Comme son aîné, Savage 2 joue dans la cour des jeux uniquement multi-joueurs : un secteur déjà bien rempli, mais dont Savage 2 se distingue facilement grâce à un gameplay atypique mélangeant FPS, TPS, RPG et RTS.

Développé par une équipe indépendante disposant d’un tout petit budget, Savage 2 n’a pas grand-chose à envier aux titres AAA. Certes, il ne propose pas de sublimes graphismes bourrés d’effets spéciaux, mais sa réalisation technique est robuste, fluide, agréable à l’oeil et offre ainsi un environnement parfaitement adapté au jeu en ligne. [–SUITE–]

La guerre des genres ? Non, l’alliance.

Savage 2 est un mélange harmonieux de tir en vue subjective, de corps à corps à la troisième personne, de RPG où l’on fait progresser son personnage, de tactique et de stratégie. Le gameplay est surprenant d’efficacité : rien n’est sous-exploité, tout est minutieusement ajusté et équilibré.

Le jeu oppose deux camps asymétriques aux compétences très variées : la Légion des hommes et la Horde des bêtes. Chaque équipe possède sept classes vaguement comparables plus un commandant qui se chargera de la tactique à l’aide d’une vue comparable à celle d’un RTS.

Chargez !

L’objectif est simple : détruire le QG adverse. Les parties se déroulent sur de grandes cartes parsemées de mines d’or. Ces filons nécessaires à la construction de votre base et à l’évolution de votre équipe seront souvent l’enjeu des combats.

Les cartes, bien qu’en extérieur, limitent les déplacements des joueurs à des routes prédéfinies : impossible de traverser une map en ligne droite, vous devrez emprunter de (très) larges vallées qui relient les principaux points chauds. Plus intéressant que contraignant, ce système favorise le jeu d’équipe et l’élaboration de stratégies.

En visitant les niveaux, on peut aussi croiser quelques créatures indépendantes qui défendent des lieux importants. Vous les trouverez généralement à proximité des mines et des déchirures. Les déchirures sont des lieux où il est possible d’ouvrir un passage vers les Enfers : pour contrôler une créature démoniaque, votre commandant devra construire un autel sur une déchirure où vous pourrez alors déposer en offrande les âmes de vos ennemis tombés au combat.

Pendant la guerre des ressources, l’initiative est souvent la clé du succès. Les commandants devront parfois choisir entre un avant-poste bien placé ou des bâtiments permettant de créer de nouvelles unités. La force brute ne suffit pas toujours. Une bonne initiative stratégique menée avec finesse peut rapidement faire basculer l’issue de la guerre.

Quelque soit votre rôle, que vous jouiez spadassin, soigneur, constructeur ou commandant, vous sentirez immédiatement l’influence de votre jeu sur les autres joueurs : c’est à la fois très gratifiant et ça encourage à travailler en équipe.

Quand les fers se croisent et que les projectiles se taisent

Les combats de Savage 2 ont un aspect très napoléonien : les affrontement débutent généralement à distance où chaque équipe tente d’affaiblir l’adversaire en lui tirant dessus et s’achèvent par une charge sanglante au corps à corps.

Les Légions humaines utilisent des armes à feu, des arcs ou des grenades alchimiques, tandis que les Hordes bestiales lancent des décharges électriques, des boules de feu ou usent de glandes empoisonnées. La variété des dommages que vous infligez à l’adversaire joue un rôle déterminant lors des combats à distance. Un joueur que vous enflammez peut être tenté de quitter son rang pour aller chercher de l’aide, ou au contraire il se précipitera vers vous entrainant avec lui la charge ennemie, le corps à corps étant le moyen le plus efficace d’en finir.

Le système de mêlée est un peu étrange au premier abord, mais il s’avère finalement simple et bien conçu. Il offre des combats à la fois brutaux et intéressants. On est loin des jeux comme Jedi Knight où l’on a plus l’impression de danser que de taper sur la tronche de l’ennemi. Au corps à corps, vous disposez de trois actions : l’attaque, la charge et la parade.

  • L’attaque permet d’enchaîner des coups, mais elle se fait contrer par la parade.
  • La charge contre la parade, mais elle vous rend vulnérable à l’attaque.

Si votre adversaire vous contre avec l’action appropriée, vous vous retrouverez hébété pendant un court instant, lui laissant alors l’opportunité de débuter un enchaînement. A cela, il faut ajouter des compétences propres à chaque classe : backstab, attaque critique, double coups d’épées, etc. Pour sortir vainqueur, il vous faudra de bon réflexes et un excellent sens de l’anticipation.

