“Personne n’a jamais dit que la guerre était une partie de plaisir. Sinon, y aurait beaucoup plus de guerres – Baker”.

Ce que Gearbox exprimait naïvement à travers les paroles du personnage principal de Brothers in Arms, Pterodon vous le fait vivre. Oubliez les jolis graphismes et les mises en scène Hollywoodiennes, ce que vous propose Vietcong 2, c’est une véritable descente aux enfers.[–SUITE–]

Du sang et du sperme

Bienvenu au Vietnam le bleu-bite ! Mouais, attendez, il doit y avoir erreur là. Quel est le fils de pute qui m’a envoyé ce manche à couille? T’es pas un Marine toi ! Quoi ? Un Français ? Haha, t’as onze ans de retard, tu sais ? Bon, c’est pas grave, t’aime le chewing gum ? Tu veux un fusil ? Tu me promets de pas t’enfuir en courant au premier coup de feu ? Parfait ! Prête serment sur la bible, prends ce M16 et suis-moi, on va se saouler la gueule au bordel où je connais une petite d’à peine 15 ans. T’as des dollars sur toi ? Parfait, je suis sûr que tu vas lui plaire !

Dans Vietcong 2, vous ne faites pas de philosophie de comptoir sur l’horreur de la guerre et vous ne parlez pas de vos frères d’armes comme si vous aviez envie de leur sucer la queue. Non. Dans Vietcong 2, vous faites votre putain de boulot d’officier et quand vous avez du temps à tuer, vous le passez au pieu avec les putes vietnamiennes pendant que vos hommes se saoulent la gueule. Les petits gars de Pterodon n’ont certainement pas modélisé fidèlement chaque rue de Hué et ne se sont inspirés de missions réelles pour concevoir VC2, mais une chose est sûre : ils ont réussit à créer un FPS infiniment plus crédible que la quasi-totalité des autres jeux de guerre. Les fosses communes, les massacres de civils, les insultes racistes, rien ne vous sera épargné. Et finalement, l’ennemi, ce fils de pute qui n’hésite pas à jouer les kamikazes, à tuer des prêtres de sang-froid, cet ennemi haïssable, vous allez l’incarner : Arrivé à la moitié du jeu, vous débloquerez une deuxième campagne vous mettant dans la peau d’un paysan Vietnamien prenant les armes pour venger sa famille et libérer son pays de l’envahisseur. Finalement, qui a raison dans cette guerre ? Quelle est la cause la plus juste ? Ces questions ont-elles seulement un sens ? Pour une fois qu’un jeu ne nous prend pas pour des gamins, ça fait plaisir.

Grave moche, est-ce grave ?

Toi tuer toute ma famille. Chien de capitaliste. Toi dépenser tous tes dollars dans machine puissante, mais ça servir à rien car jeu ramer même sur ton gros PC. Communisme toujours avoir le dernier mot ! Toi payer, toi crever de mort de l’oeil à cause graphismes tout moche ! Hihihi !

Esthètes et frimeurs, passez votre chemin : VC2 n’est pas beau et son moteur 3D n’est pas une prouesse technologique. On ne saigne pas de l’oeil en jouant, mais ça picote tout de même un peu, surtout quand on pense que des jeux mieux réalisés sont bien plus fluides : les éclairages ne sont pas dynamiques, les physiques ne sont pas impressionnantes, le moteur de particules non plus, mais le plus embêtant c’est que même en baissant les détails, le jeu se met parfois à ramer sans raison. VC2 reste parfaitement jouable en multi, surtout que le netcode fait fort bien son travail, mais ça fait tout de même un peu mal au cul de jouer à un FPS qui semble tout droit sorti des années 2002-2003.

Si vous voulez survivre, vivez caché

Marines ! Tu cherches à te faire tuer ou quoi ? Reste pas planté debout au milieu de la rue ! Tu te crois dans un jeu vidéo ? Tu penses que si tu te prends une balle, il te suffira de souffler dix secondes pour récupérer ? Bon, ok, c’est un peu le cas, mais je te conseille tout de même de ramper et de baisser la tête si tu ne veux pas rentrer au pays dans un sac à viande.

VC2 adopte un gameplay “réaliste” : les armes sont précises, mortelles et votre seule chance de vous en sortir est de rester à couvert. Pour cela, le jeu reprend l’excellent système du premier épisode : une fois accroupi ou allongé derrière un obstacle, votre personnage baisse la tête et tient son arme contre son corps pour éviter que son corps ne dépasse de l’abri. Mais dès que vous épaulez, l’ironsight apparaît et vous levez la tête juste ce qu’il faut pour voir votre cible et tirer. Allié à des mouvements qui permettent de ramper, sprinter, escalader ou vous pencher sur les côtés, il s’agit ni plus ni moins du système le plus réaliste et le plus pratique jamais conçu dans un FPS. En plus, VC2 propose un vaste arsenal qui vous donne une bonne impression de puissance : pistolets, mitraillettes, fusils d’assaut, fusils semi-automatiques, fusils à lunettes, mais aussi lance-grenades, RPG, fumigènes, mitrailleuses lourdes, mines, pièges artisanaux, fusil à pompe, carabines et même un tromblon extrêmement puissant, mais qui nécessite d’être rechargé en insérant poudre et balles par le canon ! Un seul regret, et il est de taille, les projectiles ne traversent aucun matériau et une simple planche de bois suffira à stopper net vos balles de 12,7.

