Édité par Annapurna Interactive, le mystérieux Outer Wilds, réalisé par Mobius, a enfin atterri sur nos écrans le 30 mai dernier. Présenté comme un open world solo d’exploration, Outer Wilds est avant tout un ovni tant par ses mécaniques de gameplay que par son atmosphère unique. Je précise que j’ai effectué ce test à la manette pour la plupart du temps. À nous de voir si l’alunissage s’est déroulé sans accrocs et ce, sans trop vous spoiler.

Vis ma vie d’alien astronaute

Le joueur est chargé d’incarner un astronaute issu d’une civilisation alien champêtre. Derrière cette façade bucolique se cache en réalité une espèce curieuse, déjà rodée à l’exploration de la galaxie. La visite de votre village fait office de tutoriel à votre future odyssée alors que vous devez récupérer les codes de lancement de votre vaisseau. Au cours de ce tutoriel, vous interagissez à vos dépends avec une statue Nomaï, une ancienne civilisation avancée qui a pavé le système dans lequel vous vous trouvez de runes, énigmes, vaisseaux et ruines en tout genre qu’il vous faudra découvrir. De cette statue Nomaï naît le cœur du gameplay du jeu : la boucle spatio-temporelle.

22 minutes chrono

C’est le temps qui vous sera accordé avant que tout le système solaire n’explose à cause d’une supernova. Implacable, inévitable, votre mort est programmée, mais une mécanique unique émerge de votre interaction avec cette statue. En effet, à chacune de vos nombreuses morts vous revenez modestement au début du jeu, toutes vos connaissances, découvertes et aventures étant automatiquement retranscrites dans le journal de bord de votre vaisseau. Vous seul semblez conscient du phénomène cyclique qui entoure votre galaxie mourante et c’est donc à vous de l’explorer pour potentiellement la sauver.

Votre journal de bord tient compte de vos découvertes et enregistre les rumeurs et les ouï-dire des astronautes dont vous ferez la connaissance lors de vos voyages. Ici, pas de quêtes ni de points d’intérêt ou d’exclamation flashy sur votre carte des étoiles : c’est vous et vous seul qui décidez de la marche à suivre. La learning curve ne consiste d’ailleurs pas uniquement à apprendre à mieux piloter ou même à speedrun les cycles. Il est surtout question d’explorer des temples Nomaï qui vous apprendront comment mieux employer les outils à votre disposition. Le plaisir procuré par le jeu tient avant tout dans la résolution des énigmes et l’exploration puisque vous ne trouverez pas d’ennemis à occire à grands coups de rayons laser. Ça peut en refroidir certains, mais si vous faites partie des gens qui apprécient les jeux de ce type, vous serez comblé.

 

Un système solaire aux nombreux dangers

Côté graphismes, les développeurs de chez Outer Wilds Team ont choisi de plébisciter un style épuré et cartoon mettant l’emphase sur l’architecture des bâtiments Nomaï, des planètes et des ruines qui jonchent votre vaste galaxie. Cette dernière, remontée comme un coucou après 22 minutes, suit toujours le même pattern mais évolue dans le temps. Certaines planètes (Cravité par exemple) s’écrouleront sur elles-mêmes, rendant leur exploration impossible tandis que d’autres se dévoileront avec le temps. En revanche, quelles que soient vos décisions ou votre destination, je n’ai quasiment jamais vécu de cycle dans lequel je n’ai pas déniché un lieu caché, une architecture mystérieuse ou effectué des découvertes clés.

Cependant, après une dizaine d’heures de dépaysement des impressions de déjà-vu et de routine s’installent. Lancer le vaisseau, chercher une piste au loin dans l’espace, mourir, recommencer. Heureusement, ce rituel est entrecoupé d’énigmes et d’éléments de survie particulièrement bien implémentés. La gestion de votre oxygène, carburant, vaisseau et santé devient une contrainte saine qui participe à l’immersion, sans pour autant entraver votre progression ni booster artificiellement la durée de vie du jeu. Les dangers ne manquent pas durant vos périples : chutes d’astéroïdes, projectiles enflammés, trous noirs, asphyxie, gravité, noyade, monstres dévorant votre vaisseau… Autant de menaces que vous devrez surmonter pour voir le bout de l’aventure. Rare défaut du jeu (hormis les graphismes cartoon que chacun jugera comme il l’entend) : le pilotage automatique, une feature parfois instable et responsable de quelques morts frustrantes.

Le diable est dans les détails

La réussite d’Outer Wilds tient dans sa capacité d’immersion et d’égrainer les découvertes sans jamais bloquer le joueur, et surtout dans son game design. L’utilisation d’un détecteur de son permet de capter des fréquences inconnues ainsi que des musiques ou alertes sonores pour s’orienter dans des dédales. Votre lance-sondes, un outil d’apparence anodine, vous permet de photographier des endroits hors d’atteinte et même de résoudre des casse-têtes quantiques. Le tout est agrémenté d’une gestion de la gravité allant d’une inertie en apesanteur parfaitement bien intégrée jusqu’à une pression extrême dans certains environnements. Je n’expliciterai pas les tenants et aboutissants de vos gadgets pour ne pas vous spoiler massivement mais pour ce que ça vaut, les énigmes sont uniques et novatrices à tel point que je n’avais jamais vu de telles mécaniques dans aucun autre jeu auquel j’ai joué.

Le propre d’Outer Wilds est de défier votre perception de l’Espace. Que se cache-t-il derrière ce trou noir béant au cœur de cette planète ? Pourquoi cette pierre quantique bouge-t-elle lorsque je lui tourne le dos ? Comment atterrir sur cette planète qui disparaît dès que je l’approche ?…

Une multitude de questions qui, mises bout-à-bout, dévoileront les nombreux secrets que cache votre galaxie.

C’est beau et c’est pas si loin

Fort de près d’une dizaine de planètes à découvrir, Outer Wilds est une véritable révélation et une superbe odyssée de l’espace. Parfois lésé par ses graphismes, le jeu est toujours relevé par sa capacité à intégrer le joueur dans un univers qui fourmille de détails et d’énigmes. La direction artistique minimaliste mais soignée dépendra du goût de chacun mais a réussi à me séduire. Quant au gameplay, la mécanique du retour dans le temps est intelligente et parfaitement intégrée. L’exploration spatiale n’a jamais été aussi attrayante et maniable, a fortiori lorsque le game design innove autant.

Outer Wilds est disponible en promo pour 10.99€ sur l’Epic Games Store.

3 Commentaires


  1. Honnêtement je m’éclate tout simplement sur ce jeux. des surprises à tous les coins de planètes et j’ai rarement vécu un système de gameplay pareil…

    un petit bijoux!!!a tester si vous aimez l’exploration…

    PS le pilote auto est rudimentaire, mais c’est pleinement assumé dans le jeux (vu la geule archaique de votre vaisseau et les petites complaintes de votre avatar auprès des concepteurs de la “navette” in game)

  2. Une sacré bonne trouvaille pour ma part, acheté en promo sur le Epic store après lecture de l’article. Franchement haut placé dans les meilleurs jeux auquel j’ai joué, merci nofrag et à l’auteur de l’article.

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