Petit dernier à sortir de l’écurie New Blood Interactive (DUSK, AMID EVIL, Maximum Action…), ULTRAKILL entend proposer un rétro FPS extrêmement dynamique et brutal, mâtiné d’éléments de scoring empruntés aux Beat’Em Up. Le titre étant sorti il y a quelques jours en accès anticipé, nous avons pu découvrir le premier acte de cette orgie de violence et de frénésie sanguinaire. Alors accrochez vos ceintures car nous descendons en enfer… 

MANKIND IS DEAD

L’Humanité est morte. Le jeu ne précise pas de quelle façon, mais on peut facilement imaginer comment une espèce passant son temps à bouffer des animaux exotiques finira six pieds sous terre… Quoi qu’il en soit, nous incarnons V1, un robot à l’origine inconnue bien décidé à explorer les cercles de l’enfer en s’enfonçant de plus en plus profond dans les abysses démoniaques. En chemin, il détruira de véritables légions de créatures monstrueuses grâce à son incroyable faculté à se réparer en se baignant dans le sang de ses ennemis. Voilà qui est commode ! Ce scénario des plus succincts, qui se développe tout de même par la suite, a le mérite de justifier les voyages sanguinolents de notre héros mécaniques à travers divers univers a priori sans liens les uns avec les autres : horreur industrielle, faux paradis moyenâgeux, cité futuriste à la Tron, boyaux gigantesques…

Des paysages variés donc, dotés de graphismes à l’ancienne inspirés par ceux de la Playstation (la première) : peu de polygones, des textures low-res et une palanquée d’options pour accentuer ou atténuer les effets “old school” comme le texture warping, la pixellisation ou la compression des couleurs. On aime ou on aime pas, mais force est de constater que le rendu est vraiment réussi – à condition d’accepter de perdre en lisibilité. L’aspect rétro ne s’arrête toutefois pas aux visuels car la musique aussi tend à faire vibrer la fibre nostalgique. Le mélange électro-métal énergique semble parfois directement provenir des années 90 avec des sonorités rappelant certains titres de la PS1, en plus d’illustrer parfaitement la frénésie du gameplay. Contrairement à ce qu’on pourrait penser à première vue, le jeu arrive à imposer une certaine ambiance angoissante entre deux phases de folie furieuse – et c’est tout à son honneur.

Sans effet PSX à gauche, avec les effets PSX à droite. Bugs de textures inclus !

BLOOD IS FUEL

Là où ULTRAKILL tape fort, c’est dans son gameplay étonnamment atypique. De prime abord, le concept semble simple : V1 est extrêmement rapide, les ennemis sont nombreux et stupides et le jeu commence par une succession de couloir ou d’arènes à traverser et à vider de ses ennemis. Le tout est mâtiné d’un système de scoring inspiré par les Beat’Em Up (enchaîner les combos et les actions spectaculaires rapporte plus de points) et, bien sûr, de beaucoup d’hémoglobine. Toutefois, le jeu devient vite plus complexe et les salles deviennent plus grandes et alambiquées, les maps se construisent à la verticale, des passages secondaires secrets parsèment votre avancée… Bien sûr, ULTRAKILL envoie des hordes de créatures diverses de plus en plus nombreuses et puissantes. On se retrouve alors face à des dizaines d’ennemis et de projectiles qu’il faut gérer en plus des pièges environnementaux, dans des situations lorgnant presque sur le Bullet Hell. Des combats exigeants et intenses qui ne laissent aucun répit et nous forcent à utiliser au maximum les capacités de V1 : triples sauts, glissades, dashes mais aussi les tirs secondaires de notre arsenal. Notez que le respawn après la mort est instantané et n’est sanctionné que par une perte de score à la fin d’une mission. Au final, on sort des sessions de gameplay parfois éreinté mais toujours satisfait du massacre qui s’est déroulé sous nos yeux à grand renfort d’explosions, de démembrements et de gerbes de sang.

Pour son accès anticipé, ULTRAKILL propose un prologue et un acte complet, soit une quinzaine de niveaux, et il vous faudra environ deux heures pour finir tout ça en ligne droite. C’est sans compter les défis à remplir, les secrets à trouver, des niveaux bonus à débloquer et le mode horde infinie vraiment réussi avec son arène se modifiant à chaque vague. L’arsenal, quant à lui, se compose pour le moment de quatre armes, chacune dotée d’au moins deux tirs alternatifs dont un à déverrouiller. Par la suite, de nouvelles armes et pouvoirs devraient apparaître, si l’on en croit les champs laissés libres pour cet accès anticipé. De leur côté, les amateurs de scoring passeront pas mal de temps à essayer d’obtenir la meilleure note en fin de niveau. Bref, pour un jeu en early access, il y a de quoi faire. Notons également que mes sessions ont été quasiment exemptes de bugs, bravo donc au développeur (solo) Hakita.

Alors ULTRAKILL est-il parfait ? Si l’on chipote, pas tout à fait. On peut lui reprocher par exemple le design de certains ennemis (de grosses têtes qui volent), quelques niveaux moins rythmés que les autres et un système de progression pas très clair – en relançant une partie en mode hard, toutes les armes étaient déjà débloquées mais pas les niveaux. On peut aussi regretter la surpuissance de la sulfateuse comparée au reste de notre équipement. Mais rien de tout ça ne vient réellement entacher le plaisir de glisser à 200 km/h en explosant en morceaux des dizaines de mobs.

HELL IS FULL

Difficile de trouver de véritables défauts à l’accès anticipé d’ULTRAKILL. Sa proposition atypique est bien ficelée, les combats sont à la fois violents et exigeants tandis que sa réalisation arrive à créer une certaine ambiance oppressante et nostalgique. Sauf accident industriel, il s’agira assurément d’un des meilleurs Rétro FPS lors de sa sortie complète en 2021.

 

Test réalisé à partir d’une version éditeur. ULTRAKILL est disponible sur Steam pour le prix de 13,43€ (-20%), soit à peu près le prix d’un petit robot certes rigolo mais incapable de détruire à lui seul les hordes de l’enfer. Notez qu’une démo est disponible sur la page Steam.

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