Spy Party : le tour du propriétaire

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Spy Party est un jeu de stratégie – définition à débattre, lâchez-vous dans les com’ on sait que vous aimez ça – dans lequel un espion s’incruste dans une fête et doit accomplir différents objectifs. Pendant ce temps un sniper doit lui coller une balle dans la tête après l’avoir démasqué. La bêta #earlyaccess vient de débarquer sur Steam, alors allons voir ce qu’elle a dans le ventre !

Genèse, enfin presque…

J’ai rencontré la création de Chris Hecker en 2013, à l’époque le jeu comportait 3 ou 4 cartes, aucune texture si ce n’est une preview du design final et des menus plus que rudimentaires. En 2013, le jeu était en bêta (le développement a commencé en 2009), en 2018 il est en bêta early access, car, et ceci n’est que pure conjecture de ma part, faire un bon jeu prend toujours plus de temps qu’on ne le planifie jamais.

Onafaitunevidéo!Onafaitunevidéo!Onaf…

Caroline et moi avons fait une vidéo (ci-dessus) totalement à l’arrache improvisée en complément de cette preview, dans laquelle on présente rapidement le jeu et ensuite on joue quelques parties en spy et en sniper. En effet le jeu est assez difficile à appréhender uniquement avec des screenshots et même en voyant les vidéos, un cap restera à franchir pour vous habituer aux contrôles quand vous y jouerez. Donc l’idée était de venir compléter cette preview par quelques images animées et quelques commentaires plus ou moins réussis.
Petit erratum : je dis dans la vidéo que le jeu coûtait 23 euros lors de son passage en bêta, en fait il ne coûtait que 15 dollars, le prix a donc augmenté avec la sortie Steam.

En 5 ans, tout a été amélioré sans que la formule ne change, au lancement du jeu d’abord, on a droit a un beau menu, dans lequel on peut maintenant accéder au lobby qui lui n’a pas bougé, au mode « practice », aux options (voir encadré) et enfin, nouveauté, aux tutoriels. Là petit aparté : tout nouveau joueur de Spy Party DOIT faire les tutoriels, car non seulement ils expliquent le gameplay sniper et le gameplay spy, mais surtout ils offrent tout un tas de conseils, sur les déplacements, la manière de scruter l’environnement, d’attendre le bon moment, où encore les forces et faiblesses des différentes actions qu’on peut faire. Ça n’a l’air de rien mais tous ces trucs mis bout à bout vous permettront de manière très simple d’engager vos premières parties avec des chances raisonnables de vaincre votre adversaire.

Techniquement le jeu tourne bien, les contrôles sont précis et le style graphique à la fois élégant et sobre convient parfaitement à l’ambiance. Seul le son reste relativement minimaliste, des « bips » dans les menus. On ne trouve en jeu que ce qui est nécessaire : le brouhaha des conversations, des différentes actions et le bruit du décompte. Ceci dit, il n’est pas vraiment sûr à ce stade que l’ajout de musiques ou d’autres sons d’ambiances amélioreraient réellement la formule.

Gameplay asymétrique qu’on te dit

Le sniper est une caméra fixée sur un rail, dont l’angle de vue est matérialisé par une simple mire laser rouge. Vous pouvez donc vous déplacer de droite à gauche autour de la zone de jeu, qui peut être un bar, un appartement, une terrasse, une statue dans un parc, etc. Vous pouvez zoomer, et, bien sur, enlever la sécurité de votre arme afin de faire un beau headshot sur un espion démasqué. En sus vous disposez de la liste des personnages qui prennent part à la fête, cela vous permet de mettre en lumière vos suspects et de griser ceux qui vous paraissent clean.
Le spy peut, lui, se déplacer librement parmi les convives pour se faire passer pour une IA. Des zones au sol délimitent les espaces de discussion ou d’interactions avec le décor, ainsi quand le spy s’arrête dessus, il prend automatiquement la bonne position. Les actions du spy sont contextuelles. Vous ne pourrez placer un micro sur l’ambassadeur que si vous êtes près de lui et du bon côté (même si parait-il qu’on peut le faire en marchant). Vous ne pourrez prendre une statue que si vous être au bon endroit, etc.

Pour couronner le tout le spy doit faire ses missions en temps limité, et même si vous pouvez rajouter du temps au compteur en regardant votre montre à une fenêtre, cette action vous expose tellement qu’elle sera à utiliser avec parcimonie.

On est donc en plein jeu du chat et de la souris et ça marche foutrement bien ! La moindre erreur du spy le met en danger, le compteur défile, augmentant graduellement la pression. Il faut garder la tête froide et essayer de profiter à mort de chaque opportunité. Il faut aussi avoir un peu de bol, certaines missions vous obligeant à discuter avec des pnjs, on peut se retrouver à passer de longues secondes à leur courir après en priant que le sniper ne se rende compte de rien.
Pour le sniper il ne faut, bien sur, pas se tromper de cible (tuer les civils c’est pas joli-joli) ou bien prendre le risque d’attendre la fin du décompte et laisser le spy mariner dans le guacamole jusqu’au bout. Le spy voyant votre mire, sait où vous regardez et si vous passez votre temps sur lui il y a de fortes chances que ça le ralentisse, vous pouvez aussi détourner le regard pour l’inciter à commettre une faute qui vous apportera la confirmation dont vous avez besoin.
Une fois une partie lancée avec un joueur de votre niveau, via le lobby, vous serez incité à continuer à jouer ensemble, passant alternativement de spy à sniper. Le mind-game se développant d’autant plus au fur et a mesure des parties : untel aime bien ajouter du temps, un autre se rue sur les statues au début, etc. Il est particulièrement plaisant de discuter avec son adversaire entre les parties afin de comprendre comment il vous a découvert, quelle erreur l’a vendu à vos yeux ou à l’inverse recevoir ou donner des félicitations pour une victoire.

