Blue Manchu est un studio récemment fondé par Jonathan Chey qui avait déjà participé à la création d’Irrational Games (Bioshock, Swat 4, System Shock 2). Des noms qui laissent espérer de bonnes choses quant à Void Bastards, le premier FPS de Blue Manchu, annoncé en novembre 2018. Présenté comme un  mix de Bioshock et System Shock, les extraits de gameplay en vidéo faisaient davantage penser à un Faster Than Light-like en FPS. Clavier et souris en main, qu’en est-il ?

Festival du hasard

Pour commencer, Void Bastards a vraiment de la gueule. Dès le menu principal on est directement plongé dans cet univers de science fiction décalée au style graphique très réussi et évidemment inspiré des comics. Une musique electro entêtante nous pousse à cliquer sur “Nouvelle partie” et, après une très courte introduction dont certains apprécieront l’humour, nous voilà déjà en jeu. Le principe est assez simple tout en fourmillant de détails : sur une carte remplies d’épaves de vaisseaux qui sont autant d’étapes potentielles, il faudra naviguer de point en point en calculant bien son itinéraire. En effet, chaque voyage coûte de l’essence et de la nourriture. Les vaisseaux sont un agencement procédurale de plusieurs pièces dans lesquelles vous trouverez différentes ressources et ennemis. Avant d’embarquer, une brève description permet de savoir ce à quoi vous pouvez vous attendre à l’intérieur de l’épave. Ensuite, à vous donc de juger si vous préférez accoster ou non ce gros cargo promettant maintes récompenses mais envahi par des cohortes d’adolescents. Ajoutez à cela des paramètres aléatoires qui peuvent aussi bien être des bonus que des malus pour le joueur : coupures de courant intempestives, les adversaires n’ont que la moitié de leur vie, etc. Le scénario très peu développé n’est qu’un prétexte pour vous envoyer récupérer tel ou tel composant, de plus en plus profondément dans la nébuleuse. En gros, vous répondez aux ordres d’un robot pour reconstruire votre vaisseau. C’est d’ailleurs lui qui vous expliquera comment est justifié le système autour des personnages jouables : en début de partie on vous refourgue un héros auquel est assigné des bonus et/ou malus de manière aléatoire. Lorsque vous mourrez – parce que vous allez crever un paquet de fois – un nouveau personnage avec de nouvelles caractéristiques est crée. Sachant que des cabines psy sont disponibles dans certains vaisseaux pour échanger ou supprimer certains traits. J’ai dit simple ?

Malgré tout ce hasard, il va quand même bien falloir aborder une épave à un moment ou à un autre. C’est là que le jeu devient un FPS, même si vous allez continuer à devoir planifier encore beaucoup d’éléments. Une fois débarqué, vous vous fixez vos propres objectifs et en fonction de ces derniers, éventuellement, un itinéraire. Mais il ne faudra pas tarder à échafauder votre plan car vous n’avez qu’environ 5 minutes d’oxygène par niveau, même s’il est possible de vous ravitailler si vous allez dans une salle atmo. Cela dit, cela rajouterait un risque de rencontrer des ennemis et allongerait également votre parcours. Généralement, commencer par se rendre à la barre est une bonne idée. C’est ici que vous trouverez un ordinateur qui révélera l’emplacement de tout ce qu’il y a à récolter dans le niveau. Encore faut-il qu’il y ait du courant, car sinon il faudra d’abord faire un détour par le générateur. Vous l’aurez compris, vous passez votre temps à faire des choix, à changer vos plans à cause d’imprévus, etc. Comme si ce n’était pas assez, il y aussi un tas d’objets à fabriquer grâce aux ressources que vous trouvez ça et là. Des armes, des utilitaires qui faciliteront votre progression, une tenue plus résistante, etc. Là encore, la variété est donc au rendez-vous. Et je ne vous ai même pas parlé des pirates qui rodent sur la carte et peuvent vous tomber dessus si vous ne faites pas attention à les éviter.

Beautiful Bastards

On est sur NoFrag et, au fond, ce qui nous intéresse vraiment c’est de savoir si le plaisir est là une fois dans le feu de l’action. Tout d’abord, que les choses soient claires, Void Bastards ne joue pas du tout dans la même cour que Doom ou Wolfenstein. Vos munitions sont comptées et certains ennemis provoquent d’importants dégâts, ce qui pousse régulièrement à éviter les affrontements directs. La tension sera cependant bien présente au fur et à mesure que votre réserve d’oxygène ou votre santé se réduisent. Comme expliqué plus haut, le danger peut venir de bien des endroits. Si le fait de passer 90% de son temps à courir dans des niveaux peut laisser dubitatif, il y a tellement de paramètres aléatoires qu’en réalité on ne tombe quasiment jamais sur la même situation. D’autant plus que les missions s’enchaînent assez rapidement avec des menus sans fioritures. S’il est souvent plus raisonnable d’éviter les combats, certaines situations ne vous laisseront pas le choix. Et cet aspect là du jeu est tout aussi intéressant.

