Il était présent dans notre dossier consacré aux rétro-FPS de 2019, Nightmare Reaper est sorti en accès anticipé cette semaine. Développé par le studio montréalais Blazing Bit Games, dont c’est le premier FPS, l’early access nous donne la possibilité de jouer au premier épisode de ce qui sera une trilogie. L’occasion de découvrir ce qu’à dans le ventre ce jeu dont les images promotionnelles, il faut bien l’avouer, ne nous donnaient pas trop envie.

Drogue-lite

Nightmare Reaper est, sous ses apparences old-school, un mélange de FPS et de Rogue-lite. La formule est simple : vous apparaissez dans une map labyrinthique générée procéduralement, que ce soit au niveau du placement des différentes pièces, des monstres ou des secrets. Votre but ? Trouver la sortie en forme de pentagramme en dézinguant tout ce qui bouge. Sur les cadavres de vos adversaires et dans divers coffres, vous récupérez argent et armement, distribué sous la forme de loot aux capacités aléatoires et classé selon un système de rareté. Votre personnage peut également être amélioré via des compétences dont l’achat est bloqué derrière un mini-jeu de plateforme. La mort est punitive mais pas trop : elle vous fait perdre l’équipement amassé et oblige à recommencer intégralement le niveau en cours, mais vous gardez votre argent et les compétences débloquées. Entre chaque map, vous êtes renvoyé dans une chambre d’hôpital psychiatrique lugubre dans laquelle vous en apprendrez plus sur l’héroïne et son passé au fur et à mesure que vous avancez dans l’aventure. Vous pouvez découvrir ci-dessous 8 minutes de gameplay vous montrant à peu près tout ça :

Passés les premiers niveaux rendus ennuyeux par l’absence de diversité d’ennemis et de difficulté, la recette classique – voir simpliste – finit par devenir satisfaisante. La plupart des armes offrent de bonnes sensations et la multitude d’ennemis présents dans certaines sections arrivent à donner un minimum de challenge et d’intérêt, le jeu flattant notre cerveau reptilien lorsque des bouts de monstres partent dans tous les sens après une série de missiles tirés à la volée… Le tout soutenu par une bande originale aux relents de metal soft composée par Andrew Hullshult (Brutal Doom, Quake Champions, DUSK, AMID EVIL), qui est décidément partout. Notons également l’énorme effort concernant le contenu de cet accès anticipé : plusieurs dizaines de niveaux, une trentaine d’armes, quelques boss, des événements aléatoires… Pour compléter l’intégralité de ce premier épisode (sur trois prévus), comptez au minimum une douzaine d’heures. Bref, Nightmare Reaper n’est jamais flamboyant mais il arrive tout de même à proposer suffisamment pour avoir envie de continuer à jouer.

Reaper, arrête de riper

Enfin ça, c’est si vous arrivez à supporter ses défauts majeurs. Et quels défauts ! Visibles comme le nez au milieu du visage, il est impossible de passer à côté sans froncer les sourcils. On va commencer par l’aspect visuel du jeu : si les effets spéciaux (explosions, ombres, lumières dynamiques, effets des armes) sont assez réussis, la direction artistique des décors et des ennemis est un ratage total. Hideux et ridicules, les zombies vert perroquet, les mignons dragons-dino rouge tomate et autres boomers rose fluo tranchent radicalement avec l’ambiance globale glauque du titre et vous feront regretter l’absence de cohérence artistique. Peut-être que le scénario justifie ce gloubi-boulga digne de dessins de cahiers d’écoliers mais difficile d’en faire abstraction.

L’aspect technique de Nightmare Reaper est aussi une catastrophe. Comme vous pouvez le constater dans la vidéo ci-dessus, le framerate tend régulièrement vers les 30 images par seconde, voir même descend sous la barre des 20 FPS lors de certaines séquences en extérieur.  Il est difficile à croire que mon PC – qui, sans être une bête de course, fait tourner Battlefield V en High – soit à la ramasse au vu de ce qui est affiché à l’écran. Il suffit toutefois de désactiver les nombreuses options de post-processing présentes dans les menus pour gratter quelques FPS… Reste que devoir faire des sacrifices qualitatifs pour faire tourner un jeu de cet acabit fait mal au cœur. Les développeurs ont donc un gros effort d’optimisation à faire lors de cet accès anticipé.

Pour finir, l’idée de bloquer les compétences derrière un mini-jeu de plateforme aurait éventuellement pu séduire si ce n’était entièrement raté. Notre personnage possède en effet une Gameboy Advance SP avec laquelle il peut jouer à un ersatz de Super Mario Bros (le tout premier). Chaque niveau représente une compétence et devra être parcouru jusqu’à la fin pour valider l’achat de la capacité. Seulement celui-ci est d’une pénibilité hors-norme, la faute à des hitboxes complètement pétées et à des éléments dangereux se confondant avec le décor. Inintéressant et frustrant, ce mini-jeu vient hacher le rythme des parties et on se met à soupirer lorsque vient le moment de débloquer ce bonus de points de vie dont on aurait bien besoin. En l’état, on vient à espérer que Blazing Bit Games améliore drastiquement la qualité de ce mini-jeu infernal – ou permette tout simplement de l’ignorer.

 

Nightmare Repairer

Nightmare Reaper est un FPS/Rogue-lite honnête et bourré de contenu. Toutefois, si il propose un divertissement bourrin satisfaisant, sa technique déplorable et son aspect hideux risquent d’être durs à supporter. On ne peut que vous conseiller d’attendre de voir le titre évoluer lors de sa période d’accès anticipé (qui devrait durer un an) et autant vous dire que les développeurs ont du boulot pour réparer tout ça. Quoi qu’il en soit, difficile de croire que Nightmare Reaper parviendra à se faire une place au soleil face à des jeux comme Void Bastards, Immortal Redneck ou City of Brass.

 

Nightmare Reaper est disponible en accès anticipé sur Steam pour le prix de 13,59€ (à -10%) soit le prix de deux cahiers à spirales avec marge pour pouvoir dessiner des petits bonshommes colorés.

5 Commentaires


  1. Hou que c’est vilain ! Au début j’ai cru à un FPS en voxel et je me réjouissais du potentiel d’environnements destructibles, mais en fait non même pas.

  2. Ca fait pas envie !
    Autant j’ai bien aimer Project Warlock et j’attend avec impatience la release d’Ion Fury, autant la ça m’en touche une sans faire bouger l’autre, si vous me permettez cette fantaisie :p

  3. C’est pas si crade visuellement, y a un côté Ultima Underworld avec une meilleur gestion de la lumière.

  4. Manque de musique, mais sinon: pas mal pas mal, il faudrait une ou deux variations des bruitages de la personne protagoniste.

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