Annoncé très tôt dans sa production, Mouse: P.I. For Hire avait marqué dès les premières vidéos de présentation grâce à sa direction artistique inspirée des dessins animés en noir et blanc des années 30. Néanmoins, on restait assez dubitatifs sur la capacité du studio polonais Fumi Games à produire un gameplay aussi intéressant que son univers. Si lors de sa sortie, le titre a immédiatement été encensé par la critique, les premières missions ne nous donnaient pas vraiment envie de continuer, à cause d’un gunfeel franchement mou du cul. Mais en insistant quelques heures de plus, Mouse: P.I. For Hire révèle enfin son plein potentiel : un fast-FPS classique, nerveux et gore, mais surtout enrobé d’une myriade de détails comiques très bien exécutés qui forgent une ambiance au poil.

Genre : Fast-FPS | Développeur : Fumi Games | Éditeur : PlaySide Plateforme : Steam | Prix : 30 € | Langues : Voix en anglais, sous-titres en français | Configuration recommandée : i5 9600 / Ryzen 3600, RTX 3060 / Intel Arc B570 / RX 7600, 16 Go de RAM | Date de sortie : 16/04/2026 | Durée : Entre 12 et 14 heures

Test réalisé avec une clé Steam fournie par l’éditeur.

Ambiance film noir (et blanc)

Techniquement irréprochable
Le jeu tourne parfaitement sur à peu près n’importe quelle config, et la finition est exemplaire. Je n’ai rencontré aucun bug ni ralentissement, que ce soit sur un PC portable ou une tour de gamerz.

Il suffit de regarder Mouse: P.I. For Hire quelques secondes pour constater que sa direction artistique est pour le moins atypique. Certes, le platformer 2D Cuphead l’avait déjà employée avec succès (et en couleurs), mais aucun FPS n’avait encore proposé ce style directement inspiré de Mickey Mouse. Ici, tout est en noir et blanc. Et si la map est en 3D comme dans tous les FPS modernes, les personnages et certains objets sont des sprites 2D qui nous font toujours face. Pour autant, les deux se marient très bien, et les animations sont excellentes. En plus de cette orientation artistique particulière, les développeurs ont choisi de raconter une histoire dans la plus pure tradition du film noir : le personnage principal est un détective privé désabusé, avec une voix off qui commente les différentes situations et une musique jazzy du plus bel effet. Ça ne se prend évidemment pas au sérieux, et la narration regorge de jeux de mots, souvent sur le thème des souris ou du fromage, forcément d’un goût douteux. Mais c’est ce qui donne cette ambiance décalée et très humoristique. Il faut également saluer la prestation de l’ensemble de l’équipe de doublage (en anglais), qui a fait un travail admirable. C’est extrêmement bien joué, et on sent qu’ils se sont vraiment amusés, Troy Baker (Indiana Jones et le Cercle Ancien) en tête. Les sous-titres ont aussi bénéficié d’une grande attention, puisqu’on est plus proche d’une adaptation que d’une traduction littérale. On retrouvera, par exemple, des noms de fromages français, ou des textes qui riment dans la langue de Molière quand ils rimaient pour nos amis d’outre-Manche. Un sacré boulot, compte tenu de la longueur plutôt exceptionnelle de l’aventure pour un titre solo : il faudra compter entre 12 et 14 heures pour la terminer. Une générosité qui se retrouve dans les secrets dissimulés un peu partout dans les niveaux, dotés de pas mal de verticalité. En revanche, il arrive assez souvent qu’on ne puisse pas revenir en arrière pour continuer l’exploration, ce qui est très frustrant quand on cherche des plans pour améliorer son équipement.

Pistolet à bouchon

Si l’ambiance et les détails sont incroyables et très originaux, le gameplay, lui, est plutôt classique. Surtout sur les premières heures, puisque l’on ne dispose que de quelques armes basiques au feeling anémique. C’est mou et on se fait chier comme un rat mort. Il aura fallu que je m’accroche entre quatre et cinq heures avant de commencer à vraiment m’amuser dans les combats, grâce à l’amélioration des pétoires et à la découverte de nouveaux moyens de réduire les ennemis en cendres. Autant dire qu’il faut être sacrément motivé. Mais je pense que ça vaut tout de même le coup, car une fois passé ce cap, on est récompensé par une sorte de Tommy Gun très efficace, puis par un lance-acide franchement jouissif, qui fait fondre les adversaires en ne laissant que leur squelette. Les animations de mort, de manière générale, sont très rigolotes, et parfois même un peu gores. Dommage qu’elles ne soient pas très variées. Les combats se déroulent principalement dans des sortes d’arènes, parsemées de bidons explosifs, fortuitement placés sur le passage des IA qui arrivent vers nous par vagues. On n’est pratiquement jamais submergés, mais cela nécessite quand même d’être assez vif de la souris. On sent que les développeurs se sont inspirés de DOOM 2016 pour cet aspect, bien qu’ils n’en atteignent évidemment jamais la maestria. Si j’ai choisi de faire l’aventure en « normal » pour suivre le chemin par défaut proposé par le studio, j’ai trouvé la majeure partie des affrontements trop faciles. Même les boss – tous très originaux – ne posent pas vraiment de problèmes. Envisagez de sélectionner « difficile » pour avoir un challenge plus adapté au skill de roxxor dont vous êtes forcément doté, puisque vous lisez NoFrag.

En plus de ce core gameplay de fast-FPS, Mouse: P.I. For Hire propose un jeu de deck building (heureusement optionnel) autour du baseball, dont je n’ai pas vraiment saisi l’intérêt. OK, ça fonctionne, mais après deux ou trois parties, le temps de comprendre les règles, on roule sur l’adversaire. Cela permet de gagner une pièce à chaque fois, et il en faudra 20 pour débloquer un secret utilisable en jeu. Ces parties de cartes sont donc uniquement un moyen de gonfler artificiellement la durée de jeu. On aurait aimé au minimum pouvoir passer les animations pour accélérer le processus. Enfin, les phases où l’on place les indices récoltés lors des missions sur un tableau de liège laissaient espérer une petite brique de gameplay autour de l’enquête, mais il n’en est rien : notre personnage commente rapidement l’indice, puis fait tout seul les déductions, révélant ainsi le prochain lieu à visiter.

Long à la détente, mais tout de même excellent

Mouse: P.I. For Hire est un jeu extrêmement généreux. L’ambiance film noir mêlée à la direction artistique en noir et blanc inspirée des dessins animés des années 30 fonctionne très bien. D’autant plus que c’est bourré d’humour plus ou moins gras et soutenu par un travail de doublage excellent. Rien que pour les détails et l’atmosphère, le titre mérite clairement qu’on s’y attarde. On regrette juste que le gameplay ne soit pas à la hauteur sur les premières heures, nécessitant de persévérer en se faisant un peu chier le temps d’améliorer son arsenal. Heureusement, on parvient à prendre du plaisir dans les combats ensuite, que ce soit contre les adversaires vraiment bien animés ou les boss franchement originaux. Cela reste du fast-FPS assez classique, mais efficace, voire parfois jouissif avec certaines armes.

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