Premier jeu des montréalais de chez Typhoon Studios, Journey to the Savage Planet a réussi à attirer l’attention des fans de jeux d’aventure et d’exploration, au point de se faire récemment racheter par Google Stadia. À mi-chemin entre aventure linéaire et exploration-survie en monde ouvert d’un Subnautica, le jeu propose une épopée en toute simplicité.

Une histoire très simple sur une version techniquement à la ramasse

Dans un futur lointain, l’humanité est à la recherche d’une nouvelle planète à habiter. Pour atteindre ce but, diverses entreprises privées envoient des colons dans de nouveaux mondes dénués de toute forme de vie intelligente. C’est évidemment l’un de ces colons que le joueur (ou les joueurs, il est possible de jouer en coopération) incarne, qui finit par atterrir avec douleur sur ARY-26. Votre but est double : réparer votre vaisseau pour quitter la planète tout en enquêtant sur d’étranges artefacts qui laissent penser que la planète a été habitée par le passé. Équipé d’un pistolet, d’un scanner et de divers outils aidant à l’exploration, Journey to the Savage Planet prend la forme d’un FPS d’exploration particulièrement simple et dirigiste.

Avant de parler du jeu en lui-même, il convient de parler de son plus gros soucis pour le moment : sa version PC. C’est simple, le jeu est pour le moment à la limite du jouable. En terme de performance, sur un PC équipé d’une RX 5700 XT et d’un Ryzen 7 2700x, le jeu peine à atteindre les 45 FPS, et parfois passe même sous la barre des 30. Le jeu crash très régulièrement, l’interface fait régulièrement n’importe quoi dans des résolutions supérieures au 1080p et d’autres aberrations d’interfaces et menus sont au programme. Par exemple, il est pour l’instant obligatoire de modifier la synchronisation verticale à chaque changement d’option graphique, sinon la touche pour confirmer ne fonctionne pas. Plus grave encore, le jeu a même perdu ma sauvegarde après plusieurs heures de jeu. Un patch day one est au programme, mais pour l’instant : difficile de recommander cette version que nous avons eu dans les mains.

Une structure imparfaite…

Structurellement, le jeu est une succession de zones semi-ouvertes parsemées d’obstacles infranchissables tant que le joueur n’a pas obtenu une certaine amélioration. Si cette description peut faire penser à celle d’un metroidvania, dans la réalité, on en est loin : extrêmement dirigiste et linéaire dans sa progression, c’est une succession de quêtes Fedex où l’on se contente de suivre aveuglément la boussole qui indique la localisation du prochain objectif. La boucle est simple : votre ordinateur de bord détecte un endroit intéressant mais il y a sur votre chemin une barrière qui demande un pouvoir ou un objet spécifique pour avancer. On vous indique donc le chemin vers un artefact qui permet d’obtenir de quoi contourner le problème. Une fois cet artefact obtenu, il faudra récolter les ressources nécessaires à sa conception avant de se rendre au vaisseau pour y fabriquer l’objet qui permet d’avancer. Une boucle assez redondante qui, à certains moments, devient carrément éreintante : le jeu donne parfois l’impression de faire du surplace, tant les phases de recherche d’améliorations sont  fréquentes. Il arrive de passer plusieurs dizaines de minutes pour récupérer un pouvoir qui permet d’avancer d’à peine quelques mètres avant de se retrouver à nouveau devant un obstacle.

…mais un jeu fun et varié, quoi qu’il en coûte

Ces soucis structurels sont heureusement compensés par la capacité du jeu à suffisamment se renouveler en matière de gameplay et de level design. Jamais deux objectifs ne se trouvent au même endroit et l’on a constamment l’impression de découvrir de nouveaux lieux. Plutôt éclectique visuellement le jeu surprend aussi grâce à ses mécaniques. S’il se concentre avant tout sur le shoot et la plateforme, il réussit autant à varier les ennemis que l’on affronte – le jeu propose même quelques boss – que la construction de ses phases plus orientées sur les sauts.  Constamment de nouveaux outils/pouvoirs sont à votre disposition : un grappin, un saut chargé, des grenades aux effets spécifiques pendant les combats, une variété constante qui permet de s’amuser. C’est bien ça qui caractérise le plus Journey to the Savage Planet : sa volonté de ne jamais ennuyer ou tomber dans la répétition. Si une forme de routine s’impose parfois en terme de structure, il réussit sans trop de problèmes, a toujours faire découvrir de nouvelles mécaniques ou idées. Le revers de la médaille se trouve dans la durée de vie : entre six et huit heures seront nécessaires pour en arriver à bout. À cela se greffe un contenu annexe manquant cruellement d’intérêt. L’autre soucis est qu’à vouloir être autant un FPS qu’un jeu d’exploration et de plateforme, le jeu ne brille au final nulle part : les mécaniques de tirs sont assez sommaires, les phases de plateformes simplistes – pensez à celles de Destiny 2 en un peu plus pêchu et avec un grappin – et l’exploration est plutôt basique  : sortir des sentiers battus ne sert qu’à découvrir de petites salles annexes qui permettent d’obtenir un boost de vie.

Cette volonté du jeu d’être avant tout un moment agréable et jamais ennuyeux se retrouve aussi dans l’ambiance et l’écriture du titre. Si son histoire de recherches archéologiques ne passionne jamais, le joueur est constamment bombardé de remarques humoristiques de toute part : que ce soit à travers l’ordinateur de bord doté de parole, les descriptions des environnements ou même à travers des messages publicitaires insupportables qui tournent en boucle dans le vaisseau. Le jeu tente autant que possible d’être drôle – voir subversif, en abordant des thématiques comme l’ultra-capitalisme ou le corporatisme excessif – mais n’y arrive jamais. Comme un The Outer Worlds qui aurait oublié d’être drôle ou fin, le jeu enchaîne les remarques cyniques sans jamais sonner juste. Presque comme un aveu des développeurs, il est possible de rendre silencieux votre compagnon, mais le joueur est alors handicapé : c’est aussi lui qui indique la prochaine destination au joueur.

Imparfait mais sympathique

Journey to the Savage Planet est un jeu assez compliqué à cerner. Les limites de son concept et de son exécution sont présentes partout, mais il est en même temps un jeu tout à fait sympathique à parcourir. Ce n’est certainement pas l’expérience d’une vie, sa structure en rebutera plus d’un et ses inacceptables problèmes de performances en font un jeu pour l’instant difficile à recommander, mais pour un joueur cherchant une expérience simple mais agréable, il peut être une bonne pioche.

Journey To the Savage Planet  est disponible pour 29,99 € sur l’Epic Games Store et est en promotion à 26,99€ jusqu’au 28 janvier.

3 Commentaires


  1. Je savais même pas que le jeu avait une date de sortie
    Bon on verra s’ils arrivent à faire mieux pour leur prochain jeu

  2. Bon test mais malgré toute la bonne volonté du testeur à dire que c’est quand même sympathique, ça donne pas envie du tout. Que le jeu force du backtracking, avec un rythme foireux de progression et des perfs dégueulasses sur pc ? Bah non merci !

  3. Bon test mais malgré toute la bonne volonté du testeur à dire que c’est quand même sympathique, ça donne pas envie du tout. Que le jeu force du backtracking, avec un rythme foireux de progression et des perfs dégueulasses sur pc ? Bah non merci !

    Je trouve que cela donne plutôt l’impression que c’est un bon jeu, mais qu’il faut attendre avant de le prendre (patch/perf)

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