Lors de l’annonce de The Outer Worlds, Obsidian n’a pas hésité à mettre en avant sa filiation : “Par les créateurs de Fallout et Fallout: New Vegas”. Voilà qui attisa instantanément l’intérêt des fans de la célèbre saga. Même les images montraient clairement d’où venait l’inspiration pour cette nouvelle licence, mélangeant tir à la première personne et jeu de rôle à la façon des créations hybrides de Bethesda. Le jeu est sorti la semaine dernière et il est temps de découvrir si The Outer Worlds arrive à tenir tête à ses muses ou s’il s’agit d’une vulgaire copie fauchée.

Un colon irrité

Transformé en glaçon cryogénique et coincé dans un vaisseau à la dérive pendant plus de trois décennies, le protagoniste est réveillé par un professeur légèrement attaqué du bulbe afin de sauver la colonie Halcyon. Celle-ci, en proie à moult problèmes de banditisme, de famine et de faune agressive, est coincée dans la poigne de fer du Conseil, haute autorité soumise aux dirigeants des corporations se partageant l’exploitation des différentes planètes qui la composent. Il reviendra donc au protagoniste de ramener un peu d’ordre dans ce bazar ou, au contraire, de démarrer une révolution totale pour libérer la colonie.

Cet univers original, mélangeant corporatisme et rétro-futurisme très début du 20ème siècle, permet aux auteurs d’Obsidian de s’éclater sur les dialogues et les différentes rencontres du jeu. Les textes sont d’ailleurs l’un des points forts du titre, adoptant un ton pince-sans-rire et souvent sarcastique pour se moquer du capitalisme exacerbé, des employés-esclaves volontairement soumis au patronat, des révolutionnaires de pacotille, des dirigeants corrompus, de la bureaucratie et de sa paperasserie administrative ridicule, des riches, des pauvres… De tout le monde, quoi. Jamais The Outer Worlds ne vous fera hurler de rire mais son écriture ironique vous fera régulièrement sourire et parfois pouffer au détour d’un texte particulièrement mordant. Il est à noter que de nombreux PNJ possèdent des arbres de dialogues assez étoffés, même lorsqu’ils n’ont aucune importance particulière dans l’histoire. Si vous parlez à la barmaid du coin, il est possible que vous en appreniez plus sur son enfance, ses rêves brisés ou ses relations avec son père – si vous avez les compétences sociales appropriées, bien sûr. La création de personnage vous permet en effet de le spécialiser dans des domaines variés (armes et armures, mais aussi dialogues, science, infiltration, leadership…), ce qui ouvre de nombreuses possibilités dans le développement des quêtes et permet de jouer roleplay, si c’est votre truc. Du reste, nous vous conseillons d’orienter plutôt votre personnage vers les compétences sociales, cela rend le jeu beaucoup plus intéressant.

Suivez le guide

Si vous avez déjà joué à la version FPS de Fallout, le gameplay de The Outer Worlds vous paraîtra tout à fait familier. Outre les combats assez mollassons subissant l’influence des statistiques des armes et du personnage, le jeu propose également un système de Dilatation Temporelle Tactique, une compétence permettant de figer le temps et de viser les points faibles des adversaires. En mode Normal, vous n’aurez en réalité pas du tout l’obligation d’utiliser ce système, les combats restant d’une facilité déconcertantes même avec un personnage purement orienté diplomatie. La gestion des coéquipiers est succincte : vous pouvez être accompagné par un maximum de deux personnages et donner quelques ordres rapides (se déplacer, utiliser les compétences…).

