Sorti de nulle part il y a un an, Strange Brigade s’était fait discret jusqu’à il y a quelques mois, sa sortie approchant. Au vu des précédents titres du studio on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Capable du meilleur (Alien vs Predator) comme du beaucoup moins bon (la saga Sniper Elite) Rebellion a quand même réussi à susciter notre intérêt au fil des différents trailers apparus sur le net. Alors, clavier et souris en main, qu’en est-il ?

Florilège de possibilités

Sur le plan technique tout d’abord, Strange Brigade est vraiment pas dégueulasse. Très bien optimisé, vous pourrez pousser pas mal d’options à fond, même sur des configurations qui commencent à peiner sur d’autres jeux récents. Ca tourne à plus de 60 Fps dans des décors riches en détails, et relativement grands. On est pas dans un BR avec une carte de plusieurs kilomètres carrés certes, mais il y a quand même plusieurs embranchements proposés, de grandes salles. Des effets de lumières particulièrement bien soignés mettent tout ça très bien valeur.

Toute cette technique au service d’un jeu qui ne réinvente pas la roue mais qui est vraiment très efficace. Strange Brigade est un jeu en coopération où jusqu’à quatre aventuriers vont devoir affronter des hordes d’ennemis dans des cartes enchaînant couloirs et arènes. Certains endroits sont d’abord bloqués par un mécanisme qu’il faudra déjouer, ou une vague d’ennemis qu’il faudra vaincre. Parfois plusieurs chemins sont possibles. Comptez une petite vingtaine de minutes pour terminer une carte, la seule campagne proposée pour l’instant en comportant neuf. Le tout baigne dans une ambiance années 50 très réussie, digne des films Indiana Jones avec son lot de méchants nanardesques et sa voix off enjouée commentant les événements ou les actions des joueurs.

Ces quatre aventuriers ont chacun des aptitudes différentes: le bourrin, l’agile, l’intellectuel et le moyen. Ils possèdent également tous une amulette qui se remplit grâce aux âmes des ennemis terrassés. Une fois pleine cette jauge – l’amulette – octroie un pouvoir propre à chaque personnage. Avec les trésors récoltés dans les niveaux ils peuvent acheter de nouvelles amulettes proposant de nouveaux pouvoirs. Un système qui apporte une certaine dose de variétés très bienvenue. Une diversité qui se constate partout dans le jeu. Les armes possèdent elles aussi des gemmes, synonymes de bonus – tir enflammé, plus de dégâts, headshot mortel, etc – que vous trouverez dans des coffres disséminés un peu partout sur la carte. Une fois encore, grâce à l’argent remporté au fil des parties vous pourrez aussi acheter de nouvelles armes dans lesquelles glisser vos gemmes.

Les adversaires ne sont pas en reste, et ont été une bonne surprise durant nos parties avec nounoursss. C’est notamment dans le mode horde que nous avons constaté un nombre assez conséquent d’ennemis différents, avec chacun leurs spécialités, leurs patterns, etc. Certains font office de mid-Boss et demanderont de se coordonner. D’autres, planqués sur des balcons inatteignables, vous balancent grenades et lances enflammées pour vous déconcentrer et admirer leurs collègues vous tabasser. En dehors des armes à disposition, c’est aussi le festival des possibilités pour vaincre ces hordes de morts-vivants. Les développeurs ont en effet rempli les niveaux de pièges divers et variés, à activer en tirant dessus ou sur un bouton. Du classique baril explosif on a aussi les lames tournoyantes et tranchantes, les jets de flammes, les pics qui sortent du sol, les lanternes qui projettent des flammèches et enflamment le sol alentour, etc.

A ce tableau déjà bien garni, les développeurs ont aussi ajouté quelques énigmes éparpillées dans les niveaux ou parfois bien cachées derrière un mur destructible. Elles aussi sont variées dans leurs contenus – marcher dans l’ordre sur les bonnes cases, trouver un code hiéroglyphique – mais ne sont jamais vraiment compliquées. Elles sont davantage là pour ajouter encore un peu de variété, ou donner accès à des armes exclusives dont vous serez obligé de vous libérer une fois le chargeur vidé.

