Avec un titre comme ça, vous ne pourrez pas dire que vous ai pris en traître. Pourquoi bâcler mon test ? Simplement parce que je n’ai pas eu le courage de terminer Rise of the Triad. Bien qu’il soit possible de boucler ses quarante niveaux en quatre ou cinq heures, j’ai décidé de jeter l’éponge à la moitié du jeu.

RoTT est old school, il n’y a aucun doute là-dessus, sauf que dans les années 90 on faisait aussi de mauvais FPS. Le level design de Rise of the Triad sent l’amateurisme à plein nez : il n’y a aucun rythme dans les niveaux. L’intensité de l’action est plus ou moins constante et ne présente ni accalmie, ni de gros coup de speed. Les rares pauses sont dues au manque de navigabilité des cartes. Par exemple, dans une pièce de 50m de côté, vous pourrez passer cinq minutes le nez collé au mur à la recherche d’un levier que les développeurs auront omis de mettre en valeur grâce à un petit élément de décor ou à une source d’éclairage.

Je suis persuadé que l’idée d’errer dans un niveau à la recherche de la silver key ravira certains d’entre vous, par contre je doute que quiconque puisse apprécier le feeling général qui se dégage de l’action. Les mouvements souffrent d’un moteur physique qui gère mal les collisions. Il suffit de butter contre un obstacle minuscule pour être stoppé net. L’air control est tout aussi aléatoire, et les nombreuses phases de plateformes nécessitant des sauts très précis sont une véritable torture.

Sept minutes non commentées. Vous pouvez même m’y piquer ma clef pour le multi !

Les combats sont tout aussi décevants. Tout comme dans le jeu original, vous ne pouvez transporter qu’une seule arme à la fois en plus de vos pistolets et de votre mitraillette. Les flingues que vous ramassez, à 90% des lance-roquettes, contiennent tout au plus une dizaine de projectiles. Une fois épuisés, vous retournez à la mitraillette qui possède des munitions illimitées. Il n’y a donc aucune gestion des munitions : vous avancez, vous bourrinez et c’est tout. Mais là encore, le bourrinage est raté, la faute à des flingues au feeling nullissime et à des ennemis complètement stupides qui utilisent essentiellement des armes hitscan. Les développeurs vous conseillent de rester tout le temps en mouvement, mais quel intérêt face à des adversaires qui ne vous attaquent pas au corps à corps et dont il est impossible d’éviter les projectiles ? De plus, l’absence de sauvegarde et la rareté des checkpoints n’encouragent guère à prendre des risques.

La réalisation technique est elle aussi très amateur. Les graphismes abusent des textures copier/coller, il n’y a quasiment aucun élément destructible et tout ça foisonne de bugs de clipping et d’animations foireuses. Non, décidément, Rise of the Triad n’a pas grand-chose pour lui. Les développeurs sont forts sympathiques et le titre plaira sans doute à quelques nostalgiques, mais si vous savez jouer aux FPS, vous serez rapidement confrontés aux limites du gameplay et vous arriverez à cette conclusion fatidique : ce jeu est une bouse.

Le jeu n’étant pas encore sorti à l’heure où j’écris ce test, je n’ai pas pu tester le multi, mais étant donné la pauvreté du gameplay et les physiques foireuses, je doute qu’il ait le moindre intérêt à part pour se défouler vingt minutes. Rise of the Triad ne coûte que 15$, mais ce n’est pas ça qui rendra le jeu meilleur.