Avant que Cevat Yerli commence à chialer comme une petite pétasse à cause du piratage sur PC, le PDG de Crytek avait un rêve : sortir le meilleur FPS du monde.

A l’époque, il proclamait haut et fort que pour parvenir à son but, il était hors de question de sortir son jeu sur consoles, car ça aurait nécessité trop de concessions. Quoi de plus légitime à ce que les joueurs PC s’inquiètent concernant la qualité de Crysis 2 ? [–SUITE–]

La peur change de camp !

Les fanatiques du PC feraient bien de se calmer, car si quelqu’un doit se plaindre du développement multiplateformes de Crysis 2, ce sont surtout nos amis consoleux. Crysis 2 semble avoir été conçu de façon à ce qu’il atteigne un framerate idéal de 60 images par seconde en qualité maximum sur un quadcore équipé d’une GTX 580. Autant vous dire que sur PS3 ou Xbox 360, le jeu se traine lamentablement sous les 30FPS avec des graphismes qui n’ont rien d’exceptionnels. D’ici peu, ce seront les joueurs sur consoles qui trembleront lorsqu’un développeur annoncera un jeu sortant également sur PC. D’ailleurs, aux vues les vidéos de Battlefield 3, ils feraient bien de commencer à s’inquiéter…

Sur PC, Crysis 2 est absolument superbe. Les textures auraient pu être un peu plus fines, mais le jeu n’aurait alors pas été aussi fluide et on ne peut que saluer la décision de Crytek qui a fait le bon choix : les graphismes de Crysis 2 ne sont peut-être pas aussi impressionnants que ceux de son ancêtre, mais ils sont beaucoup plus adaptés la puissance de nos PC. Et quand je dis que le jeu est moins beau que Crysis 1, ça reste encore à prouver. Ce qui est sûr, c’est que les environnements sont bien plus diversifiés et méritent de faire de nombreuses pauses le temps d’admirer le panorama et d’apprécier l’ambiance d’un New York dévasté.

Agressivité et furtivité

La campagne solo bénéficie en effet d’une mise en scène très poussée : le scénario s’appuie sur de nombreuses scènes scriptées se déroulant dans des lieux uniques. Les vastes jungles de Crysis ont fait place à des décors beaucoup plus travaillés, mais forcément plus étriqués. Les niveaux y gagnent en personnalité, en intensité également, mais exit les balades en voitures le long de plages à perte de vue. Sans être aussi ouverts que les maps du premier épisode, les niveaux de Crysis 2 n’ont cependant rien à voir avec ceux d’un Call of Duty.

Les arènes où se déroulent les combats font souvent plus de 50m de côté et regroupent des dizaines d’ennemis très agressifs. Si vous n’exploitez pas les facultés de votre Nanosuit pour vous rendre invisible, mais également pour vous déplacer rapidement et grimper un peu partout, ils auront tôt fait de vous débusquer et de vous encercler. Certes, l’IA n’est pas parfaite et, à cause de la complexité des décors, il lui arrive de se taper la moonwalk contre un mur. On est cependant très loin du FPS moderne classique où on passe son temps à faire caca derrière une caisse en attendant que des ennemis immobiles veuillent bien exposer leurs tronches.

<div class="encadre"Tweaks : Crytek a “oublié” d’intégrer un écran pour régler les graphismes. Si vous souhaitez virer le flou de mouvement, le blur ou l’anti aliasing, vous devrez créer un fichier autoexec.cfg à la racine du jeu et y coller quelques commandes barbares. Idem pour le FOV (ne laissez surtout pas celui par défaut !) et le mouse smoothing que tout joueur un tant soit peu sérieux se pressera de désactiver.

Les adversaires sont mobiles, mais se déplacent assez lentement. Les combats nécessitent donc plus de brain que de aim : vous n’aurez aucun mal à toucher votre cible, mais vous aurez plus de difficultés à ne pas vous faire immédiatement aligner par ses petits copains qui visent très bien et dont les armes sont suffisamment pêchues pour vous transformer en maximum tartare en un clin d’œil. La difficulté “Post-Human” de Crysis 2 est plus retorse que le niveau Delta de son ancêtre, mais si vous avez un peu de jugeote et que vous gérez correctement l’invisibilité, vous ne devriez pas avoir de mal à en venir à bout. Notez que le jeu propose uniquement des points de sauvegardes automatiques. Les environnements étant plutôt ouverts, les combats durent souvent deux à trois minutes et les checkpoints sont éloignés en conséquence. Les faibles s’en lamenteront, mais il n’y a rien de tel pour créer du stress. Et très franchement, si vous jouez aux FPS pour ne pas être stressé, vous n’avez rien à faire ici.

Crysis 2 possède tout de même un petit air de CoD avec son histoire imbitable et ses scènes scriptées destinées à vous en mettre plein la vue. Certains considéreront qu’il s’agit d’un atout, d’autres se plaindront de l’abondance de dialogues et de scénarisation qui peuvent donner l’impression de suivre un film interactif. A ce propos, on déplorera l’impossibilité de passer les cinématiques : elles sont très réussies, mais on s’en passerait volontiers lorsqu’on souhaite rejouer une mission.

