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Les meilleurs FPS solo des années 90 – Partie 1

Si les modes multijoueurs font partie intégrante de l’ADN des FPS, le genre propose aussi son lot de campagnes emblématiques permettant aux joueurs solitaires de fragger à foison des ennemis contrôlés par l’ordinateur. Des Fast-FPS fondateurs aux épopées ultra-scénarisées, en passant par les Immersive Sim lorgnant du côté des RPG, nous avons décidé de jouer aux archéologues du jeu vidéo et de nous replonger dans les FPS solo les plus marquants, décennies par décennies. Alors que vous soyez à la recherche d’excellents jeux sur lesquels passer du temps, que vous vouliez étendre votre culture ou que vous souhaitiez simplement raviver de bons souvenirs, cette série d’articles est pour vous !

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Les meilleurs FPS solo des années 90 – Partie 1

Même s’il existe quelques proto-FPS datant des années 80, voire même des années 70 si l’on prend en compte Maze War, le genre ne se codifie vraiment qu’à partir des années 90. On pense notamment à la sortie de Catacomb 3D en 1991, suivi par Wolfenstein 3D en 1992, deux jeux développés par le studio id Software qui serviront de fondations au légendaire Doom. La technologie des années 90 évolue par ailleurs très vite, et les premiers jeux en 3D complète font leur apparition au milieu de la décennie. Quake, en 1996, ouvrira la marche. Les jeux publiés lors de ce que l’on peut appeler l’Âge d’or du FPS furent tellement marquants qu’ils servent encore d’inspiration pour tout un genre de jeux de tirs, très en vogue actuellement : les rétro FPS comme DUSK, ULTRAKILL, Prodeus, etc.

Bref, sans plus attendre, voici une liste non-exhaustive des meilleurs FPS solo du début des années 90, classés par ordre chronologique. Vous pouvez retrouver ci-dessous une vidéo de gameplay pour chacun des jeux cités – merci à Estyaah et Saer pour le enregistrements.

Doom (1993)

Développeur : id Software
Comment y jouer : Steam

Évidemment, impossible de ne pas démarrer en citant le FPS séminal, celui par lequel tout (ou presque) a commencé. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il y a bien une histoire dans Doom : un marine de l’espace stationné sur Mars se retrouve confronté à une invasion de démons suite à une expérience qui a mal tourné. Seul survivant de son escouade, il va détruire l’armée de monstres à l’aide d’un arsenal surpuissant, et les suivra jusqu’en Enfer… Oui, bon, c’est sûr, on n’est pas face à du Victor Hugo !

Parfait rejeton des années 90 avec sa bande-son inspirée par des groupes de metal, son bestiaire diabolique et son gameplay ultra violent, Doom a encore de beaux restes aujourd’hui. Son level design labyrinthique et son ambiance magistrale tiennent encore la route et, grâce à une impressionnante quantité de mods développés pour le jeu au fil des années, il n’a pas à rougir face aux productions plus modernes. Rendez-vous sur la page ModDB de Doom et faites votre choix. On vous conseille l’inévitable Brutal Doom ou le très recommandé Beautiful Doom, des mods compatibles avec la campagne solo de Doom et apportant leur lot d’options modernes. Le jeu est disponible pour une bouchée de pain et fonctionne sur les PC actuels, alors soyons clair : si vous aimez les FPS, vous n’avez aucune excuse pour ne pas avoir essayé Doom au moins une fois. Aucune excuse.

Duke Nukem 3D (1996)

Développeur : 3DRealms
Comment y jouer : Steam (version World Tour)

Toute personne assez vieille pour avoir joué aux jeux-vidéo dans les années 90 connaît Duke Nukem, personnage iconique de l’époque ayant depuis complètement disparu. Et pour cause, Duke Nukem 3D a marqué les esprits notamment par son irrévérence un peu beauf, mêlant humour noir, héros patriote cliché et érotisme décomplexé. Le pitch n’est pas en reste : il met en scène notre vaillant héros nord-américain découvrant que des extra-terrestres ont envahi Los Angeles, transformant les policiers en porcs (« pig » étant l’équivalent aux US de notre « poulet » national) et kidnappant les femmes terriennes pour les foutre à poil dans des cocons. Ou quelque chose comme ça. Une aventure qui mènera Duke à travers divers strip-club, un cinéma, la lune, un stade de football américain…

