Dans La Suggestion de la Semaine, on fourre notre bras au fond du tiroir de la rédaction pour vous conseiller des bidules et des machins susceptibles d’attiser votre curiosité et de vous donner de quoi avoir l’air intéressant devant vos amis à l’apéro.

Jeux, films, documentaires ou œuvres plus obscures, c’est ici qu’on pourra se permettre de parler d’autre chose que des FPS, en attendant la nouvelle version du site où on fera des vidéos commentées sur les jeux Nintendo et où Squeezie sera invité dans nos locaux pour inaugurer notre rachat par Bolloré®.


Il y a peu, je me suis enfin fait Lastman, la série animée (française) prologue à la série de bande dessinées (française) des petits surdoués Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville. Inspiré par tout un tas de genres, d’œuvres et d’arts différents, Lastman peut être considéré comme un ovni face aux productions plus sages auquel on est habitué.

http://www.youtube.com/watch?v=u2zi65a
[–SUITE–] Lastman met à l’honneur Richard Aldana, un mec un peu loser avec un don pour la boxe mais feignant comme peu savent l’être, qui se retrouve embarqué dans un combat contre des entités millénaires et démoniaques pour protéger la fille adoptive de son coach. L’histoire n’a par l’air particulièrement vendeuse dit comme ça, mais résumer Lastman est complexe justement à cause du fait qu’elle touche a tout et qu’elle s’oriente très vite dans une direction auquel on ne s’attend pas si l’on ne connait pas l’univers.

Lastman est une série adulte comme il est très difficile (voir impossible) de produire en France. Les personnages n’hésitent pas à jurer comme des charretiers, mais c’est surtout par son ton et ses thèmes que Lastman montre toute sa maturité. La ville de Richard, Paxtown, est une de ces mégapoles corrompues avec son lot de personnages cinglés, ses mafias et ses laissés pour comptes. Ajoutez par dessus, cet couche de mysticisme et de complots fomentés par des créatures mythiques et la série devient un patchwork de genres et de tons assez uniques.


Lastman a d’abord commencé comme une série de bande dessinée diffusée gratuitement sur Internet à coup de vingts planches par semaines (puis éditée chez Casterman). Elle a fini par se faire un nom chez les amateurs de mangas, habitués de cette méthode de diffusion et le prologue animé a été mis en chantier avant d’être flingué en pleine production “parce qu’il n’y a pas de place pour l’animation adulte en France”. Loin d’être découragé, ils ont fait appel à Kickstarter pour réunir les fonds pour produire les douzes épisodes qu’il restait.

Mission accomplie, la série animée Lastman a été terminée et a été diffusée sur France 4, mais après 22h45 à cause de son interdiction aux moins de 12 ans et 16 ans selon les épisodes. Pour la visionner, il faudra se tourner vers les replays sur le site de France 4, il n’y a pour l’instant pas de versions physiques.

Visuellement, Lastman est simple, misant sur certains plans statiques pour des raisons d’économie de moyens. Mais elle sait aussi se faire plus nerveuse et impressionnante quand il le faut. Loin de ressembler à une production fauchée, la série montre tout le talent de son équipe et le génie de ses créateurs. La bande son n’est pas en reste non plus, elle colle tout particulièrement bien aux situations et souligne cette ambiance années 80 aux relents d’actioners.

Je ne saurai que trop vous recommander d’y jeter un oeil, déjà parce que c’est une production française destinée aux adultes susceptible de faire taire tous ceux qui pensent qu’il n’y a ni le public ni les moyens de le faire. Mais surtout parce que c’est une série de grande qualité, avec des personnages très bien écrits et attachants et un ton que l’on ne retrouve nul part. Les épisodes sont courts mais intenses avec leurs durée de 12 minutes. Le rythme est soutenu et je me suis surpris à me faire la série en une après-midi.

Si vous voulez lire la bande dessinée, celle-ci est toujours en cours, la seconde partie devrait comporter six tomes (comme la première). Enfin, si vous êtes amateurs de bastons et de couch-gaming, le jeu Last Fight est disponible sur Steam (il est même d’ailleurs à 5 dollars chez Chrono.gg pour quelques heures encore).

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Masiko
On a rencontré Masiko alors qu'il était en train d'insulter des fans de Blizzard sortant d'un Mcdonald. Son accent chantant mêlé aux injures qu'il proférait lui ont tout de suite donné un air sympathique. Mais sous cette joviale façade, une envie le rongeait, il voulait faire fructifier son amour pour Duke Nukem 3D et avouer au grand jour sa FPSosexualité. C'est donc naturellement qu'il est venu rejoindre l'équipe de NoFrag.