Pour lire nos précédents bilans, rendez-vous en 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012 et 2013 et 2014.


Beaucoup plus de FPS, mais pas forcément beaucoup plus de bons jeux.

Ça y est, 2015 est derrière nous. Et alors que nous entamons la nouvelle année, il est temps de se salir les mains pour dresser le bilan des 12 derniers mois en matière de FPS. La formule a légèrement changé depuis 2014, puisqu’il devient de plus en plus compliqué (voire carrément impossible) d’énumérer la totalité des FPS sortis cette année, avec la démocratisation des Accès Anticipé et la multiplication des projets Kickstarter. Malgré tout, l’année 2015 semble un peu moins pourrie que la précédente.

Dans cette première partie du Bilan 2015 des FPS, on ne s’attaque qu’aux jeux sortis en version finale durant l’année. Les autres (annoncés ou en Accès Anticipé depuis trouze ans) font l’objet d’un second article : Les FPS à venir en 2016 (et après).

[–SUITE–] Regrouper les FPS sortis cette année dans différentes catégories n’était pas chose aisée, en raison d’un nombre important de titres qui auraient pu se trouver dans deux catégories en même temps et d’un nombre de sorties bien supérieur à l’an passé. On a toutefois retenu :

  • 4 FPS sans danger, qui sortent du lot.
  • L’important, c’est de participer : 5 FPS qui nous ont un peu marqués.
  • 5 FPS à éventuellement acheter en soldes si vous avez de l’argent à dépenser.
  • Le fond du bac jeu vidéo de Lidl et ses 7 FPS à offrir aux autres plutôt qu’à soi-même.
  • 7 (parmi une cinquantaine) étrons du FPS moderne soigneusement ramassés par la pelle à merde de la rédaction.

Les FPS sans danger

  • Rainbow Six : Siege : Certainement le seul excellent FPS de cette année. Si on oublie les énormes problèmes techniques (encore présents et très handicapants à l’heure d’écriture de ces lignes), c’est un FPS tactique compétitif intelligent qui a de quoi vous voler plusieurs centaines d’heures. Il finira malheureusement saboté par l’incompétence d’Ubisoft si les soucis (netcode, serveurs et matchmaking pétés) persistent.
  • Warhammer : End Times – Vermintide : Fatshark, c’est l’histoire d’un studio qui n’a pas d’idées et qui reprend les recettes des autres pour les arranger à leur sauce. Et ça marche à chaque fois, comme Lead & Gold ou War of the Roses. Il leur manque juste l’éclair de génie qui pourrait faire de leurs jeux des incontournables, à l’image de ce Vermintide qui n’est rien de moins qu’un Left 4 Dead dans l’univers Warhammer. Il reste cependant excellent à plusieurs.
  • Halo 5 : Guardians : Un mode solo clairement dispensable (autant acheter un bouquin Halo, l’IA sera meilleure) mais un multijoueur soigné, pour un FPS d’un niveau bien supérieur à celui de Halo 4 (pas très compliqué, me direz-vous). Le mode Warzone sauve un peu la mise. Vous ne prendrez pas prendre trop de risques en passant à la caisse, mais prévoyez du gel hydro-alcoolique pour vous nettoyer les mains après avoir touché à un FPS à la manette.
  • SOMA : Un jeu horrifique en vue à la première personne (pas de grosses fusillades à prévoir) qui se concentre d’avantage sur l’ambiance et le scénario plutôt que les screamers de série Z. Décrié parce qu’il ferait moins peur qu’Amnesia, il a pourtant bien plu à Kip qui l’a essayé sous mescaline. “C’est pour décupler les sensations, mec, c’est trop ouf”, scandait-il alors qu’il parlait avec les chaises et les objets. Je crois même que son écran était éteint.