Avec une dizaine d’armes de tir aux comportements biens distincts (plus quelques mines, grenades et autres gadgets) et environ autant d’ennemis la diversité est toujours de mise. Chaque arme peut être améliorée et correspond à un type particulier d’ennemi. Une mécanique classique, mais qui n’est pas tout le temps bien exploitée dans d’autres titres. Ici, tout est bien imbriqué, sauf quand vous serez contraint d’utiliser une arme pas forcément indiqué par faute de munitions. Reste qu’avec les mines, les grenades et la possibilité de pirater les systèmes de sécurité ou le robot-flic (qui veille dans chaque niveau jusqu’à ce que le joueur se fasse détecter par une caméra de surveillance), les possibilités, une fois de plus, sont vastes. Sans parler de quelques étranges spécimens côté armement : le télé-porteur d’ennemi, le fusil qui fait changer de camps vos adversaires ou cet appât en forme de chat robotique qui, monté sur roulette, attirera vos rivaux au loin avant d’exploser. La boucle de gameplay, qui peut paraître assez simple, n’en reste pas moins divertissante. J’ai à peine commencé à me lasser au bout d’une dizaine d’heures. Ce qui tombe bien puisque c’est justement la durée de l’histoire. Et c’est là, peut-être, le seul défaut que je reconnaîtrai au jeu. Il est certes assez court pour ne pas dégoûter le joueur, je suis néanmoins légèrement resté sur ma faim une fois la campagne terminée. Il est bien sûr toujours possible de continuer à jouer pour, par exemple, débloquer tous les objets de l’inventaire. J’aurais préféré encore un peu plus de complexité dans les niveaux, les situations, etc. Heureusement, je n’ai rencontré absolument aucun bugs et l’expérience fut donc très agréable dans l’ensemble. Allez, il manque juste une fonction pour tuer son avatar lorsqu’on est pas forcément enthousiaste à l’idée de diriger pendant quelques heures un daltonien au FOV réduit ou un nain qui tousse aléatoirement sans prévenir.

Void Bastards

Avec autant de hasard dans ses mécaniques, Void Bastards aurait pu totalement se rater. Mais que ça soit esthétiquement, du point de vue sonore ou dans son gameplay, le jeu est une bonne surprise. Si vous appréciez les rogue-lite, il vous occupera plusieurs heures. Si vous ne connaissez rien au genre, le principe est très simple et je suis sûr qu’il restera une bonne expérience. Cependant, à vous de voir si un jeu potentiellement ennuyeux au bout d’une dizaine d’heures vaut les 30€ affichés en magasin.

Void Bastards sera disponible le 29 mai prochain sur Steam et Xbox One le prix de 29,99$. C’est édité par Humble Bundle

11 Commentaires


  1. Merci pour ce test, c’est vrai que ma première inquiétude aurait été la répétitivité des actions donc c’est bien que de facto ce soit varié…

    Grammar nazi:
    “HéroS” avec un S
    “qu’il y aiT du courant” avec un T

  2. Ca a l’air chouette comme ça, surtout que j’ai bien kiffé SS2 (Bioshock sympa, mais Gunplay en mousse matiné de nerf console), et justement, ça manque un peu de flingues et de gunplay à mon goût. Comme dit le camarade Croque Lard, en soldes.

  3. Mouais jai trouvé ca chiant comme la pluie, j’ai pas tenu bien longtemps. Après c’est artistiquement très reussi !

  4. en gros ce jeu réussi là où Genesis Alpha One s’est lamentablement vautré ?

  5. des prisonniers lyophilisés, putain… “réhydratation autorisée” j’adore cet humour totalement barré. au niveau de la justification du die-and-retry, c’est du génie.

  6. Enfin un jeu bien ? Il y a un petit moment que je l’attendais celui-là.
    Je vais me le prendre car j’ai confiance en NoFrag.

  7. Je l’ai pris, avec un coupon steam de 25% de mémoire car j’ai System Shock 2 dans ma biblio, ça faisait le jeu à 22€. Le jeu est vraiment cool mais assez ardu, on tombe vite à cours de munitions.

  8. J’ai fait pareil. J’apprécie l’aspect die&retry caractéristique des rogue-like, l’exploration par petites bouchées, et je suis totalement sous le charme du design visuel et de l’humour, tous deux me semblant d’ailleurs fortement inspirés de Dead Leaves. Par contre, je ne sais pas si j’y jouerai beaucoup après l’avoir fini, j’ai peur d’assez vite m’ennuyer.

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