Un FPS Terminator. Qui ne tient compte que des deux premiers films, les meilleurs de la série. Et qui se déroule dans le futur apocalyptique de 2029. Avec la promesse de flinguer du T-800. Ça avait l’air prometteur. Et puis, on a découvert que le développeur était à l’origine de l’infâme rail-shooter Rambo. Et puis, on a vu les premières images de gameplay. Et puis, on a joué au jeu. N’y allons pas par quatre chemins, Terminator: Resistance est une bouse qui laisse en bouche le goût amer d’un grand et terrible gâchis.

Commençons par le commencement

L’action de Terminator: Resistance se déroule intégralement en 2029. Vous y incarnez Jacob Rivers, un simple soldat de la résistance humaine luttant contre Skynet et ses armées de machines cherchant à détruire l’humanité. Après avoir été sauvé d’une embuscade par un mystérieux étranger semblant tout savoir de lui, notre protagoniste sera amené à rejoindre un groupe de survivants et à évoluer au sein de l’univers post-apocalyptique brièvement aperçu au cours des deux premiers films de la série. Loin de n’être qu’un simple pis-aller, le scénario surprend de par sa fidélité aux canons de la série originale de James Cameron. Les quelques twists de l’intrigue sont plus que prévisibles mais demeurent parfaitement appréciables pour tout habitué des deux premiers films.

Là ou le jeu surprend en bien, c’est sur son habillage et sa manière de développer le scénario et les personnages qui peuplent ce dernier. L’ambiance Terminator si typique est respectée de bout en bout, les T-800, fusils à plasma et autres machines sont fidèlement reproduits. Même les bruitages des armes sont directement issus des films. La bande-son n’est pas en reste et propose un habillage sonore faisant honneur au matériau d’origine. Le menu principal offre par ailleurs une des meilleurs reprises du thème musical de la série. On décèle même, entre quelques tentatives de narration environnementale, quelques références bien senties aux films, notamment au sein d’un niveau se déroulant dans l’hôpital psychiatrique de Terminator 2. Mention spéciale aux ultimes chapitres du jeu, dont le dénouement amène naturellement au déclenchement des évènements touchant Sarah et John Connor.

Les développeurs se sont même donnés la peine d’offrir une certaine consistance, une certaine cohérence à un univers empli de personnages qui ont tous leur propre background et qui parviennent presque à déclencher chez le joueur un sentiment d’empathie. Le jeu se risque même à développer toute un série d’aspects à peine, voire pas du tout évoqués dans la saga cinématographique de Cameron. Plus globalement, les efforts qui sont allés dans la représentation fidèle de l’univers Terminator sont à saluer.

Cela étant dit, il est temps de vous expliquer pourquoi Terminator: Resistance est un mauvais jeu qui ne mérite pas votre attention.

Gameplay : “Hasta la vista, baby

Le gameplay est chiant à mourir : on explore des environnements relativement ouverts et on accomplit les différentes quêtes qui se résument pour l’essentiel à se rendre à un point A pour y ramasser un objet quelconque et le ramener à la base. De temps en temps, on se tape des niveaux plus linéaires et scriptés, sans exploration, dans lesquels on se contente de flinguer et d’avancer. Les armes n’ont aucune patate et les ennemis sont soit des sacs à PV, soit de simples formalités. Même l’emblématique T-800 n’inspire aucune crainte et peut être éliminé en à peine quelques tirs de plasma. La demi-douzaine d’ennemis différents ne fait pas mieux et on ne ressent aucune satisfaction à triompher des machines de Skynet qui, par ailleurs, sont d’une stupidité sans nom : l’explosion d’un avant-poste n’attirera pas l’attention des machines situées dix mètres à côté, par exemple. On attendait mieux de la part de l’IA ayant provoqué un holocauste nucléaire. La seule menace réside en la capacité des ennemis à vous trouer en deux secondes si vous vous approchez trop près d’eux. Heureusement, ils sont d’une lenteur affligeante et vos pétoires restent précises même à longue distance.

