On sait bien ce que vous aimez chez Nofrag : les viscères répandues, la mort dans d’atroces souffrances, et le doux son des kqlqsh qui surchauffent. Tout ça c’est bien beau, mais que diriez-vous plutôt d’une séance de méninges triturées dans le calme et la musique douce ? Développé par Tunnel Vision Games, un petit studio indépendant danois, Lightmatter, sorti le 15 janvier dernier, est un puzzle-FPS bien sympathique avec un concept fort et un style visuel marqué.

Dans Lightmatter vous êtes un peu le John McClain pacifique : un rouage qui grippe, mais sans les mitraillettes. Ici, le protagoniste est l’invité surprise d’un événement visant à présenter la technologie du futur : le Lightmatter, qui crée de l’énergie à l’infini. Bien entendu, la présentation se passe mal et tout s’effondre, vous emprisonnant dans le centre, creusé dans une montagne. Malheureusement, le Lightmatter à un vilain effet secondaire : il génère des ombres mortels…

Le concept fondateur du jeu est bien entendu la gestion de la lumière : l’ombre vous tue et la lumière non. Chaque salle vous proposera donc des outils, comme des projecteurs ou des relais lumineux, qu’il faudra utiliser avec ingéniosité pour conjurer les ténèbres et vous frayer un chemin de clarté vers la sortie. Les salles qui se succèdent sont chacune le prétexte d’une énigme, qui sont dans l’ensemble assez simple. Les gros amateurs de casse-tête rouleront sûrement sur Lightmatter sans aucune difficulté, mais ceux qui cherchent un défi équilibré (entendre par là qu’une énigme n’est jamais bloquante très longtemps) y trouveront leur compte. Le design du titre fait également beaucoup pour le rendre agréable : l’ensemble a l’air d’être dessiné à gros traits, avec des ténèbres profondes, des lumières vivaces sans être éblouissantes, et des arêtes bien nettes. Tout ce qui n’est pas important est en nuance de gris, ce qui évite de s’attarder là où il n’y a rien à faire. Les lieux rencontrés sont certes répétitifs, mais le level design est solide et au service du gameplay. Ainsi, les énigmes s’articulent parfaitement dans les différentes salles, en vous laissant juste ce qu’il faut de mou pour faire des tentatives crapuleuses (en exploitant un peu le jeu et sa permissivité) d’orientations des projos ou de positionnement des relais.

Tout cela est malheureusement porté par une narration aux antipodes de la maîtrise affichée sur les autres éléments du jeu. De ce côté, il s’agit d’une copie conforme de Portal, titre auquel le narrateur fait même allusion en citant ouvertement, et à plusieurs reprises, Aperture Sciences. Le PDG de Lightmatter, votre guide, ne cesse de vous sortir son discours démago tout en vous dénigrant, tandis que les magnétos d’un dissident vous chantent le couplet inverse. Le tout est arrosé d’un humour pince-sans-rire, très Portalien encore une fois. On est néanmoins très loin de la qualité d’écriture du jeu de Valve, et tout cela ressemble à une mauvaise imitation. C’est néanmoins suffisamment peu prégnant pour ne pas gâcher le plaisir de jeu, autrement bien présent.

Et la lumière fut !

Lightmatter est un petit puzzle FPS réussi. Il ne boxe pas dans la même catégorie que les ténors du genre, mais sa modestie ne l’empêche pas d’être porté par une réalisation impeccable. Pas trop dur, bouclé en six heures, avec un concept sympathique et une identité visuelle bien à lui : pour une quinzaine d’euros il vaut clairement le détour.

Lightmatter est disponible pour 16.79€ (oui, c’est très spécifique comme prix…) sur Steam.

3 Commentaires


  1. J’ai rencontré le développeur du jeu sur un salon, mec très sympa et humble. J’ai buy le jeu à sa sortie rien que pour la démonstration des mécaniques de gameplay et des idées du mec. Le titre est polish comme il faut mais je trouve que le concept s’épuise vite.

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