En réalité, The Outer Worlds fait tout pour être un RPG agréable et sans prise de tête. Si l’intégralité de l’interface est personnalisable, le jeu est, par défaut, balisé à tout bout de champ et un marqueur indique sur votre écran la prochaine étape pour accomplir l’objectif de la mission que vous avez sélectionné. D’ailleurs, votre journal affiche beaucoup d’informations et il ne vous faudra pas la moindre réflexion ou recherche pour finir vos quêtes : appuyez simplement sur la touche J pour savoir précisément où aller, quoi faire, pourquoi et quelles sont les possibilités qui vous sont offertes. Le système de réputation par faction vous permet de régler les situations de la manière que vous voulez sans jamais avoir à vous inquiéter des conséquences outre mesure. Pressé par le temps, j’ai par exemple bâclé une quête en abattant au lance-grenades des dizaines d’employés innocents dans une usine de saucisses, sans jamais avoir le moindre problème par la suite – si ce n’est que ma réputation auprès de la marque n’était plus au beau fixe. De manière générale, le jeu vous laissera terminer les quêtes comme vous le voulez, que ce soit par la violence, la diplomatie, la fourberie, le mensonge… Il y a toujours un moyen de s’en sortir.

Le jeu s’articule autour du vaisseau l’Imposteur, le hub dans lequel on peut choisir sa destination et interagir avec les différents compagnons pouvant être recrutés au cours de l’aventure. Contrairement à d’autres jeux du genre, The Outer Worlds ne se déroule pas à proprement parler dans un monde ouvert. Au lieu de ça, il se décompose en plusieurs cartes d’une étendue plus ou moins grande – la plus petite pouvant se traverser en une minute tandis que la plus grande prendra une dizaine de minutes à être arpentée en ligne droite. Sur ces cartes se trouvent, bien sûr, des lieux habités comme des villes ou des campements remplis d’ennemis… mais aussi de relativement vastes zones de nature, vides de tout point d’intérêt. Que l’on soit clair : l’exploration n’est absolument pas fondamentale dans The Outer Worlds. Sortir des sentiers battus ne vous apportera pas grand chose et vous n’aurez jamais la surprise de tomber sur un événement intéressant ou simplement un décor superbe attirant votre attention. C’est là l’une des failles du jeu, car en dehors des quêtes et des éléments scriptés, The Outer Worlds est désespérément vide. Aucun intérêt à retourner dans cette forêt une fois l’ennemi que l’on recherchait abattu, n’espérez rien trouver dans ce laboratoire abandonné après avoir déniché l’objet de quête convoité… Heureusement, le jeu propose un système de voyage rapide qui vous permettra de ne pas perdre trop de temps à vous promener et, au final, il vous faudra un peu plus d’une vingtaine d’heures pour compléter le jeu et la plupart de ses quêtes annexes.

It’s not the best choice, it’s Spacer’s choice

Visuellement, The Outer Worlds ne casse pas trois pattes à un canard. Si l’on peut aimer l’apparence atypique des environnements, qu’il s’agisse des villes arborant certains détails amusants (les fenêtres des bâtiments sont des trompe-l’œil et sont en réalité des panneaux lumineux, et oui !) ou la nature extra-terrestre pleine de couleurs, le character design est, lui, plutôt raté. Outre les personnages sortis d’une photocopieuse, les PNJ ressemblent souvent à ce que donne le mode aléatoire d’un créateur de perso. Plus généralement, même si de jolis effets de lumière tentent de cacher la misère, les textures sont assez bas-de-gamme et le jeu semble par moment vraiment daté. Pire, en Ultra et 1080p, il se permet de ramer sur ma config (i7 7700k, Geforce RTX 2060 6Go, 16 Go de RAM), oscillant entre 45 et 60 images par secondes lors de certaines phases en extérieur sans jamais rien afficher d’extraordinaire. Par contre, j’ai rencontré peu de bugs lors de mes pérégrinations : outre deux quêtes dont la résolution n’a pas été prise en compte, la mission finale plantait le jeu en boucle (mais une solution existe si vous rencontrez ce problème). En 20 heures de jeu, c’est honnête… Et, connaissant l’état de Fallout New Vegas à sa sortie, que The Outer Worlds soit aussi bien fini tient presque du miracle.

