Découvert pendant le PC Gaming Show du début d’été, I Am Your Beast est développé par un petit studio indépendant, Strange Scaffold. Loin d’être un inconnu dans le monde des indé, on lui doit déjà certains succès comme El Paso, Nightmare ou El Paso, Elsewhere. Plutôt malins, les développeurs avaient directement proposé une démo pour nous montrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Et on avait beaucoup apprécié en juin dernier : de la vitesse, de la violence et de la musique électro. Autant vous dire qu’on était plutôt confiants pour la sortie en version finale. Et on n’a pas été déçus : c’est très addictif.
Genre : Fast-FPS / Speedrun | Développeur : Strange Scaffold | Éditeur : Strange Scaffold, Frosty Pop | Plateforme : Steam | Prix : 19,5 € | Configuration minimale : processeur 2 Ghz, 4 Go de RAM, Intel HD Graphics 2000 | Langues : Anglais | Date de sortie : 10/09/2024 | Durée de vie : une dizaine d’heures pour faire tous les défis
Test effectué sur une version commerciale
Boy, that escalated quickly
Dans I Am Your Beast, vous incarnez un ancien agent du gouvernement qui coule une heureuse retraite dans les bois. Sollicité par son chef pour reprendre du service, il l’enverra bouler gentiment. Au lieu de laisser tomber, son ancien employeur va plutôt tenter de le convaincre par la force, ce qui va passablement énerver notre protagoniste. En quelques lignes de texte, très bien doublées, mais sans aucune cinématique, Strange Scaffold réussit à nous plonger dans cette improbable histoire d’entêtement poussé à l’extrême. Le principe du jeu est plutôt simple : vous êtes lâché d’un côté d’une petite carte, et il faudra atteindre la sortie le plus vite possible, souvent avec une condition qui est généralement de tuer tous les ennemis. Il faudra trouver des armes en chemin ou en les piquant à nos adversaires. Les mouvements sont très nerveux et permettent de faire de sacrés sauts et de longues glissades. Sans hésitation, on pourra classer I Am Your Beast dans les fast-FPS, pour de vrai, cette fois. Les armes à feu procurent un très bon feeling, malgré une aide à la visée assez évidente. La nécessité d’enchaîner très rapidement les kills prime ici sur le skill de visée pure, et ce n’est clairement pas un problème. D’autre part, les headshots sont franchement jouissifs, et appuyés par une micro-pause de quelques dixièmes de secondes, ce qui renforce encore le sentiment de puissance. On aura également l’occasion d’utiliser des couteaux – généralement pour les lancer dans la tronche de nos ennemis –, mais aussi notre coup de pied ravageur et des pièges à ours. Enfin, comme il n’est pas possible de recharger les armes, on s’en servira comme projectiles pour mettre nos opposants à terre, avant de les achever d’une pression de touche.
Johtline Wickami
Si les 25 niveaux de la campagne principale ne sont pas très grands, leur construction, parfois linéaire, parfois ouverte, encourage au dépassement de soi. Tel un YouTuber sur son flanc de montagne, vous voudrez persévérer et relancer jusqu’à atteindre le « S rank », l’ultime objectif à battre pour débloquer des niveaux bonus. En général, il ne faudra pas dépasser la quinzaine de secondes, comme on peut le voir dans cet extrait. Évidemment, la rapidité d’exécution est primordiale, mais il faudra aussi tuer les ennemis, car en fonction de la méthode, on réduira notre temps total. On devra, par exemple, privilégier les explosions et les headshots, afin de gagner une seconde par ci, une demi-seconde par là. J’ai ressenti la même excitation que dans un Hotline Miami, lorsque l’on enchaîne les kills en suivant notre route bien préparée, après quelques échecs. On se laisse porter par le flow, au rythme d’une musique plutôt énervée, même si elle n’atteint pas la qualité du titre de Devolver. Échouer à quelques dixièmes près ou rater son tir n’est finalement pas frustrant, car on relance immédiatement, sans temps mort ; une mécanique empruntée aux die & retry. Les défis spécifiques à chaque carte, comme ne faire que des headshots, ou des lancers de couteaux, viennent bousculer un peu les habitudes et permettent de faire découvrir de nouvelles méthodes pour arriver à ses fins. Mais tout réussir demandera une certaine patience et une sacrée dose de persévérance, ce qui pourrait laisser de côté une partie des joueurs.
« Art direction > Graphics »
Visuellement, I Am Your Beast est un modèle du genre : plutôt minimaliste sur le plan graphique, il exploite une direction artistique avec une pointe de cel shading, cohérente et très réussie, au service du gameplay. L’action est toujours très lisible, et il ne faudra pas longtemps pour bien comprendre une carte. Les objets interactifs, comme les armes, les pièges ou les nids de guêpes, sont mis en surbrillance lorsqu’ils sont proches du réticule de visée, ce qui permet de rapidement identifier les actions à réaliser. Techniquement, ça tourne évidemment très bien sur n’importe quelle machine, en témoigne le « Intel HD Graphics 2000 » minimum requis comme carte graphique. La finition est également très soignée, puisque je n’ai rencontré aucun bug.
Rapide et furieux
I Am Your Beast est une très bonne surprise. La réalisation, pour un petit jeu indépendant, est exemplaire, proposant un fast-FPS exaltant, avec un très bon gunfeel et des mouvements hyper nerveux. Même si l’on n’est pas sensible au speedrun, le jeu encourage à se dépasser pour atteindre le rank maximum de chaque carte, un peu à la manière d’un Hotline Miami. Les cartes sont toutes petites, et il ne faudra pas plus de quelques dizaines de secondes pour les terminer à chaque fois. Pourtant, on ne se lasse jamais de les relancer pour tenter un défi, ou encore améliorer son temps. Une très bonne expérience plutôt originale, frénétique et viscérale, qu’on ne peut que recommander.
Vous avez du mal à vous y retrouver dans le catalogue Steam ? Alors suivez le groupe de curation NoFrag pour vous aider à trier le bon grain de l’ivraie.
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Il m’intrigue ce jeu. Anger Foot évoquait aussi une filiation avec Hotline Miami, mais même si j’ai passé un bon moment j’ai trouvé sa formule bancale, au détriment de l’expérience de jeu. Celui-là a l’air un peu mieux pensé.
C’est le cas !
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