The Forest est un survival horror en monde ouvert d’Endnight Games, studio indépendant, sorti en accès anticipé le 30 mai 2014.  Le jeu coûte maintenant un peu moins de 17€. L’aventure en vaut-elle le prix ? Il est maintenant temps de poser notre verdict sur ce jeu.

Lost, les disparus

Après une scène d’introduction de quelques minutes mettant en scène l’enlèvement de votre fils Timmy, le jeu lâche le joueur sur une île composée de plusieurs biomes (grottes, montagnes enneigées ainsi que des arbres à perte de vue…), avec pour seuls objets, une hachette ainsi qu’un manuel de survie. À première vue, il n’y a pas d’autres survivants. Il ne reste que des cadavres et les effets personnels des voyageurs éparpillés autour de la carcasse de l’avion.

Ces valises seront  une véritable mine d’or pour le survivant en herbe que vous êtes devenu. Nourriture, boissons, médicaments : tout ce que vous trouverez est  bon à prendre. Car comme dans beaucoup de jeux de survie sortis précédemment il y aura une gestion de la faim ainsi que de la soif. Les premières fournitures que vous trouverez vous permettront alors de vous familiariser avec l’univers sans que l’expérience ne soit gachée par une nécessité à trouver de quoi vous restaurer.

Votre ultime but sera de partir à la recherche de Timmy, se trouvant quelque part, sur cette île foisonnante de mystères. Qui sont ces autres ? Que vont ils faire de l’enfant ? Où mènent donc ces cavernes obscures ? D’autres étrangers ont-ils déjà posé les pieds en cet endroit ?

Man vs Wild

Bien que le jeu fournisse au joueur de quoi calmer les cris de son estomac en début d’aventure, il serait naïf de compter uniquement sur le contenu des bagages des défunts voyageurs pour tenir le coup. Heureusement pour vous, l’île n’est pas que le repère d’étranges indigènes, elle est aussi un immense garde manger. Lapins, tortues, oiseaux, cerfs et d’autres animaux peuplent les lieux, tel de gros gigots sur pattes n’attendant que d’être chassés.
Heureusement pour ces connards de vegan, il est tout à fait possible de se nourrir de baies et autres trucs dégueulasses qui poussent dans les arbres. Par contre, si vous faites ce dernier choix, vous pourrez dire adieu à une ribambelle d’objets à crafter utilisant les peaux de bête, allant de la gourde en vessie de biche au sac à dos Desigual en peau de lapin.

Le craft est une des mécaniques essentielles que l’on retrouve dans The Forest. A l’instar d’un Rust ou même d’un Don’t Starve, tout ce qui pourra faciliter votre vie de Robinson Crusoé est réalisable. Du petit feu de camp de fortune à celui en pierre, de la tente en feuille d’arbre à la maison en bois 3 étages avec patio et potager dans la cour. Le tout indispensable à votre survie. L’abri, qu’il soit de fortune ou plus luxueux, sera d’une importance capitale étant donné qu’en plus de vous permettre d’y passer la nuit, il sera votre seul moyen de sauvegarder votre progression.

Néanmoins, le craft ne se limite pas à la construction de campement. Tel un Rambo, il vous permettra de créer, sur la base des ressources dispersées sur l’île, des armes (arc, torche, massue ornée du crâne de votre dernière victime, tenue en peau de bête, gourde, pièges, même un lance-flammes artisanal fait avec un briquet et du déo !).

Même si de prime abord le système peut se montrer obscur à l’utilisation, il n’en est rien. Il suffit de sélectionner un objet de notre inventaire pour y voir un engrenage apparaître. Déposez votre curseur sur celui-ci vous donnera accès à une liste de créations possibles, listant les différents objets nécessaires à sa réalisation.

The Descent

Lors de votre exploration de l’île, vous ne manquerez pas de tomber sur plusieurs points d’intérêt. Certains seront des campements appartenant aux habitants de l’île, décorés à l’aide des cadavres des passagers du vol. Autant vous prévenir tout de suite, les autochtones ont une vision de la décoration bien à eux…
Ou encore, une sombre grotte dont l’exploration ne manquera pas de vous faire frémir par son ambiance. Imaginez-vous descendre dans une excavation, uniquement guidé par la lueur de votre torche, s’amenuisant petit à petit. Plus vous descendrez, plus les souterrains se montreront hostiles, mettant en scène des situations des plus dérangeantes…

