Les araignées sont un sujet de désaccord majeur au sein de la population. Certains s’accordent à les considérer comme des animaux utiles, voire parfois mignons, qu’il faut délicatement déposer en dehors de nos habitations avant de leur souhaiter bon vent. D’autres par contre, ont une aversion totale pour ces créatures à huit pattes et préfèrent les anéantir par tous les moyens possibles. C’est à ces derniers que s’adresse Kill It With Fire, un petit FPS indépendant dans lequel on incarne un chasseur d’araignées plongé dans une insatiable traque qui le mènera aux abords de la folie. Ou quelque chose comme ça.

Arachno-capitaliste

Tout commence dans une petite ville de province américaine. Celle-ci semble au premier coup d’œil terriblement déserte mais, en réalité, de nombreux habitants y résident encore. Seulement, ceux-ci ont huit pattes et bien plus d’yeux qu’il n’en faut. Dernier humain dans cet endroit désolé oublié par les dieux, l’Exterminateur doit faire son job : tuer, brûler, détruire de quelque façon que ce soit toute créature aux membres surnuméraires qu’il croisera. En chemin, de nouvelles questions se poseront à lui. D’où viennent ces monstres mutants, grouillant partout comme de la vermine ? Que signifient ces dossiers affublés d’un symbole Omega disséminés partout dans la ville ? Dans sa quête, il oubliera que, parfois, il est des interrogations dont on ne peut souffrir les réponses.

Ce scénario tenant sur un post-it – que j’ai volontairement développé ici par pur plaisir de l’écriture – sert de justification à un gameplay plus conceptuel qu’autre chose : plongé dans des niveaux illustrant certains quartiers de la ville (habitation, station essence, jardin zen, ferme), vous devez dénicher puis pulvériser des araignées. Ainsi, il vous faut retourner chaque objet derrière lequel une farceuse velue peut se cacher avant de l’exploser avec ce que vous avez sous la main. Si l’on commence avec un simple bloc-note, on obtient au fil des niveaux un arsenal ravageur. Au programme, revolver, poêle, fusil à pompe, débroussailleuse, shuriken, lance-flammes et autres engins excessivement mortels auxquels viendront s’ajouter des utilitaires comme des appâts, un radar à araignée ou encore des boissons énergétiques ralentissant le temps.

Pour avancer dans les niveaux, il faut tuer un certain nombre d’araignées, ce qui déverrouillera la prochaine porte permettant de tuer encore plus d’araignées et d’aller explorer encore plus loin… jusqu’à la sortie. En plus de ça, chaque carte est l’occasion d’accomplir une poignée de défis afin de débloquer de nouveaux items : tuer tant de créatures avec tel objet, vider un frigo, incendier des ordinateurs, sortir les poubelles… Une feature qui lorgne parfois presque du côté du puzzle game et force le joueur à bien explorer les niveaux. Il est à noter que, pour assister à la véritable fin du jeu, il faudra accomplir tous les défis.

La tête dans les toiles

Visuellement, Kill It With Fire s’est orienté vers une direction artistique certes minimaliste mais assez réussie. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, ce n’est pas beau, c’est du déjà vu mais ça a le mérite de fonctionner plutôt bien. Le jeu tourne sans ramer et est assez stable… À l’exception, notable, d’un crash majeur qui m’a fait perdre toutes mes sauvegardes une fois arrivé à la fin de l’aventure, me forçant à tout recommencer. Ceci dit, il s’agit d’un titre très court. Avec 7 niveaux et 7 types d’araignées au comportement assez similaire, on a vite fait le tour malgré la tonne d’équipement déblocable. Il faudra compter environ 3 heures, souris en main, pour voir la vraie fin en ayant réussi tous les défis. Cependant, le vrai travers du jeu n’est pas dans sa durée mais bien dans sa proposition de gameplay.

En effet, Kill It With Fire repose presque intégralement sur son concept de base, la chasse à l’araignée. Une idée intéressante qui s’avère malheureusement manquer de profondeur. En effet, on s’aperçoit vite que la très courte boucle de gameplay est, quelle que soit la situation et l’équipement apporté, la même. Utiliser son radar pour repérer à peu près où se trouve une araignée, soulever un prop pour l’inspecter, voir la bestiole s’enfuir puis lui tirer/taper/jeter quelque chose dessus. Hop, on recommence. Plus vous avancez dans le jeu, moins cette boucle devient compliquée, notamment avec les armes créant des incendies. Si le bazar causé par vos actions peut être amusant cinq minutes, ça devient très vite lassant et l’absence totale de challenge – les araignées ne peuvent pas vous attaquer, il n’y a pas de temps limité – n’arrange pas les choses. Les défis quant à eux, oscillant entre énigmes et corvées pénibles, sont trop simples et ne vont pas suffisamment loin pour apporter de la variété. C’est dommage car, au demeurant, l’idée aurait pu être intéressante en la développant un peu plus ou, par exemple, en proposant un mode VR ou un multijoueur à la Prop Hunt.

Au final, Kill It With Fire démontre qu’un concept idéal de game jam, acceptable pour un mini-jeu rigolo de quelques minutes, n’est pas forcément adapté pour un projet sur plusieurs heures. C’est dommage car les développeurs ont prouvé qu’ils étaient capables de présenter un jeu (relativement) stable pour un premier projet et ont essayé d’étoffer le contenu avec des dizaines de défis et d’éléments déblocables. La fin du jeu annonçant une suite, on espère que leur prochain jet aura plus de profondeur et d’intérêt.

Pas une toile de maître

Reposant quasiment uniquement sur une proposition de gameplay digne d’un mini-jeu, Kill It With Fire n’arrive pas à développer son concept avec suffisamment de profondeur pour apporter un quelconque intérêt. Résultat, il suffit de quelques minutes pour avoir l’impression d’avoir fait le tour du jeu et ce malgré une certaine générosité en terme d’objets déblocables et de défis.

 

Test réalisé à partir d’une version éditeur. Kill It With Fire est disponible sur Steam pour le prix de 11,24€ (-10%), soit à peu près le prix d’une boite surprise avec une araignée qui en sort pour faire des blagues à vos amis.

1 COMMENTAIRE


  1. Finalement, un concept de mini-jeu pour en faire le tour en quelques minutes, c’est assez logique.

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