Trop linéaire !

Toi pas connaître jungle. Toi te perdre et crever comme un porc. Toi… Quoi ? Ca pas être possible ?! Qui remplacer jungle par gros couloir ?! Arghhhhh !!!

Sans être aussi directif qu’un Call of Duty ou un Quake 4, Vietcong 2 propose des cartes conçues selon le modèle classique des FPS old school : plusieurs ” arènes ” remplies d’ennemies séparées par des ” couloirs ” où quelques soldats vous attendent en embuscade. Le tout est modélisé de façon souvent maladroite avec des caisses, des murs de lianes ou des portes impossibles à ouvrir qui vous empêchent de vous rendre où vous désirez. Si vous espériez une jungle aussi vaste que dans Far Cry et une liberté de mouvement digne d’un Hidden & Dangerous 2, vous allez être déçus. Quoiqu’il en soit, les arènes ne sont pas si mal fichues et vous permettent d’adopter plusieurs tactiques différentes. Pour rattraper un peu le coup, VC2 propose des environnements variés et un scénario assez dynamique. Les missions s’enchaînent rapidement, il n’y a pas de longueurs et il est difficile de décrocher de la campagne solo une fois qu’on est dans le jeu.

Le multiplayer

– Toi camper pour protéger drapeau.. Combattre comme un lâche !
– Vas de faire foutre bol de riz. Si vous arrêtiez de spammer à la mitrailleuse on pourrait sortir de notre base !
– Nous pas avoir M16 avec lance-grenades mais c’est toi pleurer comme enfant. Vous subir terreur communiste du spawnkill !

Gameplay
La partie multiplayer de Vietcong 2 est à l’image de la campagne solo : Les armes sont toujours aussi précises et mortelles ce qui ne veut pas dire que les joueurs passent leur temps à camper (enfin, pas tous). En effet, vu qu’il est très rapide d’épauler et de tirer précisément, il est assez facile d’éliminer un tireur embusqué.

Modes de jeu
VC2 permet de jouer en DM, en TDM, en CTF ou en mode assaut. Ce dernier est basé sur des objectifs avec une équipe qui défend et l’autre qui attaque. C’est peut-être le plus intéressant et le plus dynamique, mais quasiment aucun serveur ne le propose. Le jeu contient aussi cinq missions coop. Elles sont malheureusement un trop courtes et vous vous en lasserez rapidement.

Classes de personnage
A part en DM, le jeu se base sur un système de classes simple mais efficace : votre rôle détermine le choix de votre arsenal, votre armure et votre stamina. Il existe aussi quelques spécialistes qui peuvent soigner l’équipe, distribuer des munitions, déployer des mitrailleuses lourdes ou faire appelle aux tirs d’artilleries.

Netcode
Le netcode est robuste et, grâce à ses algorithmes de prédiction, permet de jouer dans de bonnes conditions même si vous avez un ping avoisinant les 100ms. Par contre, les serveurs dédiés ne sont pas encore au point et plantent très régulièrement. Connaissant Pterodon, il ne devrait pas s’écouler très longtemps avant qu’un patch résolve le problème.

Alors, le multi ?
En conclusion, il s’agit d’un bon petit mode multiplayer très tactique qui pourra vous divertir assez longtemps une fois la campagne solo terminée.

Verdict final

Ca faisait longtemps que la campagne solo d’un FPS ne m’avait pas autant accroché. En vous plongeant au coeur d’une guerre atroce où il n’y a ni perdant ni gagnant, Vietcong 2 vous fait vivre une expérience que vous ne voudriez pas faire partager à votre gamin de 12 ans. Si ce n’est pas suffisant pour vous donner envie d’acheter le jeu, sachez qu’il est vendu 30$ aux USA et qu’il ne devrait pas coûter trop cher en France… 45 euros ?

Points forts

  • Pour une fois, la représentation de la guerre n’est pas édulcorée
  • La gestion de l’ironsight est excellente
  • Une partie de la campagne solo permet de jouer Vietcong !
  • Le multi tient la route

Points faibles

  • Le moteur 3D est laid et poussif
  • Le level design est vraiment vieillot
  • L’IA n’est pas très évoluée
  • Le jeu se finit en 10 petites heures



Et parce que chez NoFrag ils aiment tellement les FPS qu’ils n’en disent que du bien, voici les tests de nos confrères qui ne partagent pas tous mon enthousiasme :

Si vous vous voulez essayer la démo multi, elle se trouve sur notre FTP. Une démo solo devrait sortir prochainement.