Il y a donc bien une grosse composante “rejouabilité” dans Strange Brigade et vous pourrez passer plusieurs soirées à vous amuser avant d’en faire le tour. Et quand la lassitude du mode campagne pointera le bout de son nez, le jeu vous réservera encore des surprises. En effet le titre propose aussi un mode horde et un mode score. Inutile de trop vous décrire le mode Horde, il s’agit de vagues d’ennemis de plus en plus balèzes dans des réadaptations des cartes de la campagne. Ces cartes sont plus petites mais possèdent toujours des portes qui, une fois débloquées avec de l’argent, ouvrent de nouveaux passages où peuvent être cachés coffres, armes et potions. Le mode Score propose presque la même chose sauf que les joueurs devront comparer la taille de leur e-penis pour savoir qui a eu le plus de classe en faisant le plus de headshots, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Y’en a des biens !

Alors oui Strange Brigade est un TPS, qu’est ce qu’il fout donc sur Nofrag ? C’est justement bien un de ses seuls défauts et on rêverait d’une vue FPS. Cela dit tout n’est pas à mettre  à la poubelle. Les armes, par exemple, procurent quand même des sensations efficaces, avec un bon recul à gérer sur les automatiques et une impression de puissance satisfaisante sur les semi-auto à verrou. Le sniper et le lance grenades méritent encore quelques ajustements car en l’état ils ne s’intègrent pas vraiment au gameplay. Vous trouverez également au catalogue lance-flamme, fusils à pompe, explosifs en tout genre (molotov, dynamite, grenade collante, etc) de quoi toujours varier les approches. Au niveau des déplacements c’est tout à fait correct malgré certains choix de game-design étranges comme l’impossibilité de sauter ou de courir. Ces deux aptitudes sont gérées automatiquement par le jeu, quand vous vous trouvez face à un muret qu’on peut grimper ou quand vous marchez assez longtemps pour déclencher la vitesse de course. On aimerait parfois avoir plus de contrôle sur ces points là. La seule chose supplémentaire que l’on pourrait demander à Strange Brigade, est un véritable challenge. Bien que quelques passages en arène vous mettrons en difficulté avec un grand nombre d’ennemies, le jeu vous pousse rarement dans vos retranchements et les niveaux s’enchaînent l’air de rien comme une balade de santé

Finalement, devant un constat aussi enthousiaste, force est d’admettre que le plus gros défaut du jeu, celui qui risque de lui coûter sa vie, c’est son prix. Actuellement le titre se trouve entre 40€ et 55€, une somme bien trop élevée pour ce qu’il a à vous offrir. Car, oui, on vous a démontré toute la rejouabilité que permet Strange Brigade grâce à toute sa richesse. Mais il faudra, pour l’instant, se contenter d’une campagne de neuf cartes. De plus la politique de Rebellion sur la suite de son jeu est assez claire puisqu’un Season Pass est déjà disponible à l’achat contre environ 30€. Ce dernier comportera son lot de cosmétiques mais également de nouveaux personnages et de nouvelles cartes. Une pratique toujours aussi pourrie de la part de l’éditeur.

 

 

Conclusion

Strange Brigade est vraiment une bonne surprise et n’est pas une énième tentative de rebondir sur le succès de la saga Left 4 Dead. Oscillant plutôt entre ces derniers et Killing Floor, il apporte, de manière honnête, assez de nouveautés pour apposer une certaine fraîcheur au genre. Mais son tarif actuel risque de l’empêcher d’atteindre une partie de son public surtout avec une pratique aussi douteuse du DLC. Loin de nous l’idée de vouloir cautionner ce genre de pratiques, nous vous laisserons faire votre propre choix.

 

3 Commentaires


  1. Bonne surprise ce jeu ! Je l’ai reçu gratos chez LDLC pour l’achat d’une carte graphique AMD de la gamme RX. Double bonne surprise !

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