Bref, outre son atmosphère délicieusement puérile, Duke Nukem 3D offre aussi une campagne solo assez bien ficelée, permettant au joueur de traverser des environnements variés et interactifs. Par exemple, il est possible d’utiliser les urinoirs et les lavabos pour reprendre de la vie ou allumer/éteindre certaines lumières en utilisant leurs interrupteurs. Par ailleurs, Duke possède un équipement complet lui permettant de nager ou encore de voler à travers les niveaux. L’arsenal est assez classique mais comporte une arme d’exception : le Shrinker, qui permet de réduire la taille des ennemis (et de Duke, s’il est utilisé sur un miroir). Actuellement, la seule édition officiellement disponible à l’achat est le remaster nommé Duke Nukem 3D: 20th Anniversary World Tour. Amplement fonctionnel, on regrette toutefois qu’il lui manque quelques extensions de contenu qui étaient intégrées à la précédente version, la Megaton Edition.

Quake (1996)

Développeur : id Software
Comment y jouer : Steam

Jusque-là, et malgré des avancées technologiques, les FPS revêtaient plus ou moins la même apparence que le Wolfenstein3D originel : les armes et les ennemis étaient des sprites en 2D collés sur des environnements en 3D. Mais Quake arrive en 1996, et ses visuels totalement en 3D créent, comme son nom l’indique, un véritable séisme dans le genre. Instantanément devenu une nouvelle référence du FPS, il est non seulement visuellement impressionnant, mais offre également un level design plus complexe, permettant d’exploiter la verticalité des niveaux. On y retrouve, bien sûr, un gameplay rapide et nerveux, tandis que la bande-originale est composée par le groupe de metal-indus Nine Inch Nails.

Le développement de Quake fut très long et compliqué comparé aux précédentes productions d’id Software. Sans ligne directrice particulière, les level designers créèrent les niveaux chacun dans leurs coins, avant de les assembler lorsque le projet arrivait à la fin grâce à un système de hub et de portails magiques. Résultats : les maps sont certes très disparates dans leurs ambiances, allant de la science-fiction au médiéval fantastique en passant par l’industriel rouillé et l’inspiration Lovecraftienne. Mais elles ont avant tout été pensées pour leur qualité de gameplay, et ça se ressent une fois la souris en main. Récemment, id Software, Machine Games et Nightdive Studios ont publié une grosse mise à jour pour le jeu, intitulée Quake (Enhanced) et apportant de nombreuses améliorations ainsi que des options de confort moderne. De plus, cette version contient toutes les extensions sorties pour le jeu, ainsi qu’une nouvelle, Dimension of the Machine.

Exhumed (Powerslave) (1996)

Développeur : Lobotomy Software
Comment y jouer : Steam (version PC-DOS), Steam (version consoles)

Passé presque inaperçu lors de sa sortie, survenue peu de temps après celle du mastodonte Quake, Exhumed (connu sous le nom de Powerslave aux US) mérite quand même le coup d’œil pour les amateurs de FPS – nous lui avions d’ailleurs consacré un dossier. Le jeu raconte une histoire un peu ridicule : vous incarnez un soldat des forces spéciales envoyé en Égypte pour contrer les créatures du mal qui y sont apparues. Aidé par l’esprit fantomatique de Ramsès II, vous allez vaincre tout un tas de créatures inspirées par la mythologie locale et défaire ce qui s’avère être une invasion alien. Le scénario est surtout un prétexte justifiant la superbe ambiance pulp, mélange de roman d’aventures et d’Égypte antique, avec ses grands temples maudits, ses mines hantées et ses canyons remplis de lave incandescente.

