The Darkness II est un FPS développé par Digital Extremes, studio indépendant qui travaille généralement à la commande sur des projets peu glorieux comme le multi de HomeFront ou celui de Bioshock 2. Le jeu vous place dans la peau de Jackie Estacado, un caïd de la mafia habité par une entité surnaturelle lui conférant des pouvoirs démoniaques.

Bien qu’il soit disponible sur PC, The Darkness II est avant tout un titre console avec tout ce que cela implique, par exemple un FOV très étroit. Il propose une campagne solo de six heures et une petite partie coop ne durant pas plus de deux heures, le tout pour la coquette somme de 43 €. Est-ce de l’argent bien investi ? Le suspens est insoutenable :[–SUITE–]

Vous êtes une merde

Vous, Jackie Estacado, êtes un sacré de dur à cuire. En plus d’être à la tête de la mafia du coin, vous maniez parfaitement les armes à feu et vous possédez des facultés surnaturelles grâce au démon qui vous habite. Mais en vérité, vous êtes surtout un pauvre gars qui se fait manipuler par tout le monde en pleurnichant.

Par où commencer… Prenons votre copine par exemple : il s’agit de la plus grande casse-couille que la Terre ait jamais portée. Elle était capricieuse du temps où elle était en vie, mais ce n’est rien comparé à la façon dont elle vous prend la tête à présent qu’elle est morte. Sans cesse, elle vous hante, sans cesse, elle gémit, et sans cesse, vous pleurnichez en lui courant après comme un chiot docile.

Non content d’être un paillasson, Jackie est également un fieffé benêt. Tout au long du jeu, vous combattez une puissante confrérie secrète menée par un diabolique sorcier. Bien que Jackie soit à la tête de la mafia, il ne trouve rien de mieux à faire que de se jeter tout seul dans la gueule du loup. Les niveaux sont truffés de pièges plus grossiers les uns que les autres, mais comme le level designer est un troll, vous êtes obligé de tomber dedans comme un parfait nigaud.

Mais qu’importe, car grâce aux pouvoirs du Darkness, vous êtes un demi-dieu ! Pensez-vous… Le Darkness n’est ni plus ni moins que l’alter ego démoniaque de votre emmerdeuse de copine. Certes, elle vous confère des capacités surnaturelles, mais en contrepartie elle vous manipule constamment.

The Darkness II raconte comment un pauvre type hanté par sa copine décédée tente de survivre au complot d’une société secrète maléfique alors qu’un démon cherche à prendre contrôle du peu de volonté qui lui reste. C’est certainement un thème populaire, puisque de nombreux joueurs encensent le scénario de The Darkness II. Pour ma part, je l’ai trouvé un peu niais et je n’ai pris aucun plaisir à incarner une victime complètement à côté de ses pompes, tout juste capable de discerner le monde réel de l’imaginaire.

Le scénario, même s’il ne m’a pas accroché, a néanmoins le mérite d’être original et facilement compréhensible grâce à une narration très présente basée sur de nombreux dialogues et des scènes scriptées. L’histoire, le style graphique, autrement dit la réalisation artistique du titre est sans doute son plus gros point fort. La plupart des FPS proposent un monde superficiel qui sert juste de prétexte au jeu. C’est quasiment l’inverse ici où la richesse de l’univers prend le pas sur le gameplay.

Le gameplay ? Et si on en parlait ?

Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à dire sur le jeu en lui-même. The Darkness II est un FPS somme toute très classique avec un structure linéaire et des niveaux peu inspirés où les combats se suivent et se ressemblent. Entre les affrontements du début et ceux de la fin, seules la résistance des ennemis et l’efficacité de vos pouvoirs évoluent. Le maigre arsenal, disponible dès les premières minutes, est constitué de pistolets, de shotguns et de mitraillettes. Il n’y a pas de grenade, pas de RPG, pas de sniper… Et pour cause : tous les combats se déroulent à moins de 20m.

Si l’arsenal est aussi réduit, c’est sans doute parce que les développeurs se sont concentrés sur les pouvoirs du Darkness. L’un des principaux arguments de vente du jeu est le « quad wielding » qui consiste à vous servir de vos quatre membres à la fois. Ainsi, vous pouvez tirer avec deux armes en même temps, mais également saisir des objets avec un tentacule et attaquer au corps à corps avec le second. C’est amusant, mais je doute que le système fasse des émules, car il est quasiment impossible de se concentrer sur plus d’un ou deux membres à la fois. Les combats sont déjà suffisamment confus comme ça : il faut ramasser des objets, les lancer, donner des coups de tentacules, arracher les cœurs des cadavres pour récupérer de la vie, booster vos armes avec le premier pouvoir du Darkness, envoyer des nuées avec le second, tirer avec vos deux flingues, faire une mise à mort sur le gars que vous venez d’attraper, le tout dans des petits niveaux où les ennemis vous allument à bout portant.

Vidéo de gameplay PC en difficulté maximale

Et comme si ce n’était pas suffisamment chaotique comme ça, la touche permettant de vous soigner est la même que celle pour ramasser les armes. Imaginez les instants de panique où, sur le point de mourir, vous foncez sur un cadavre, mais qu’au lieu de lui arracher le cœur pour vous soigner, vous récupérez son pistolet alors que vous aviez en main un fusil d’assaut. C’est malheureusement le genre de situation qui arrive sans arrêt dans The Darkness II.

Heureusement, même en difficulté maximale, le jeu est assez facile, mais le sentiment d’incarner une créature surpuissante sans réussir à la contrôler est tout de même frustrant. On a l’impression de jouer à Guitar Hero, édition Homme Orchestre.


Merci à XoBaR pour les screenshots

Un jeu moyen, un univers au-dessus du lot

L’attrait principal de The Darkness II vient de son ambiance originale et de son univers consistant. Ce n’est pas non plus Portal, ni Bioshock, mais c’est suffisamment au-dessus du lot pour donner de l’intérêt au jeu qui, sans ça, ressemblerait à un FPS console quelconque.

The Darkness II propose une ambiance sympathique, mais n’allez pas non plus vous ruiner pour y jouer : il sera très certainement à -75% dans quelques mois ce qui fera correspondre son prix avec son contenu : une campagne solo de 6h et un coop de 2h.