Difficile de donner un jugement définitif sur The Outer Worlds. Ses combats bidons et ses cartes vides peuvent finir par lasser, mais ses textes incisifs ainsi que sa progression douce et sans accroc font qu’on ne passe pas un si mauvais moment. Au final, on peut supposer que le jeu ne marquera pas les esprits : il n’est ni particulièrement raté, ni incontournable. Il s’agit d’un FPS/RPG tout à fait classique, qui ne révolutionne rien et permet au joueur de se laisser porter pendant vingt heures. Sa proposition perd en profondeur et en prise de risque ce qu’elle gagne en confort et le jeu conviendra parfaitement à ceux qui n’ont pas le temps pour passer des centaines d’heures à explorer un univers étendu. Par contre, les amateurs de jeux complexes au contenu abondant et plein de surprises resteront sur leur faim.

Colonie de vacances spatiale

Sans surprise, The Outer Worlds est un FPS/RPG plutôt classique et ressemblant quand même beaucoup à Fallout. Toutefois, il propose une expérience moins complexe et moins touffue mais plus accessible. En définitive, si vous voulez une aventure courte et peu exigeante mais possédant une écriture sarcastique réussie, The Outer Worlds est pour vous. Si, dans le cas contraire, vous vous attendez à un grand jeu épique, étalé sur des centaines d’heures, passez votre chemin.

The Outer Worlds est disponible sur Epic Games Store et Microsoft Store pour le prix de 59,99€, soit un peu plus cher qu’une veste Fallout 76 du plus bel effet. Notez que le jeu est également disponible sur Xbox Gamepass pour PC.

Test effectué sur la version commerciale du jeu.

4 Commentaires


  1. sans spoiler, j’ai envie de le dire: on ne voit pas arriver la fin; pour la simple raison qu’il reste encore trois planètes verrouillées sur la map du système (DLC en vue). du coup on se tape un boss en se disant “oh, enfin un boss” et direct après on est félicité par le traditionnel slideshow “à la fallout” retraçant l’état final des différentes factions/alliés. d’ailleurs au passage jamais je n’ai eu l’impression que le système de réputation avait une autre fonction que de déterminer si vous êtes pour ou contre le conseil (en vrai, ça influence surtout les prix des vendeurs, qui de leur coté ne servent qu’à revendre le loot). au final c’est exactement comme ce test le dit: bien mais pas top. en comparaison, fallout new vegas, s’ils pretendent en etre les geniteurs, est encore 100 fois supérieur sur tout les points (à part les graphismes bien entendu)

  2. @ Dublab, merci. C’est vraiment mieux, fini l’aberration chromatique et le reste, ça fait du bien et le jeu est vraiment plus beau et enfin de la netteté. Je ne comprends pas cette mode du flou et des effets vraiment dérangeant. Heureusement que c’est modifiable c’est le genre de chose qui me donne envie de quitter un jeu.

    Je suis un peu en dessous de 60 fps par moment en extérieur avec une 2080 lol.

  3. Fini ce we.

    Et pareil pour moi, ips instable sur pc du coup, je l’ai fait en 4k sur la one et aucun soucis de framerate.
    Et c’est loin d’être moche et loin d’être très beau.
    J’ai du loupé un ensemble de quête de la connasse de Byzance mais , au final, fini comme un bourrin dans la prison.
    Toutefois, un truc bizarre : au moment d’arrivée à cette fameuse prison, toutes mes armes sont revenus en dps par défaut … merci mes 10k dépensées pour chacunes de mes 4 armes …M’enfin ,je pense que c’est pour te forcer à en utiliser une spécifiquement.

    Sinon, histoire sympa sans éclat et twists présents mais rien de vraiment énorme au final selon les choix que l’on fait tout au long de l’aventure. (fini le jeu au niv 30)

    P.S.: merci le gamepass

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