette. On peut importer ses propres skins et réticules. Les deux jeux proposent d’équiper le chasseur de deux armes : le chasseur à l’arc débutant sera ravi de sortir sa carabine 7mm magnum automatique à viseur infrarouge pour descendre le “World Record Deer” que 20 flèches ont manqué. J’en sais quelque chose…

Avec et sans lunettes infrarouge (DH2005)

Le multi et les accidents de chasse

C’est certainement ce qui donne l’avantage final à DH2005 : Hunting Unlimited 3 ne dispose pas d’un mode multiplayer, à croire que les développeurs sont restés coincés en 1998. Dans Deer Hunter, le but est simple, tuer des bestioles plus grosses que celles des autres. Note pour les mogwaïs à la gâchette un peu trop facile : tenter un frag sur un autre joueur entraine automatiquement un ban. Le teamplay, quoique difficile à mettre en place (les noms des joueurs n’apparaissent pas sur le GPS) apporte souvent de meilleurs résultats que le chacun pour sa gueule.

Les paysages de DH2005

Deer Hunter, le champion en titre, remporte donc encore cette année la confrontation. Néanmoins, le renouvellement du titre devrait être beaucoup plus significatif, il serait dommage qu’Atari laisse choir sa série au niveau des simulations de sports d’EA. Hunting Unlimited 3, malgré quelques bonnes idées, reste un jeu mineur et n’est à conseiller qu’aux fans absolus du genre.

Quelques unes des bestioles de HU3

Enfin pour être complet sur l’actualité du FPS cynégétique, il faut signaler l’existence d’autres jeux : Poacher, toujours en développement (toujours sans éditeur surtout), qui propose une approche pour le moins originale du genre. Les magasins d’armes et d’équipement pour la chasse Cabela, très implantés aux Etats-Unis, éditent aussi des jeux dont la simple évocation provoque la nausée (HU est un bijou à côté). Et, last but not least, la très prometteuse liste de jeux développés en partenariat avec la NRA. Rien de sérieux donc.