L’important, c’est de participer

  • Star Wars : Battlefront : Vous invitez des copains à l’appart et vous voulez leur montrer que vous êtes trop un G33K avec votre nouveau combo PS4 + écran plat ? Star Wars : Battlefront est parfait pour ça. Un jeu très agréable à l’oeil mais un gameplay qui sonne creux au bout de quelques heures. Le minimum syndical du FPS multijoueur.
  • Battlefield : Hardline : Après un Battlefied 4 qui recyclait le contenu de son prédécesseur, Battlefield Hardline réussit l’exploit d’être encore moins intéressant. Le principe de Flics VS Voleurs est mal exploité, ce qui donne justement l’impression de jouer…à un nouveau Battlefield loin d’être inoubliable.
  • Dying Light : Si vous avez envie de grimper sur les toits mais que vous en avez marre de jouer un Assassin ou d’attendre Mirror’s Edge 2, c’est bien marrant entre amis. Mais un peu déprimant tout seul.
  • Fallout 4 : Fallout n’a jamais été une série de bons FPS (et n’en était même pas un à la base), et Fallout 4 le prouve à nouveau. Une fois passée la hype de sortie, Fallout 4 est “juste” un très bon RPG (le plaisir de l’exploration l’emporte sur le développement du personnage très anecdotique) signé Bethesda, avec son univers riche, ses myriades de quêtes et ses bugs omniprésents. Petite valeur ajoutée : le chien.
  • Call of Duty : Black Ops 3 : Un Call of Duty aussi prévisible que le précédent et le suivant. Il reste toutefois le meilleur épisode sorti depuis Black Ops 2, notamment grâce à une quantité ahurissante de contenu et un système de déplacement qui fonctionne très bien. Pas foufou, mais à essayer avant qu’il ne se fasse rouler dessus par le marketing agressif d’Activision qui prépare déjà le treizième épisode de la série.

Pourquoi pas en soldes

  • Wolfenstein : The Old Blood : Vous avez joué à Wolfenstein : The New Order ? A part deux mots qui changent dans le titre et une duréede vie plus honnête, c’est sensiblement le même jeu.
  • Evolve : Evolve, c’est un peu l’éjaculateur précoce de cette année. Après avoir tout lâché dans les premières semaines, il s’est fait quasiment déserter deux mois après sa sortie. Si vous le trouvez à une dizaine d’euros, il pourrait faire passer deux ou trois soirées sympa à vous et 4 potes, avant que vous ne passiez à autre chose. L’obsolescence programmée du jeu vidéo.
  • The Magic Circle : Un jeu d’aventure très meta, où on incarne le héros d’un jeu non terminé. Les développeurs se pointent parfois en jeu pour s’engueuler et modifier le décor, les personnages et les dialogues au fur et à mesure que vous avancez. Si vous aimez les FPS tranquilles et les blagues, ça se tente.
  • Verdun : Avec la quantité de FPS futuristes qui sortent aujourd’hui, il peut être agréable de revenir à la Première Guerre Mondiale, assez peu traitée dans le jeu vidéo. Verdun a une ambiance soignée, juste ce qu’il faut d’esprit tactique et beaucoup d’idées intéressantes. Il ne manque plus qu’un (assez gros) détail : les joueurs.
  • Cradle : Un très bon jeu à ranger dans la jeune catégorie des “simulateurs de marche”, qui a en plus le mérite d’avoir un cadre assez peu commun, une steppe mongole. Ambiance et musiques au poil, mais un scénario qui part dans tous les sens pour une fin un peu gâchée. Cradle vous laissera certainement un arrière-goût d’incomplétude.

