Vivent les consoles ! Joueurs PC, ne soyez pas jaloux. Malgré un E3 presque tout entier dédié à l’actualité effervescente des PS3, Xbox 360, et autre Nintendo Revolution, vous ne vous sentirez pas longtemps exclus des joies du pad.

Car grâce à Digital Extremes et son petit dernier, Pariah, vous aussi vous pourrez goûter aux joies des ego shooters mollassons, imprécis, linéaires, et courts. Après les portages des FPS PC sur consoles, voici donc venir l’ère des portages des FPS consoles sur PC. Chouette hein ?
[–SUITE–] Un coup monté

Tout aurait pu bien commencer. Enfin bien… Ne connaissant a priori que très peu de choses de Pariah, je me suis porté volontaire pour faire son test sur PC, avec l’idée qu’au pire, ça serait un nouveau Unreal II ; comprenez un FPS plutôt joli mais un peu chiant et trop court. Lorsque Netsabes m’a filé les CDs (récupérés chez l’éditeur), le sourire en coin, avec un très évasif « tu devrais vite le torcher ce test », j’ai commencé à sentir venir le coup fourré.

Une installation et quelques minutes de jeu plus tard… c’est le drame : c’est bien à voix haute que je braille un très primitif « mais bordel, c’est quoi cette bouse ? ». Dr. Loser n’avait pas voulu du test, Ttask ne s’était pas précipité comme il le fait dès que le jeu a du potentiel, et Netsabes était resté silencieux comme quelqu’un « qui sait »… j’aurais du comprendre.

Un émulateur Xbox dans mon PC ?!

Tout commence par ce hud spécial mal voyants, avec un réticule de visée rappelant celui de Halo : un grand cercle, bridant immédiatement tout réflexe de visée précise. Je me crois en 800×600 tant les caractères et les indicateurs du hud sont gros. Petit passage par les options, passage en 1280, tous les effets à fond… et rien. Rien n’a changé. Ah ben si, les pixels sont plus fins. Mais le reste est identique : les éléments du hud GROS COMME CA et des textures toujours aussi approximatives. Oh et puis tiens, dans la config clavier, pas de quick save. Hmmm… « Génial, on dirait un FPS Xbox » me dis-je. Bah gagné. En plein dedans même.

Alors que le genre FPS est l’une des vitrines du PC et que ses titres phares ont été petit à petit portés ou adaptés sur consoles, la tendance semble donc s’inverser. Entre temps, on a eu des titres dont les versions PC ont hérité des contraintes consoles : XIII, Deus Ex: Invisible War, Thief III, etc. Des jeux dont les défauts – taille des niveaux, level design simplifie, gameplay pas très pointu – ont été partiellement gommés par un intérêt certain. Avec Riddick, l’espoir est apparu de voir des titres consoles adaptés sur PC avec intelligence et brio. Mais avec ce Pariah, c’est le syndrome Halo qui réapparaît : on prend un pur FPS console, avec tout ce que ça comporte de rébarbatif, et on balance bêtement et directement la chose sur PC. Résultat : une bouse.

L’intéret d’une série Z et le rythme d’une série allemande

Et si on parlait un peu du jeu ? Pariah se déroule sur Terre en 2500, et vous jouez le rôle d’un médecin militaire chargé d’encadrer le transfert d’une prisonnière très spéciale, à savoir une fille atteinte d’un virus très vilain pas gentil. Forcément, ce qui devait arriver arriva : une roquette « perdue », le crash du vaisseau, on perd la fille, on court après la fille, encore et encore, on doit sauver le monde… et ça fait un jeu. Bref, Pariah s’articule autour d’un scénario bidon, mais finalement ça n’est pas dramatique, ni vraiment surprenant pour le genre, si ce n’est qu’il est si insipide que très vite on avance et on tire sur des ennemis sans trop savoir pourquoi. Gênant pour une campagne solo. Niveau narration et mise en scène, le jeu est limite aussi intéressant qu’un enchaînement de maps contre des bots dans Unreal, et les cinématiques qui entrecoupent régulièrement la progression dans ce scénario sont à ce point ridicules – techniquement et artistiquement – qu’il eut été bien plus sage de ne pas les publier du tout.

Histoire d’entretenir une continuité dans la médiocrité, le level design est au niveau du reste. Progression ultra linéaire, intérieurs à l’architecture simpliste, extérieurs au visuel « ouvert » mais dans lesquels un seul et unique chemin est possible : tout est là pour bien garder le joueur dans un couloir, histoire qu’il ne rate pas les ennemis qu’on lui a placé ici et là. Les ennemis d’ailleurs, parlons en. L’I.A ? Ils n’ont que 2 comportements : se mettre à couvert et y rester, ou bien brutalement vous foncer dessus comme des kamikazes. Résultat : l’équilibre dégats/soins étant plutôt porté sur l’arcade, même en difficulté élevée il est bien plus efficace de progresser comme un bourrin moyen, façon Serious Sam.

Au bout de cette demie douzaine d’heures – car finalement le calvaire est assez court – vous garderez peut-être à l’esprit l’espoir entretenu par les premières minutes de jeu, où des portions de niveaux destructibles permettent de résoudre des situations de diverse façons. La customisation des armes n’est pas sans intérêt non plus, mais ne suffit évidemment pas à compenser le manque de sensations et l’action mollassonne distillée sporadiquement tout le long du jeu.

Une FPS moyen sur console est un gros nanard sur PC

Soyons clairs : les consoles, c’est très bien pour faire tourner du Ninja Gaiden, du Burnout 3, du Resident Evil 4, du Final Fantasy, du Metal Gear Solid, et j’en passe. Mais les FPS sur consoles, c’est plus ou moins une énorme blague. Oui oui, même Halo 2. Alors imaginez un FPS développé clairement d’abord pour le support Xbox, et qu’on balance brut de fonderie sur PC, en espérant que ça passera inaperçu. Ca donne un jeu pas loin d’être minable. Car s’il était sorti il y a 2 ou 3 ans, Pariah aurait été tout juste moyen. En 2005, et sur PC, c’est plus simplement un jeu à éviter.