Tous les autres aspects du gameplay sont également à jeter. L’infiltration est absolument risible, il suffit de s’accroupir et de se mettre hors de vue des T-800 qui se contentent de patrouiller sur un itinéraire fixe. La possibilité, passé la moitié du jeu, de buter n’importe quel robot en une seule rafale de plasma achève de rendre la discrétion absolument inutile. Les mini-jeux de piratage et de crochetage sont chiants et répétitifs. L’aspect RPG est complètement raté, seule l’augmentation de la puissance d’attaque présente un intérêt quelconque. Le jeu offre également tout un pan de gestion de l’inventaire et de crafting, mais on récupère tellement d’équipement simplement en visitant les niveaux qu’on ne tombe jamais en rade de ressources et de matos. Pire, tout le côté survie et résistance mis en avant par le scénario est complètement ruiné par le fait que l’on dispose d’une quantité absurde de munitions et de medikits, et ce dès le début du jeu. Par conséquent, le jeu est d’une facilité et d’une simplicité enfantines.

Je ne peux pas m’auto-terminer. Faites-moi descendre dans la fonderie

La seule réussite du jeu, soit la représentation de l’univers Terminator, est terriblement desservie par la faiblesse des graphismes. Le jeu est moche, malgré l’usage de l’Unreal Engine, les textures subissent un effet de flou assez gênant. Seule la beauté des éclairages et des explosions parviennent à (un peu) flatter la rétine, le reste est très éloigné des standards graphiques de 2019. Les animations sont misérables et l’on souffre à chaque fois que l’on recharge un flingue. Les personnages humains on une démarche tellement rigide qu’ils pourraient passer pour des T-800 recouverts d’une peau humaine. La mise est scène est d’une platitude absolue, à tel point que l’on peine à se lier aux personnages humains pourtant relativement bien développés. Le doublage anglais est médiocre et accentue ce désintéressement. Les scènes de combat et d’affrontement avec les machines, en dehors de l’ultime chapitre du jeu, ne font ressentir aucun frisson, aucune excitation. Ultime injure, le fov et l’aberration chromatique ne sont pas directement réglables. Au moins, l’interface est paramétrable.

L’aventure est courte : une dizaine d’heures pour parvenir aux crédits en prenant la peine de visiter l’intégralité des niveaux et de finir toutes les quêtes annexes. Malgré tout, la tentation fut grande, au cours du jeu, de cesser toute exploration et de foncer accomplir l’objectif principal. C’est que les différentes zones de jeu ne sont tout simplement pas agréables à parcourir : toujours les mêmes ennemis à buter, les mêmes bâtiments à fouiller, les mêmes ressources à ramasser, les mêmes missions à accomplir. L’univers Terminator, aussi réussi et intéressant soit-il, se limite dans ce jeu à une poignée de zones urbaines dévastées toutes semblables et d’avant-postes Skynet se comptant sur les doigts d’une main.

Il est impossible d’insister suffisamment sur ce point : les développeurs de Teyon ont fourni un remarquable travail de world building qui est complètement gâché par leur manque de moyens et, osons le dire, d’ambition. Un véritable gâchis que couronne un prix de vente trop élevé, eu égard au degré de finition et à l’envergure plus que réduite du jeu.

 

Un immense gâchis

Souvenez-vous du T-800 dans Terminator 2 : une implacable machine à tuer hermétique au moindre sentiment humain mais que John Connor finit par prendre en affection avant de se résoudre à l’éliminer. Terminator: Resistance en est la copie conforme, une pauvre créature absolument imbitable, dont la seule destinée est de finir oubliée, mais dont on aurait véritablement souhaité pouvoir faire l’éloge. En l’état, les quelques bons points du jeu sont irrémédiablement dépassés par ses défauts, son gameplay soporifique, sa mise en scène complètement ratée et son manque flagrant d’ambition. Un gâchis total dans la mesure où Resistance demeure à ce jour la meilleure adaptation vidéoludique de la série Terminator.