Exhumed existe en deux versions radicalement différentes. La première est la version PC-DOS, basée sur le Build Engine (moteur de Duke Nukem 3D), et consiste en un FPS linéaire classique mais très bien ficelé. Vous y arpentez de grands niveaux labyrinthiques remplis de raccourcis à débloquer, d’énigmes, de pièges, de verticalité… Par ailleurs, un système d’inventaire, permettant l’utilisation d’objets magiques et de pouvoirs, vient augmenter vos capacités. Le titre est vraiment impressionnant côté level design et reste encore très intéressant à jouer aujourd’hui. Vous pouvez acheter le jeu sur Steam, et y jouer en utilisant le logiciel BuildGDX pour un confort moderne. L’autre version d’Exhumed vient des consoles. Celle-ci est particulièrement originale puisqu’il s’agit d’un metroidvania : au fur et à mesure de votre aventure, vous obtiendrez de nouveaux pouvoirs vous permettant de revenir dans les niveaux précédents et de débloquer de nouveaux chemins et secrets. Cette dernière version a été récemment mise à jour et publiée sur PC par Nightdive Studios sous le titre Powerslave: Exhumed et on vous la recommande chaudement.

Blood (1997)

Développeur : Monolith
Comment y jouer : Steam

Blood est le premier jeu du studio Monolith, dont (attention, spoiler) on reparlera plusieurs fois dans cette série d’articles. Vous y incarnez Caleb, un porte-flingue de l’Ouest américain ayant vendu son âme au dieu Tchernobog avant d’être trahi et tué par ce dernier. Réveillé dans votre tombe des années plus tard, vous allez vous venger en détruisant la secte La Cabale et tous ses adeptes… Mélange de western et d’horreur occulte parsemé de références à la pop-culture, Blood propose un Doom-like à la fois ultra violent et très efficace.

Sa formule est classique : vous êtes dans de grands niveaux labyrinthiques, et vous devez trouver des clés et des leviers pour avancer. Blood tire toutefois son épingle du jeu avec son atmosphère poisseuse et très gore. Les ennemis explosent en morceaux, vous pouvez jouer au foot avec les têtes de zombies, des cadavres et autres détails sordides parsèment les décors tandis que les adversaires hurlent à la mort lorsque vous les blessez… Malgré son aspect technique désuet, mélangeant environnements en 3D et sprites en 2D, ses visuels sont très réussis et participent à l’ambiance générale. Nightdive a sorti une excellente version remasterisée restaurée du jeu en 2019, appelée Blood: Fresh Supply. Attention toutefois : le jeu est très difficile, même pour un joueur habitué aux FPS.

Star Wars Jedi Knight: Dark Forces II (1997)

Développeur : LucasArt
Comment y jouer : Steam

Dans cette suite directe du très bon Star Wars Dark Forces, on incarne à nouveau Kyle Katarn, qui va, cette fois-ci, expérimenter les pouvoirs de la force et les combats au sabre laser. Mais la plupart du temps, on utilisera le blaster ou l’arbalète laser pour désintégrer les centaines d’ennemis que l’on sera amené à croiser. L’une des particularités du jeu, outre son aspect très cinématographique, est que l’on peut choisir le côté obscur ou lumineux de la force, ce qui donne accès à des pouvoirs différents selon son alignement…

Techniquement, Dark Forces II était impressionnant à sa sortie : les niveaux sont parfois très grands avec de nombreux mécanismes, ils sont variés et proposent pas mal de verticalité. Le gameplay est nerveux, on peut se déplacer très rapidement et les armes donnent un bon sentiment de puissance. Les bruitages, bien réalisés, n’en sont pas étrangers, et les musiques officielles ainsi que les doublages de grande qualité – notamment en français, sont du plus bel effet. Et que dire de ces cinématiques en FMV kitch au possible ! Pour en profiter pleinement aujourd’hui, on peut utiliser le mod Jedi Knight Remastered, permettant de jouer avec un format d’écran moderne, un FOV adapté et des textures upscalées.

Voilà qui conclut notre première partie des meilleures FPS des années 90. On se retrouve très bientôt pour la deuxième !

Rutabaga: Élevé au bon grain des FPS de l’âge d’or, si Rutabaga adore particulièrement TUER TUER TUER à coups de rocket launcher et autres akimbo de fusils à pompe, il n’est toutefois pas insensible à une bonne épopée solo bien scénarisée.
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