 

Du skill et rien que du skill mes amis !

Options et claviers

Les options du jeu sont relativement complètes et le jeu n’est pas gourmand en ressources. Il se paye même le luxe de vous laisser dynamiquement choisir votre résolution et la conserve ensuite. Mais une chose qui n’a pas changé depuis 2013 est qu’on ne peut toujours pas rebinder les touches du clavier. Et moi, pauvre français avec mon clavier azerty, comment je fais ?
Qu’à cela ne tienne, le readme explique comment modifier les contrôles et cela demande notamment de connaître les correspondances ascii des touches… Et oui !
Donc pour pouvoir se déplacer avec ZQSD et leaner avec A et E, il faut ouvrir le fichier « SpyParty.prop » qui se trouve dans : « C:\Users\« VotreNomd’User »\AppData\Local\SpyParty »
Là-dedans il faut copier-coller ceci :
group controls =
{
int print_vkeys = 0
int key_forward = 122
int key_backward = 115
int key_left = 113
int key_right = 100
int key_previous_action = 87
int key_next_action = 82
int key_normal_action = 51
int key_spy_action = 52
int key_lean_left = 97
int key_lean_right = 101
}
En faisant bien attention à l’indentation, vous êtes paré !

Je vous l’ai dit, le tutoriel est un passage obligé et vos premières parties devront se passer dans le même contexte, c’est-à-dire le mode « beginner ». Dans ce mode vous n’avez pas accès à toutes les cartes et le spy doit accomplir les 4 missions de base, à savoir : placer un mouchard sur l’ambassadeur, échanger une statue, contacter l’agent double et séduire votre cible. Parmi ces 4 missions, une vous expose beaucoup (la statue), deux partiellement (l’agent double et l’ambassadeur) et la dernière pas du tout, mais celle-ci prend le plus de temps à faire. Ainsi le mode « beginner » est équilibré en faveur du sniper, peu importe en réalité car, je vous conseille de prendre cette occasion pour entraîner vos talents d’infiltration, car il est difficile de remporter la victoire, mais pas impossible pour autant, y compris sur les cartes les plus exiguës comme High-rise.

Après vos premières victoires en spy, il sera temps de passer en « intermédiaire », où cette fois le spy choisit 3 missions à accomplir parmi un total de 7. Bien entendu, il y a fort à parier qu’il prendra les plus faciles, le sniper doit donc redoubler de vigilance : qui va souvent examiner les statues ? Qui suit l’ambassadeur ? Qui demande des verres à Toby le serveur ?

Le mode « expert » ajoutant, lui, des tests types QTE pour réussir certaines actions, ce qui parachève de rendre le jeu infernal pour le spy, il faut le reconnaître. Heureusement certaines cartes laissent des angles morts, enlevant un peu de l’omniscience du sniper. De plus, comme c’est au spy que revient le droit de choisir le setup de la partie (carte, difficulté, son personnage, etc), il peut être un vrai choix stratégique que de pick tel ou tel personnage ou une carte plutôt qu’une autre.

Comme vous le voyez Chris Hecker a surtout passé ces dernières années à polir la courbe d’apprentissage et l’équilibrage de Spy Party. Et cela se traduit d’une manière très simple : si vous essayez une difficulté trop haute pour vous, vous aurez vos chances bien sûr, mais si l’adversaire est habitué à ce niveau de difficulté, il est presque sûr qu’il survolera rapidement les parties. Retourner dans le mode « practice » afin de tester certaines situations sera peut-être indispensable pour progresser, si bien sûr devenir addict à ce genre de jeu vous intéresse. On pourrait signaler l’absence d’IA pour s’entraîner, mais ce choix est pour l’instant totalement assumé et effectif, preuve qu’avec un bon tuto d’une demi-heure, on peut sans rougir aller se confronter à d’autres joueurs dans un jeu fait exclusivement pour ça.

Et la suite ?

Un gameplay solide c’est déjà une putain de réussite (ne mâchons pas nos mots), mais vous aurez peut-être l’impression en lisant cette preview que le jeu est quasiment terminé et que le statut d’early access ressemble un peu à du bullshit marketing étant donné que le jeu est dispo en bêta depuis des lustres. C’est tout à fait le cas, pour autant le travail reste conséquent. Le lobby est à refaire, je soupçonne même qu’il soit entièrement à recoder from scratch étant donné que l’ajout des menus n’a pas entraîné sa refonte. Certaines explications sur les missions, ainsi que les fiches des personnages sont manquantes, elles permettront de donner un peu plus de corps à tout ça. Je les imagine écrites avec un peu d’humour sans essayer d’aller jusqu’à insérer à la truelle un scénario qui viendrait gâcher le pur game design dont on a la démonstration ici. D’autres modes de jeu sont aussi prévus, on ne sait pas quand ils arriveront, ni ce qu’ils contiendront à l’heure où j’écris ces lignes. Enfin quelques bricoles et détails restent à peaufiner, par exemple la prise en charge des id steam pour les neuneus qui n’utilisent pas le launcher du jeu.

 

Spy Party est toujours en bêta, mais c’est déjà un jeu de versus 1v1 très complet. Il est, en l’état, tout à fait prêt pour de la compétition. C’est un jeu exigeant et profond qui se laisse découvrir petit à petit, chacun pouvant aller à son rythme. On lui souhaite donc de ne pas être boudé par les joueurs.

 

Spy Party coûte 23 euros sur Steam et 25 dollars sur le Site Officiel.

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