 

Terminator: Resistance est disponible sur Steam pour 40 euros, ainsi que sur Playstation 4 et Xbox One.

13 Commentaires


  1. Une grosse merde qui semble subir une vague de faux-positifs sur Steam/metacritic.
    Il y a zéro originalité. C’est moche, bourré de features empruntées à droite à gauche qui donnent au final un jeu sans âme, qui n’a ni queue ni tête et 5 ans de retard.

    La vidéo montre parfaitement l’intégralité des richesses du gameplay. Vider un chargeur sur une cible à peine mobile, s’accroupir pour recharger, se relever et recommencer sur la cible suivante.

  2. J’adore le passage ds le ville vers 1m30s. Si l’on fait attention aux carcasses de véhicules, y’a quasi que des camions et des Ford LTD Country. Genre “ok on va te mettre les deux bagnoles emblématiques de T2 et ça va faire le taf niveau immersion”. Rien que ce petit détail là, ça en dit beaucoup sur le jeu.
    PS: la musique est vraiment à chier.

  3. Je dois être à la moitié du jeu et ça se laisse jouer. C’est médiocre, mais fidèle à l’univers et l’histoire est plutôt cool. C’est clairement un jeu adressé aux fans de la franchise.

  4. Personnellement, j’ai passé un très bon moment sur le jeu, c’est pas le jeu de l’année c’est sûr, mais un bon divertissement quand on boost la difficulté et qu’on est fan de Terminator. 🙂

  5. Je vais me laisser tenter, quand il sera en solde et bien patché. Je pense qu’il faut le faire uniquement dans l’optique de se replonger dans l’ambiance, pas pour apprécier un bon jeu (ce qui est dommage).

  6. Questions à la con:

    – Est-ce que l’auteur du test à fait le jeu en difficulté la plus élevée ?
    – Est-ce qu’il a aussi fait le jeu avec un FoV custom ?

    Sinon il est possible que je me laisse tenté à petit prix (15-20€ max).
    Je retrouve dans ce test à beaucoup de points communs avec la review de Gmanlives, sauf que la conclusion est différente.

  7. G-UNIT as tu joué au jeu ?
    Tu as l’air de glorifier GmanLives ? Mais sa vidéo est un montage habile de courtes séquences “tavu action non stop !§§”. Je doute de son impartialité.
    Jouer en difficile ne changerait rien sur IA inexistante à part qu’il faudrait deux chargeurs au lieu d’un par ennemis. A aucun moment le joueur n’est en difficulté (auto-régen plus médikit quasis illimités) et les ennemis n’ont aucun interaction entre eux (regarde la scène de shoot aux pigeons à 13:10 de ton test…). On aurait pu croire qu’abattre une sentinelle provoquerait une alarme… On parle de skynet là. Il suffit de jouer au chat avec un robot en tournant autour d’une voiture pour qu’il oubli notre existence au bout de 30s. Surtout que le jeu intègre un wallhack.
    C’est surement un bonne brique à l’univers Terminator, mais ce n’est clairement pas un bon jeu. C’est le Soldier of Fortune: Payback de la saga.

  8. >

    J’ai joué en difficile. Il y a bien un mode de difficulté supérieur, mais je voulais conserver le même paramètre de difficulté pendant mes sessions de jeu. De toute façon, la difficulté ne changera rien au comportement des ennemis, il faudra juste deux-trois cartouches en plus pour les descendre.

    J’ai réglé le fov dans les fichiers du jeu, effectivement. Même ainsi, impossible d’avoir un fov supérieur à 90. Et l’absence d’un fov slider facilement accessible demeure impardonnable dans un fps.

