La franchise Dishonored est une série qui me parle. Pas simplement par chauvinisme, tout dedans me titille : sa direction artistique, sa bande-son, ses personnages, son ambiance, son gameplay, etc. Les aventures de Corvo, Emily (et Billie Lurk dans notre cas) ont ce goût d’œuvre complète, une sensation que j’ai du mal à retrouver dans d’autres jeux. J’aurais tendance à lui reprocher une IA pas toujours très fine et le besoin impératif de s’imposer des règles pour profiter d’une expérience prenante, mais la totalité de Dishonored fonctionne terriblement bien et tout s’accorde sans grand faux pas.

J’ai personnellement fait chacun des Dishonored en Non-Lethal Ghost. C’était la seule contrainte que je m’imposais, avec l’utilisation exclusive de certains sorts comme le Blink et les améliorations des capacités acrobatiques, voire aucun pouvoir en refusant la marque de l’Outsider dans Dishonored 2. Bien sûr, le jeu propose des tonnes de possibilités et voir ce qu’il est possible de réaliser avec le sort Domino du second opus, par exemple, laisse rêveur. Cependant, j’ai toujours eu l’impression que Dishonored avait tendance à favoriser davantage la furtivité et la non-violence, d’où mes contraintes imposées… et ma (très) légère déception quant à ce dernier opus, Death of the Outsider.

Plus vite, plus fort.

Pour les deux du fond qui n’ont toujours pas posé leurs chastes mains sur la série d’Arkane, on peut la résumer comme un jeu d’infiltration et d’action à la première personne. Dans ce dernier opus, on joue Billie Lurk qui part à la recherche de son ancien mentor à Karnaca. Une fois sauf, ce dernier la charge d’accomplir un dernier assassinat : celui de l’Outsider.

Cela semble léger vu comme ça, mais c’est finalement amplement suffisant.

Bien que la VF soit de bonne facture, j’ai préféré joué avec le doublage anglais : Billie est doublée par Rosario Dawson pour qui j’ai beaucoup de sympathie et d’amour.

Je pourrais vous copier-coller sans honte les impressions d’un autre testeur pour parler du gameplay : c’est Dishonored et plus particulièrement, un épisode 2.5. On sent dans Death of the Outsider qu’il a été pensé comme un DLC avant de bénéficier d’un traitement stand-alone. DotO est un peu un Dishonored à moitié prix : vous aurez cinq chapitres au lieu de dix, six heures de jeu au lieu de douze. Cependant, ce constat n’empêche pas que, comme les autres opus, la qualité du titre soit au rendez-vous. Si vous êtes un ancien joueur, vous ne serez pas perdu. Cependant, si vous voulez découvrir la série, préférez commencer par un ancien épisode.

Toutes les mécaniques sont présentes et le seul point que l’on pourrait soulever est qu’il semble manquer des compétences. L’ancienne partenaire de Daud, Billie Lurk, ne possède que trois sorts comparés aux dizaines des autres opus. Cependant, au lieu de les débloquer au fur et à mesure, tout est donné directement au joueur. De fait, on est dès le départ encouragé à expérimenter et à faire ce que l’on veut ou imagine. Plus de problèmes de mana non plus, Billie régénère l’énergie du Vide automatiquement et entièrement. Toute cette liberté offerte est bonne à prendre et là encore, il ne reste que vos propres contraintes pour ajuster votre expérience.

Ces « nouveaux » sorts sont très sympathiques à utiliser, les synergies fonctionnent bien et le sentiment de puissance n’est pas trop présent. Les limites se font sentir : on ne peut pas abuser des sorts et utiliser une potion de mana pour remplir sa jauge et continuer lancer ses sorts sans arrêt. Le sort Transfert fonctionne comme le Blink mais en deux phases, Semblance permet de voler le visage d’un personnage pour se déplacer incognito et Prescience permet d’user de son corps astral pour faire de la reconnaissance et planifier son infiltration, tout en permettant de marquer ennemis et points d’intérêt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’espère que vous n’avez rien contre le recyclage.

 

 

 

 

 

Le level-design est toujours aussi ouvert et un bon nombre d’objectifs secondaires sont là pour encourager le joueur à ne pas se jeter sur le marqueur d’objectif (que vous pouvez enlever si cela vous empêche de fouiller une carte de fond en comble). Évidemment, certains chemins sont plus simples que d’autres et là encore, on en revient au besoin de s’imposer des contraintes pour ajuster votre expérience pour qu’elle vous convienne.

Erreurs de jugement

Chaque chapitre possède son lot d’objectif secondaire pour se faire de l’argent de poche.

Au cas où vous n’auriez pas lu le titre du jeu, vous serez ravi d’apprendre qu’il comporte un énorme spoiler : Billie Lurk doit tuer l’Outsider, entité mystérieuse et omnisciente qui ne confère des pouvoirs surhumains qu’à très peu d’élus et dont les motivations sont plus que nébuleuses. L’Outsider est le visage de Dishonored et ce grand final compte bien lever le voile sur les origines du beau garçon pour qui semble faire craquer Mamie Chiffon.

Je ne suis personnellement pas très emballé par ce choix narratif. J’aime l’Outsider pour son côté très froid et distant et la quête de Billie a plutôt pour effet de l’humaniser et en même temps, ne donne ni raison ni motivation à ses actes durant la série. Si l’on comprend le pari qu’il fait en donnant une part de ses pouvoirs à l’assassin repenti, on ne sait pas pourquoi il a donné sa marque aux autres personnages et pour un épisode qui veut éclairer certaines zones d’ombre, c’est ballot.

Cependant, ce qui m’a le plus chagriné, c’est bien sa fin expédiée et frustrante. Le dernier chapitre dirige Billie vers un portail pour rejoindre le Grand Vide, lieu étrange et sans logique dans lequel est retenu l’Outsider. Là, le joueur doit parcourir dans un sens, puis dans l’autre, un simple couloir. Autant dire qu’après s’être amusé dans Karnaca, le changement fait un peu mal. De fait, Semblance sera votre meilleur (et potentiellement seul) allié. Seulement, ce n’est pas tout : le seul choix que vous aurez à faire concernera l’Outsider. Aucune autre cible n’a de poids scénaristique, aucune vie n’est importante, vous pouvez faire ce que vous voulez, la fin se décidera dans les cinq dernières minutes du jeu, pour en plus ne proposer qu’une cutscene rapide qui ne clôt que l’histoire de l’Outsider.

 

 

Il est temps de se dire adieu

Si l’exécution est aussi efficace que pour les anciens opus, je ne peux pas m’empêcher d’être légèrement déçu du final censé clore une série. Peut être est-ce parce que je commence à en avoir assez de Dishonored et que j’aimerais voir Arkane proposer un nouvel univers, la corde commençant à être un peu trop usée. Tout est là pourtant : le chara-design brut, les environnements riches de Karnaca, la bande-son, le gameplay… mais c’est sur un soupir fatigué que je quitte Billie et Dishonored : Death of the Outside.

 

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