Il faut se rendre à l’évidence, les deux premiers DLC de Wolfenstein 2 longeaient dangereusement la frontière entre “inintéressant” et “escroquerie”. Et, on ne va pas se le cacher, ce troisième épisode des Freedom Chronicles n’est pas meilleur. Je ne sais pas si c’est par manque d’inspiration et d’ambition ou tout simplement à cause d’un manque de moyens alloués au projet mais les développeurs semblent avoir choisi la voie de la facilité pour ces extensions payantes. Alors j’ai décidé de faire comme eux, c’est à dire sortir la photocopieuse et de me contenter de copier-coller mes tests précédents, en changeant toutefois quelques détails.

Le mois dernier était publié le test du deuxième épisode des Freedom Chronicles, l’ensemble de DLC sorti pour Wolfenstein 2 : The New Colossus. Celui-ci nous mettait dans la peau de l’agent Silent Death et nous permettait de tuer discrètement du SS à coup de surin, le tout dans des environnements fleurant fort le déjà vu : en gros, c’était pas terrible. Aujourd’hui, le troisième et ultime DLC est disponible, proposant au joueur de monter sur des échasses mécaniques. La possibilité de faire preuve de plus de hauteur saura-t-elle titiller notre cerveau reptilien de joueur de FPS ? Pourrons-nous ressentir autant de plaisir perché en haut d’un promontoire que les pieds bien ancrés dans le plancher des vaches ? Les nuques de nazis sauront-elles résister au torticolis qu’implique le fait de regarder son adversaire pendu au plafond ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir dans ce test.

The Freedom Chronicles Épisode 3 : Les Exploits du Capitaine Wilkins

Une partie de jambes en l’air

Les trois étapes de la découverte des DLC de Wolfenstein 2

Cet épisode 3 des Freedom Chronicles nous projette dans la peau de Gerald Wilkins, ex-marine américain devenu résistant lorsque les forces nazies se sont emparées des États-Unis. Enfin, je devrais plutôt dire “était un résistant” car le Capitaine Wilkins, au chômage technique suite au décès du reste des membres de sa cellule, est en planque… Jusqu’au jour où il reçoit un mystérieux appel contenant les informations nécessaires pour accomplir une mission impliquant la destruction d’un gros canon ainsi que la mort de nombreux nazis, ce qui tombe bien car cela rentre parfaitement dans son domaine d’expertise. Voilà pour le scénario raconté à nouveau sous la forme de comics vintages à peine animés et qui n’a, comme pour le DLC précédent, ni intérêt, ni profondeur, ni même la volonté de proposer autre chose qu’une vague excuse pour lier trois niveaux qui n’auraient sans ça rien à voir les uns avec les autres. Pour le pinacle narratif, on repassera une prochaine fois.

Comme je l’ai expliqué dans l’introduction du test, ce troisième DLC propose un gameplay radicalement différent du précédent : si dans Les Carnets de l’Agent Silent Death nous incarnions une meurtrière silencieuse, dotée de la faculté de s’infiltrer dans les passages les plus exigus, ici notre personnage est non seulement moins frêle mais aussi doté d’une paire d’échasses mécaniques lui permettant d’accéder à des plateformes en hauteur. Exit donc l’infiltration forcée, bienvenue à un gameplay des plus classiques : avec ses facultés moyennes et son gadget somme toute anecdotique – à part pour courir plus vite, ce dernier n’est pas vraiment exploité en combat et ne sert globalement qu’à atteindre des conduits d’aération situés en hauteur afin de continuer la visite du niveau – le Capitaine Wilkins n’a pas vraiment de truc à lui, contrairement aux héros des deux premiers DLC qui changeaient radicalement l’orientation du jeu de part leurs aptitudes. Le joueur retrouve alors le schéma d’action habituel des Wolfenstein, à savoir le triptyque repérage des lieux – assassinat des lieutenants – massacre des soldats restants mélangeant des bastons frénétiques avec une pointe d’infiltration peu développée.

 

 

Tout ce qu’il y a dans cette extension, vous l’avez déjà vu avant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette extension reprend donc les exactes mêmes phases de gameplay que dans le jeu original, avec tout ce que cela implique de points positifs et négatifs. Les ennemis s’éparpillent toujours en morceaux façon puzzle tandis que les membres, murs et autres objets décoratifs marqués de la croix gammée voltigent dans tous les sens sous le déluge de plombs, conséquences inévitables de l’utilisation d’un akimbo de fusils à pompe automatiques, causant une certaine satisfaction. Cependant, on retrouve toujours les mêmes travers. Le jeu statique est à nouveau favorisé, forçant le joueur à passer de cachette en cachette plutôt qu’à rester en mouvement constant. De leur côté les nazis sont dotés d’une IA complètement débile, mettant par exemple 20 secondes à s’apercevoir que le collègue de devant est l’heureux gagnant d’une trépanation surprise – quand ils ne se contentent pas de tenter une manœuvre de contournement en fonçant tête baissée sur nos canons de DCA portatifs… De manière générale, le DLC est beaucoup trop facile, même en difficulté supérieure et c’est vraiment dommage. Entre la stupidité des adversaires, la létalité de notre armement et la profusion de munitions on ne ressent jamais le moindre challenge.

Seulement, si les combats restent jouissifs pour ceux qui auraient su savourer ceux du jeu de base en dépit de leurs défauts, difficile d’apprécier ces maps qui ne sont que des resucées à peine réaménagées de niveaux du jeu original. On se plaignait déjà du manque d’inspiration de Wolfenstein 2, mais là on tourne carrément en rond : vous reprendrez bien un peu d’entrepôts grisâtres accompagnés de corridors grisâtres et d’escalier métalliques grisâtres ? Il n’y a même pas la moindre scène marquante dans l’intégralité du DLC qui pèche aussi réellement par son contenu : en effet, cet épisode est composé de trois niveaux, chacun se parcourant en un peu moins d’une demie-heure en prenant son temps, ce qui est franchement très léger. Cette très courte durée de vie est d’autant plus ridicule que tout ce qu’il y a dans cette extension, que ce soit au niveau des décors, des armes ou des ennemis, vous l’avez déjà vu avant. Je ne vois pas comment justifier le temps écoulé entre la sortie du jeu et celle de ce Freedom Chronicles #3 vu le peu de travail qu’on peut y trouver.

 

Copie blanche

Pas vraiment intéressant dans sa proposition de gameplay et également beaucoup trop court et réchauffé pour être honnête à un tarif aussi élevé, il est difficile de conseiller Les Exploits du Capitaine Wilkins à d’autres personnes qu’aux fans de Wolfenstein 2 ayant trop d’argent. En effet, à plus d’un euros pour dix minutes de jeu, ça fait cher le copié-collé sans ambition.

 


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