  9. >

    Rom1 est-ce que tu m’a lu ?
    >

    Donc non je n’ai pas le jeu, et c’est pour ça que je pose des questions à la con.
    Est-ce que toi même tu l’a fait en difficulté maximale ?
    Tu l’as acheté (ou piraté peut être) ? Si tu l’a acheté pourquoi ne pas avoir attendu les tests ? Tu aimes les films Terminator au point de foncer dessus aveuglement comme un bon gros mouton/pigeon ? Ah non je me rappelle tu es Rom1 testeur de jeu de l’extrême ! 🙂

    Sinon non, je ne glorifies pas ce youtuber, mais j’ai tendance à le trouver assez juste la plupart du temps dans ses reviews. J’ai bien noté les défauts qu’il a cité, au même titre que ton avis ou le test de NoFrag.

    Perso je n’attendais absolument rien de ce jeu quand j’ai appris son existence, j’avais juste regardé brièvement une vidéo sur une des rares news ici à son sujet. Leur campagne marketing était à chier/invisible, faut dire qu’il fallait avoir des couilles en métal liquide pour sortir un jeu en même temps quasiment que RDR2, Stranding Death et Jedi Fallen Order (encore heureux qu’il y est Terminator dans le titre). En tout cas GmanLives s’attendait visiblement à une bouse et je sais qu’il ne se prive pas lui non plus pour dégueuler sur un jeu quand c’est vraiment de la merde.

    Alors après je suis bon public sur ce genre de jeux à licence et je sais pertinemment qu’on se contente de jeux médiocres sur ce terrain là, mais est-ce qu’on a vraiment le choix quand un univers qui nous tient à coeur est adapté en jeu video ? Celui me semble plutôt être dans le haut du panier pour une fois, et je dois dire que je suis impressionné quand on sait que ce sont les devs de “Rambo: The Video Game” qui sont aux commandes de cette nouvelle adaptation.

    Comme dit ci-dessus je pense qu’à moitié prix je serais tenté de le prendre et de me faire mon propre avis. Après j’estime que si l’univers est sympa et bien respecté j’arrive à passer outre le coté générique/bateau.
    C’est calibré pour un joueur console c’est clair et j’avoue que les seuls gros défauts qui me chagrinent sont: l’apparente facilité et les 40 brouzoufs demandés.

    Et c’est pour ça que je demande si la difficulté maximale n’offrirais pas un peu plus de challenge (j’imagine que ça ne rendras pas les T-800 plus intelligents pour venir te débusquer mais au moins plus dangereux pour ta santé). Je ne cracherais pas sur un peu de modding pour améliorer tout ça (il suffirait de bouger quelques variables pour rendre le jeu bien plus punitif), mais je doute que ce soit bidouillable comme bien souvent sur ce type de produit, peut être que les devs pourraient planché sur un mode de difficulté plus extrême si les joueurs en font massivement la demande (ça c’est bien vu sur plein de fps par la passé notamment avec la série Metro et son mode Ranger). Croisons les doigts.

    Sinon coté graphique ça passe, là encore ça ne me dérange absolument pas de jouer à un jeu dépassé sur la technique. Sûr, il peut être attaqué sur la qualité de ses textures baveuses ou ses animations ridiges mais coté éclairages je trouve qu’il est réussi, et ça à mon avis ça le sauve visuellement. Après c’est sûr qu’on est pas sur la qualité d’un Battlefield V (ou Star Wars Battlefront II pour citer une adaptation), mais bon j’imagine que Teyon n’a pas les même moyens financiers et humains que Dice.

    Donc ouais ce Terminator Resistance est quand même tentant malgré tous ses défauts. En tout cas pour le prix il suffira d’attendre un peu et ça fera déjà un défaut de moins en ce qui me concerne.

  10. >

    Ok merci pour le retour sur la difficulté, c’est ce à quoi je m’attendais pour le test de NF, j’aurais quand même bien avoir l’avis sur le mode le plus extrême si quelqu’un l’a fait.
    Sinon tant que le FoV est améliorable c’est déjà ça, même si il faut passer par les fichiers. Certains jeux ne le permettent même pas.

  11. >

    Est-ce que le testeur a joué à Future Shock et Skynet ? Ou c’est sans compter ces 2 vieux jeux ?

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