Jouez votre rôle

Les classes et certaines de leurs compétences ne sont accessibles qu’après la construction de bâtiments. C’est donc ici que rentre en jeu le commandant. En mode stratégie, il dirige l’équipe sur les objectifs, gère les ressources, et construit les bâtiments nécessaires à l’évolution technique de son équipe.

Il dispose aussi d’une palette de sorts permettant d’aider ses troupes ou de gêner l’ennemi à l’aide de contre-sorts. Au delà du combat sur le terrain, les commandants se livrent une vraie guerre tactique au travers de leurs troupes.

Les joueurs sur le terrain sont divisés en escouades de 5 hommes dirigés par des sergents. Chaque sergent peut commander son groupe avec un système de balise et placer des portails qui s’utilisent comme des points de respawn. Ces portails sont très pratiques, mais aussi très vulnérables : d’une part l’ennemi peut les détruire, mais en plus ils disparaissent dès que le sergent est éliminé. Un chef de squad doit donc agir avec finesse s’il souhaite tirer profit de ses avantages.

Les joueurs peuvent changer de classes à tout moment en entrant dans un avant-poste. Même si une classe légère est moins agressive qu’une classe combattante, un constructeur peut tenir tête à un guerrier ou même infliger des dommages à un bâtiment. Le jeu réussit à éviter le syndrome : “c’est joué d’avance” sans tomber pour autant dans l’élitisme. La performance individuelle et la créativité pèsent sur la conclusion de la partie, mais moins que le travail d’équipe et la stratégie : un bon joueur engagé contre trois adversaires n’a quasiment aucune chance de survie.

Main gauche, main droite

Dans les deux camps, on retrouve des rôles à peu prêt équivalents :

  • Le constructeur (Constructor/Conjurer) : l’unité qui permet d’aider aux constructions, de déployer des structures de combat…
  • L’infiltré (Scout/ Shape Changer) : la classe destinée aux fourbes, camouflage, imitation, harcèlement…
  • Le guerrier (Légionnaire/Predator) : le rôle d’assaut, puissant et solide.
  • Le guérisseur (Chaplar/Shaman) : sorts de soutien, soins et plus si affinité.
  • Le bélier (Battering ram/Behemoth) : destruction de bâtiments.
  • L’artillerie (Steambuchet/Tempest) : destruction à distance.

Et dans les rôles spécifiques aux camps on trouve :

  • Le guerrier léger (Savage) pour la légion des hommes : le polyvalent.
  • L’invocateur (Summoner) pour la horde : il se bat au travers de ses invocations qu’il envoie sur le front.

Les deux équipes ont aussi accès aux unités démoniaques (Hellhounds) à condition de construire un autel sur une déchirure. S’ils sont bien utilisés, les démons peuvent retourner une situation désespérée.

Un petit côté MMO

Savage 2 propose des statistiques détaillées de vos parties et un système permettant de regarder l’enregistrement de n’importe quelle partie jouée sur les serveurs de S2Games.

Les joueurs ont aussi accès à des objets persistants dont les propriétés varient : régénération de vie, bonus aux dommages… Ils apportent un plus non négligeable à leurs possesseurs, mais leur usage est limité à deux par partie. Un objet persistant est offert avec le jeu et il est possible d’en acquérir de nouveaux si, par chance, vous en trouvez sur le corps d’un monstre ou d’un joueur.

Lorsque vous jouez, toutes vos actions vous rapportent des points d’expérience qui vous permettent de changer de niveau et d’améliorer vos caractéristiques le temps d’une partie. A la fin d’un round, vous perdez tous vos avantages, mais vos statistiques sont enregistrées sur votre compte persistant qui est utilisé dans le système de match-making pour éviter que les vétérans et les débutants se retrouvent sur le même serveur.

1337 ?

Tout cela peut vous paraître compliqué, mais en prenant la peine de suivre le tutorial vous assimilerez facilement les bases nécessaires pour profiter de la richesse du jeu. De plus, le système de match-making vous assure un baptême du feu en douceur car les joueurs expérimentés ne peuvent pas se connecter sur les serveurs débutants. Ne vous faites cependant pas d’illusions : il s’agit d’un jeu complexe qui s’adresse aux hardcore gamers et qui nécessite plusieurs heures d’apprentissage.

Essayez-le !

Même si le coté FPS n’est pas prépondérant, Savage 2 est une excellente surprise. Le gameplay regorge d’innovations et de bonnes idées bien appliquées : sa profondeur et sa qualité ont de quoi ravir les vétérans lassés des jeux multi-joueurs.

Vous pouvez le télécharger et y jouer gratuitement durant cinq heures puis acquérir une licence pour la modique somme de 30$. Les développeurs espèrent que le bouche à oreille et le système de parrainage (mon id c’est L_etranger !) permettra au jeu de se faire connaitre.