Le fond du bac jeu vidéo de Lidl

  • Block N Load : Voler et anéantir Ace of Spades n’a pas suffi à Jagex. Non non. Ils ont fallu qu’ils développent leur propre FPS kawaii à peine plus intéressant que Brick Force. L’avantage, c’est que c’est gratuit.
  • Sunset : Sunset, c’est développé par le mythique studio Tale of Tales, qui a déjà créé de très bons jeux bizarroïdes et/ou alternatifs. C’est aussi le jeu qui leur a fait mettre la clé sous la porte, puisqu’ils ont jugé bon de vendre un simulateur de femme de ménage ultra lent et répétitif pour une vingtaine d’euros. Tout le jeu semble bâclé, c’est dommage. Pour le même prix, essayez Gone Home.
  • Magnetic : Cage Closed : J’ai essayé ce puzzle-game par intérêt pour les jeux de réflexion qui tournent autour du magnétisme. Après quatre heures de jeu littéralement copiées/collées de Portal et des passages inutilement contraignants (une cutscene obligatoire d’une petite minute entre chaque niveau, par exemple. CHAQUE. NIVEAU.), je l’ai désinstallé.
  • ZOMBI : ZombiU sur WiiU, c’était cool. Pas la claque du siècle et encore moins le FPS de la décennie, mais la “mablette” de la console était très bien utilisée et pleinement mise à contribution. Avec la version next-gen, tout cet aspect disparaît. Et forcément, le reste n’est pas très intéressant.
  • Dispatcher : Juste des jumpscares. Mais des beaux jumpscares tournant sous l’Unreal Engine 4.
  • Kholat : Un jeu d’horreur à mi-chemin entre Dear Esther et The Vanishing of Ethan Carter. A l’instar de ces deux-là, la frontière entre “contemplation enchanteresque” et “ennui laconique” peut parfois être relativement mince. Pour Kholat, on atteint des sommets en terme d’emmerdement général.
  • In Verbis Vitrus : Effrayez vos voisins et répétez quatorze fois la même formule bizarre dans ce jeu d’aventure où vous devez crier comme un demeuré pour progreser. L’idée est bonne mais la réalisation n’est pas folle et ne comptez même pas y jouer avec le micro de votre webcam. Par contre, c’est à essayer au moins une fois (en soldes, restons raisonnables) juste pour le concept.

Les pelles à merde du FPS

  • Blue Estate : Le rail-shooter est mort depuis longtemps et aurait dû le rester.
  • The Tower : C’est moche, injouable et ça n’a récolté que 250£ sur un Kickstarter de 50 000 dollars. Libre à vous de l’acheter, mais on vous conseille plutôt de vous couper la couille droite pour une expérience moins douloureuse.
  • Pneuma : Breath of Life : Des gentils petits gars se sont dit que ce serait super de prendre le meilleur de Myst et The Talos Principle pour en extraire la quintessence et créer le puzzle-game ultime. Résultat : un jeu aussi intelligent et spirituel que l’oncle bourré des repas de famille.
  • Illuminascii : Imaginez un mode FPS pour Dwarf Fortress qui parle de la conspiration des Illuminati. Voilà, vous avez fait le tour de Illuminascii.
  • ENKI : Encore et toujours du FPS survival-horror développé à l’arrache. Quitte à entendre parler de Jésus, de religion et d’occultisme, je préfère encore discuter avec les témoins de Jéovah qui sonnent à ma porte.
  • Corpse of Discovery : L’équivalent en FPS des devoirs de philo que vous rendiez au lycée. C’était vraiment nul et chiant mais quand c’est vous qui avez sué sang et eau pour le terminer, vous êtes convaincu que ça vaut un “15/20 facile, au moins”. Puis quand les résultats tombent, “les notes en philo, c’est super subjectif de toute façon”. Un FPS à ranger avec ses copies de lycée : au grenier pour y retoucher dans 15 ans et rigoler un coup.

(et la liste pourrait continuer si on s’engouffre davantage dans le côté obscur des projets indés)

#PrayFor2016

Beaucoup plus de FPS que l’an passé (et beaucoup qu’on a préféré occulter), mais une écrasante majorité d’indés oubliables et de FPS à usage unique. L’année 2015 reste malgré tout plus intéressante que 2014, avec quelques titres passables et un seul qu’on a vraiment adoré. Triste de reconnaître que le seul excellent FPS de l’année est un jeu Ubisoft.

Le rythme de sortie (exponentiel) des jeux indés explose par contre toujours autant, et on compte sur toutes les promesses de 2016 en matière de FPS pour relever le niveau et éviter la noyade.

Note : l’article “2016 : une année de FPS à venir” paraîtra demain, plus ou moins à la même heure qu’aujourd’hui. Oui, on parlera de Dirty Bomb, Squad ou encore Escape from Tarkov. DayZ, No Man’s Sky et The Long Dark sont d’ores et déjà prévus pour le bilan 2021.