Ce n’est pas un hasard si je parle ici de mise en scène, certains membres de l’équipe d’Endnight Games proviennent du cinéma. Ce qui explique ce travail léché sur l’ambiance, les éclairages ainsi que les effets sonores qui rendent la progression si anxiogène.
Le jeu lui même s’articule autour de ce qui pourrait être un script de film d’horreur. Premièrement, il plante le décor, les autochtones représentant une sorte d’avertissement du danger qui rôde. Votre descente dans la première grotte, sera le point de non-retour confrontant le joueur à une menace qui le dépasse. Le point culminant de l’aventure est alors cet instant où vous prenez la décision de faire face aux dangers en utilisant le matériel à votre disposition pour prendre le dessus sur la menace, ce qui nous amène au dernier point, la conclusion, la fin du jeu. Sachez toutefois, qu’il existe plusieurs fins alternatives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cannibal Holocaust

Les combats sont clairement le plus gros point faible du jeu. Se résumant par un enchaînement de coups portés sur nos assaillants, à l’aide de différentes armes trouvées ou créées plus tôt, sans avoir la moindre sensation de réelle maîtrise sur la situation. On frappe, on recule, parfois on prend un coup et l’on recommence jusqu’à ce que nos opposants s’écroulent. Une fois ceux-ci à terre, il est possible de les achever d’un grand coup dans l’abdomen avant de passer au suivant.

Si le joueur survit à l’affrontement, ça sera au beau milieu des cadavres démembrés de vos assaillants tapissant le sol de la forêt.
J’ai vraiment trouvé ces moments pénibles et brouillons, particulièrement une fois les ennemis nombreux. Faisant sortir le joueur de l’immersion si bien installée, donnant l’impression d’être dans une sorte de Vermintide mal branlé. D’autres moments de combats sont également à déplorer, mais je ne préfère pas vous en parler, vous laissant au moins la surprise de la rencontre.

Robinson, Vendredi et Mercredi

En revanche, ce qui pour moi rend le jeu vraiment agréable à jouer au delà de son ambiance, c’est l’aspect coopératif. Bien que vous puissiez vivre l’aventure en solitaire, je ne saurais que vous recommander de vous y  adonner à plusieurs, ce qui rend justement les combats plus permissifs. Il est évidemment plus aisé de venir à bout d’un danger à plusieurs que seul. Il en est de même pour le crafting : en solo, construire une hutte, demandant au préalable d’abattre une vingtaine d’arbres, est tout sauf ludique. Et ça incite le survivant en herbe que vous êtes à se contenter du strict minimum. Alors qu’à plusieurs, réaliser la tâche n’en sera que plus rapide et gratifiant.

La mort elle-même n’est plus une réelle menace. Si vous mourrez, charger votre dernière sauvegarde ne sera plus nécessaire, vous reprendrez l’aventure à quelques lieues de là. Vous n’aurez plus qu’à vous rendre sur votre cadavre encore chaud pour y récupérer vos précieuses denrées.

Il est vrai que la difficulté en prend un coup. The Forest devient alors une simple randonnée entre amis psychopathes massacrant jusqu’au dernier chaque habitant de l’île croisant leur route. Mais encore une fois, ce n’est pas réellement un problème. Le sel du jeu venant de son ambiance et non de ses combats, vous ne perdrez rien de l’intérêt principal de l’aventure, au contraire.

 

Conclusion

Vous l’aurez compris, The Forest ne brille pas par ses combats. Bien que sanglant dans sa gestion des démembrements, il n’en reste pas moins une piètre expérience dans le domaine. Le jeu s’adresse avant tout à un public désireux de vivre une aventure le plongeant dans une ambiance de plus en plus sombre sublimée par une mise en scène de qualité. L’aspect coopératif étant réellement une plus value dont il serait, à mon sens, malheureux de se priver.
J’espère sincèrement que les développeurs apprendront de leurs erreurs, dans l’espoir de voir leur prochaine production plus aboutie.

 

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DrV0dka
Musicien à ses heures perdues, l’odeur de drogues et de chair fraîche l’a attiré jusqu’ici. Dernier arrivé, il espère naïvement pouvoir contribuer à Nofrag en streamant ses parties de PUBG, mais n’a encore aucune idée du cauchemar dans lequel il vient de plonger.

8 Commentaires


  1. >

    Au début, j’avais écrit “ces tarlouzes de vegan” mais dans le fond, je n’ai rien contre les joueurs de Fortnite…

  2. Toujours sympa de lire Vodka, assez distancié (aussi bien sur twich).

    C’est une re-publication? Il m’a semblé que ce test est apparue apparavant.

  3. >

    Merci merci.

    Oui c’est bien un re-publication, mon premier écrit était mauvais. Il n’aurait pas du être publié. 😉

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