Entre les tactical shooters et moi, ça n’a jamais été le grand amour. Je ne comprenais pas ce que tout le monde pouvait trouver à Rainbow Six Machin, Rogue Spear bidule, America’s Army trucmuche ou Global Ops (ahah, je plaisante). Pour moi, le tactical shooter, c’était juste un FPS lent et mou réservé aux gun loons et à tous les adeptes de groupes armés, légaux ou non. Et puis un jour, par hasard, j’ai découvert SWAT 4, le nouveau jeu d’Irrational Games (édité par VU Games). Depuis, j’ai presque changé d’avis sur les tactical shooters.

[–SUITE–]Dans le monde de SWAT 4, il y a trois types de personnes : ceux qui ont une arme et qui sont gentils, ceux qui ont une arme et qui sont méchants et ceux qui n’ont pas d’arme et qui s’écrasent. Vous, vous êtes les gentils. Vous êtes membre d’une unité d’élite de la police blablabla, votre but dans la vie c’est d’empêcher les méchants de nuire aux deux autres catégories. Quant à la troisième catégorie, ce sont les civils et ils s’écrasent (et se font arrêter).

En solo, vous dirigez un petit groupe d’assaut dont le but est de neutraliser les « suspects » sans tuer de civils. Il y a une petite quinzaine de missions sans rapport entre elles, Irrational Games (le développeur) ayant décidé de ne pas créer une histoire globale pour le jeu. Chaque mission a par contre un background assez complet. Dans tous les cas, il vous faudra neutraliser les ennemis. Pour ça, il y a la manière bourrine, soit le massacre de toute forme de vie humaine, et la manière propre, policée, civilisée : on arrête tous les méchants et on les envoie au tribunal pour qu’ils soient jugés en bonne et due forme. Évidemment, le jeu vous encourage fortement à préférer cette deuxième solution, même si elle est plus difficile.

En effet, pour chaque mission terminée, le jeu vous attribuera un score. Moins vous tuez de monde, plus il est élevé, en général. Et comment fait-on donc pour arrêter tout ce beau monde sans effusions de sang ? Tout d’abord, on passe son temps à crier « Police ! », parce que ça fait cool. Ensuite, on inonde l’ennemi de grenade au gaz, voire, si vous aimez le sport, vous utilisez le Pepper Gun (un flingue qui tire des boulettes de poivre) pour l’abrutir totalement. Après quoi il ne vous reste plus qu’à lui passer tranquillement les menottes. Ça a l’air facile, mais pour que personne n’y reste, vous aurez besoin de tactique et d’une bonne collaboration de tout le monde, votre squad en premier.

Il vous faudra donc lui donner des ordres. Pour ce faire, Irrational Games a inclus deux interfaces : la première reprend celle de SWAT 3 et pour être honnête, je ne l’ai même pas essayée (eh, je ne suis nécrophile !) ; la seconde est toute nouvelle et utilise un menu contextuel. Ça paraît bizarre dans un FPS, et ça l’est effectivement au début, mais après quelques minutes d’utilisation c’est finalement fort pratique. On pourra donc ordonner au squad de se regrouper derrière soi, d’ouvrir des portes, de balancer des grenades, de nettoyer une pièce, etc. C’est fort pratique, ça marche nickel et ça vous permet de tester vos techniques de grand tacticien tout en envoyant vos hommes se faire tuer à votre place. Mon dieu, je suis vraiment horriblement cruel.

Avec tout ça, je n’ai pas encore vraiment parlé du côté FPS de SWAT 4. Car ce n’est pas tout de jouer avec un menu déroulant, il faut aussi combattre. Et là, SWAT 4 risque de surprendre pas mal de monde. Les déplacements du jeu sont lents. Très lents. Tellement lents que la vitesse de course (plus bruyante, évidemment) correspond à la vitesse de marche de la plupart des autres FPS. C’est lent donc. Et pourtant, c’est tout sauf mou : les combats sont rapides et nerveux, et la vitesse de déplacement ajoute un certain stress : fuir devant l’ennemi est impossible, il faut combattre ou crever sur place.

Côté combat, SWAT 4 propose une demi-tonne d’armes : des fusils à pompe, des semi-automatiques, des petits flingues de base, mais aussi des armes non létales comme le Pepper Gun (dont on a déjà parlé plus haut) et le Taser, qui immobilise l’ennemi. Il y a aussi les grenades classiques (Flashbang, gaz, fumée) et quelques gadgets. Les munitions étant limitées, il faudra faire attention à ne pas en gaspiller. En solo, utiliser les armes non-létales peut s’avérer être un excellent choix, d’autant que le Pepper gun est tout de même bien rigolo. Et puis un ennemi poivré fera plus de bien à votre carrière qu’un ennemi transformé en tartare. En parlant des ennemis, ou plutôt des suspects, leur IA est dans la moyenne (tout comme celle des SWAT, d’ailleurs) : ils se rendent quand ils ont le dessous ou qu’ils sont blessés, mais peuvent aussi jouer aux récalcitrants.

Autre aspect-clef de SWAT 4, même si je m’y attarderai moins que sur le solo : le multi. Moins pointu que le solo, le mode multijoueur de SWAT 4 est tout de même joliment réussi. Outre un Team Deathmatch classique mais efficace (et qui m’a personnellement séduit), SWAT 4 propose notamment un mode VIP (popularisé par la bêta publique qui tourne depuis plus d’un mois) et surtout un mode coopératif. Issu de SWAT 3, ce dernier permet de se retaper les diverses maps du jeu avec un SWAT dont l’intelligence ne devrait pas être artificielle.

Avant de conclure, un mot de technique : le jeu utilise le Vengeance Engine (une version modifiée de l’Unreal Engine 2) et donne des graphismes très propres sur eux. Rien qui vous fasse tomber sur le cul, quand même. Dans l’ensemble, les graphismes sont donc réussis (même si quelques maps sont moins belles que d’autres) et permettent une vraie ambiance dans chaque map (un regret à ce niveau tout de même : les sons). Et ce d’autant plus que les maps sont remplies d’objets plus ou moins grands pour « faire vrai ». Et là, frustration : seuls les plus petits objets (et encore, pas tous) sont soumis au moteur physique (Havok, en l’occurrence). Tout le reste restera solidement en place. Au début, c’est rageant. Et puis on se rend bien vite compte que c’est un choix de gameplay : avec tout un squad de SWAT derrière soi et un paquet de suspects en face, les jolies maps bien travaillées d’Irrational Games auraient pu sombrer dans le chaos si tous les objets subissaient la loi du moteur physique.

Avec son solo prenant mais court et son multi solide, SWAT 4 pourrait bien être une nouvelle réussite au crédit d’Irrational Games. Certes, il restait bien quelques petits bugs dans ma version preview, mais rien de bien terrible. Sachant qu’elle date de fin janvier et que le jeu sort début avril, j’imagine que les développeurs auront corrigé tout ça d’ici la sortie. N’empêche, cette version preview de SWAT 4 aura réussi à me faire apprécier un tactical shooter, et ça, ça n’est pas un maigre exploit.