Les derniers niveaux sont bourrés d’aliens et de décors délirants, mais pour peu que vous ayez boosté les facultés de camouflage de votre Nanosuit, vous pourrez traverser tranquillement les deux derniers tiers du jeu en abusant de l’invisibilité. Enfin, le combat final est un modèle d’anti-climax où vous combattez quatre super-aliens aveugles et super-cons qui passent leur temps à se manger les murs. Malgré ça, la campagne se conclut en huit à douze heures sur un épilogue impressionnant et très satisfaisant, c’est suffisamment rare pour être souligné.

4 min de gameplay pour vous montrer le comportement de l’IA et
quelques-unes des possibilités tactiques qu’offre la Nanosuit

Fini de jouer, passons au multi !

Vous trouverez toujours deux ou trois siphonnés pour vanter les mérites du mode Onslaught de Crysis Wars, mais dans les faits la plupart des joueurs n’y pipaient rien et se contentaient de courir dans tous les sens tels des poulets décapités. Bref, ça ne fonctionnait pas. Crytek a donc confié à Free Radical la lourde tâche de pondre un multi que le joueur moyen serait en mesure d’apprécier. Free Radical, pour ceux qui débarquent, est l’auteur des TimeSplitters (adulés par ceux qui aiment jouer à des FPS sur PS2) et Haze (avec un H, comme Nul). Autant vous dire que ce n’était pas gagné d’avance !

Crysis 2 en multi en un clin d’oeil :

  • 16 joueurs par serveur
  • 12 cartes
  • 20 armes
  • 6 modes de jeu
  • Des dizaines de customisations pour vos armes et votre armure

La plupart des cartes sont conçues pour permettre aux joueurs expérimentés de profiter à fond de la mobilité des Nanosuits : sauter à 3m de haut, se hisser sur un toit, se laisser tomber de 5m, sprinter à 40Km/h… Une fois bien maitrisée, la Nanosuit offre une multitude d’options tactiques et peut s’adapter à tous les styles de jeu. Là encore, les combats nécessitent plus de brain que de aim. Bien que les armes soient très puissantes, vous avez généralement le temps de réagir quand vous êtes pris pour cible : activer le mode armure, sprinter, sauter, passer en vision thermique, faire une glissade, vous rendre invisible, etc. Même si à première vue le gameplay ressemble beaucoup à celui d’un CoD, il est en réalité beaucoup plus riche et offre une courbe de progression qui va bien au-delà de la simple connaissance des cartes.

Le paradis des cowboys

Conseil tactique : si vous jouez en multi, je vous conseille de faire un tour sur Segment Next qui liste tous les modules à débloquer pour la Nanosuit.

Crysis 2 n’intègre aucune interaction entre joueurs pouvant inciter au teamplay : pas de medic, pas d’ingénieur, pas de coéquipier pour distribuer des munitions… De plus, les joueurs ne respawnent pas par vague, il n’y a pas de véhicules proposant plusieurs places (il n’y en a pas du tout en fait) et la mobilité des Nanosuits fait qu’il existe très peu de choke points. Et comme la versatilité de votre armure associée à la puissance de vos armes vous permettent de vous transformer en one man army, vous n’avez quasiment aucune raison de jouer en équipe ! Ce que vous perdez en teamplay, vous le gagnez en impression de puissance : même si votre équipe se fait massacrer, ça ne vous empêche nullement de vous amuser, car votre efficacité et votre maitrise des situations de combat dépend très peu de celle des autres joueurs.

Six modes de jeu, un seul original

Si vous avez déjà joué à un FPS au cours des dix dernières années, vous ne serez pas dépaysés par les modes de jeu de Crysis 2. Je ne vous ferai pas l’injure de vous décrire le DM, le TDM, le CTF ou le Capture & Hold. Le jeu propose également une variante de CTF où une de deux équipes doit extraire deux tiques aliens (sérieusement !) de la base adverse. Dans tous les cas, les respawns sont infinis et le jeu propose de l’action bien dense.

Le mode Assaut est déjà plus original. Tout d’abord, il n’y a pas de respawn. Ensuite, les deux équipes sont asymétriques : les attaquants ont des Nanosuits et des pistolets, tandis que les défenseurs sont à poils avec des fusils d’assaut équipés de visée laser histoire qu’on puisse les voir arriver de loin. Les soldats en Nanosuit doivent s’infiltrer pour pirater des terminaux dispersés un peu partout. Le jeu ressemble à une vaste partie de cache-cache où les soldats en Nanosuits, la plupart du temps invisibles, tentent de briser la nuque de leurs adversaires à poil sans se faire avoiner en full auto.

Verdict

La campagne solo est intense, relativement longue et propose des combats bien plus intéressants que ce qu’on a l’habitude de voir actuellement. Si vous n’aimez pas les FPS solo d’action, ce n’est pas Crysis 2 qui vous fera changer d’avis, mais ça reste l’un des meilleurs des dix dernières années.

Le multi propose une bonne dose de contenu (cartes, modes de jeu et trucs à débloquer) et un gameplay assez complexe qui plaira surtout aux joueurs affectionnant l’exploit individuel. Le tout est très soigné et mérite largement qu’on y passe plusieurs dizaines d’heures.

Techniquement, on a droit à ce qui se fait de mieux depuis le premier Crysis. Le jeu est superbe et parfaitement fluide sur les PC récents, et tant pis pour les consoles qui peinent à attendre les 30 frames par secondes.

A présent, il n’y a plus qu’à espérer que Crytek nous sorte un SDK rapidement !

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Merci à Xobar, Daedalus et Naudec pour les screenshots !