Garry’s Mod est toujours extrêmement populaire, avec plus de 30 000 joueurs en moyenne. Pourtant, le jeu développé par Facepunch Studios (Rust) est sorti en 2004. À la base simple outil permettant de s’amuser avec le moteur physique du Source Engine, il est maintenant devenu une vitrine pour le modding avec un Workshop plein à craquer des créations les plus folles. Une des explications de ce succès dans le temps est la prolifération du jeu de rôle (roleplay), c’est-à-dire de serveurs Garry’s Mod moddés et personnalisés, vous permettant d’incarner un personnage dans un univers particulier. Il y en a pour tous les goûts, de la simple petite ville de banlieue vous permettant d’incarner un agent de police, un pompier ou l’épicier du coin, à des univers plus connus comme Star Wars, Halo, Fallout ou encore Starship Troopers. J’ai donc décidé d’explorer et d’infiltrer ces univers dans les prochaines semaines pour participer à ces aventures virtuelles, pour le meilleur et pour le pire.

La première expérience que j’ai choisie me téléporte dans le Berlin des années 40, en pleine Allemagne nazie. Oui, vous ne rêvez pas, il existe des serveurs vous permettant de le faire. Je ne porterai aucun avis ou jugement de valeur sur les joueurs, mais sachez que le serveur était très bien modéré et qu’il n’est pas possible d’incarner les choses les plus glauques de cette période historique. Voici donc la courte histoire de Charles Frag.

J’arrive donc à Berlin en tant que simple citoyen allemand. Ce sont mes premiers pas dans la capitale du Grand Reich et je me balade dans les rues, histoire de découvrir mon nouveau chez moi. Un club d’échec au coin, un pub un peu plus loin ainsi qu’une petite épicerie. Alors que je contemple la vitrine, une patrouille de soldats allemands passe en voiture sans faire trop attention et s’arrête quelques mètres plus loin. Curieux, je vais vers eux. J’arrive devant le polizeipräsidium (poste de police), où les soldats sortent un prisonnier hurlant son innocence de la voiture. Je n’en saurai pas plus, car les gardes m’empêcheront d’aller plus loin, me poussant et me mettant en joue avec leurs fusils. Ils en profitent d’ailleurs pour contrôler mon identité, avant de menacer de m’abattre dans une allée si je ne disparais pas sur-le-champ.

Alors que je m’éloigne de la scène, deux hommes s’approchent de moi. Ils se présentent chacun à leur tour : leurs noms sont Christ Moldolov et Pekka Pulperoinen. Ils me demandent ensuite ce que je pense de l’oppression nazie. Je balbutie que je n’ai pas trop d’avis, mais que je pense qu’il vaut mieux faire profil bas en ces temps troublés. Pekka enchaîne et me parle directement de sa passion pour le communisme et Joseph Staline. Sans détour, ils m’expliquent qu’ils font partie du réseau de résistance communiste berlinois et me proposent de me joindre leur cause. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans ma tête, mais après cette scène de violence policière, j’accepte. Ils me parlent alors de leur plan d’attaquer le Reichstag pour y accrocher des drapeaux communistes. Là encore, dans la folie du moment, j’accepte.

Quelques minutes plus tard, Pekka s’occupe de crocheter une porte à l’arrière du Reichstag pendant que Christ et moi-même surveillons la rue, au cas où une patrouille de la  Wehrmacht passe par là. Heureusement, aucun souci pour entrer. On se retrouve donc dans la salle principale, celle où le Führer donne ses discours. Christ et Pekka s’occupent d’accrocher des drapeaux de l’URSS ainsi que quelques bibles pendant que je surveille.

Avant de partir, Christ propose de poser une grosse pêche sur le pupitre. La scène est surréaliste : alors que je surveille toujours la porte et suis à l’écoute du moindre bruit qui indiquerait la présence de soldats, Christ et Pekka sont accroupis, déféquant à l’endroit-même où Hitler fait ses discours.

Une fois terminé, nous décidons de ressortir par la même porte. Manque de chance, la police passe au même moment. Je suis rapidement arrêté, puis inculpé pour communisme. Je comprends rapidement que la peine capitale m’attend. La police me bande les yeux, me fait monter à bord de leur véhicule. Une fois mon bandeau retiré quelques minutes plus tard, je me retrouve dans une chambre d’exécution. Ma vie se terminera ici, sous les yeux de plusieurs gradés. Bon, oui, la chambre à gaz c’est très glauque.

Charles Frag est mort. Mais ses aventures ne font que commencer, puisqu’il vient de rejoindre une nouvelle vie sur un serveur dédié au roleplay dans l’univers d’Halo.

9 Commentaires


  1. C’est intriguant ces serveurs Roleplay. J’avais testé aussi il y a 5 ou 6 ans, c’était un serveur roleplay dans l’univers de HL2, mais ça fonctionnait un peu de la même manière que ton univers nazi. Des civils qui passent leur temps à se faire fouiller et des policiers qui passent leur temps à patrouiller. C’était marrant 5 min du coté des citoyens.

  2. Je ne sais pas si tu as le droit de streamer ça, mais ça aurait été très rigolo à regarder

  3. Un jeu surtout développé par Garry Newman, en particulier…

    Serait-ce le moment de faire renaître le forum GarryFr? 😉
    ExpMiNi, si tu lis ça… =P

  4. Je comprends pas qu’on puisse jouer roleplay à ce point là. Surtout sans gameplay derrière.

  5. Haha merci j’ai bien ris.

    Je pense que pas mal de personnes ont le fantasme d’incarner d’avoir de l’autorité et des forces de l’ordre.

  6. Ca me rappelle le RP sur GTA IV.
    Le RP, c’est vraiment la scène underground du jeu vidéo.
    Intéressant en tout cas. A quand une infiltration sur “the 2nd life”, si ça existe toujours !

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