Premier épisode de la série Oddworld à adopter la vue subjective, la Fureur de l’Etranger (Stranger’s Wrath en VO), avec ses superbes graphismes et les nouveaux concepts qu’il introduit, à savoir l’utilisation de munitions vivantes et l’alternance naturelle entre vue à la première et à la troisième personne, est l’un des très rares FPS console à nous avoir vraiment tenté, d’autant plus que les précédents opus étaient également loin d’être mauvais. Inutile de faire durer le suspens : c’est incontestablement une réussite.

[–SUITE–]Techniquement

Il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir que la Fureur de l’Etranger dispose d’une ambiance à part. Entre les décors typés Western spaghetti et les personnages qui ont conservé un style proche des précédents épisodes, on n’a vraiment pas une impression de déjà-vu. Tout est graphiquement très détaillé, des villes principales aux niveaux classiques, on remarque régulièrement certains effets particulièrement réussis : les nuages de poussière entre des falaises, les chutes d’eau magnifiques, la végétation tantôt luxuriante tantôt absente, … Il n’y a pas grand-chose à reprocher sur le plan technique comme artistique, à part certains intérieurs un peu vides. Oh, il y a bien quelques petits bugs comme des ombres qui disparaissent de temps en temps et quelques problèmes de collisions, mais rien de grave. L’ensemble reste cohérent et décalé tout au long de l’histoire.


On n’échappe toujours pas aux bidons explosifs et aux caisses.

Au niveau sonore, c’est également un quasi sans-faute. Les musiques collent parfaitement à l’univers et les divers bruitages sont bien foutus. Seul problème : les voix, bien que les doublages français soient assez réussis, sont très mal intégrées au reste de l’ambiance sonore, ce qui les rend parfois incompréhensibles. C’est bien dommage, étant donné qu’elles sont nombreuses et que les dialogues sont assez rigolos dans l’ensemble. Sans jamais faire rire, ils font au moins sourire régulièrement, à la manière des précédents opus.

Jte niaue qu putois §

La progression est dans l’ensemble linéaire : pendant toute la première partie de l’aventure on ira chasser des hors-la-loi afin d’amasser les vingt mille dollars nécessaire à une intervention médicale dont on ne sait absolument rien. On a certes le choix de l’ordre de temps en temps, mais rien de plus. L’histoire aborde des thèmes bien plus intéressants que ceux présents dans la majorité des FPS qui sortent. Au lieu de la vengeance et l’héroïsme, on parle ici d’intolérance et de racisme. Celle-ci aurait d’ailleurs gagné à être plus complexe tant l’univers semblait approprié. On se contentera d’une intrigue au dénouement prévisible, ne possédant que peu de rebondissements.


La vue à la troisième personne sert surtout aux mouvements spéciaux.

En plus d’être assez frais artistiquement, la Fureur de l’Etranger innove au niveau du gameplay avec une idée toute bête : tout au long de l’aventure on n’utilisera qu’une seule arme, mais avec laquelle on peut tirer différents types de munitions. Celles-ci sont de plus vivantes et il faudra les chasser pour s’en servir. En plus d’être un changement de forme, cette originalité est accompagnée d’un changement de fond. En effet, ces munitions ont des effets très différents les uns des autres, et pas uniquement en terme de dégâts infligés. Par exemple si vous tirez un écureuil, celui-ci attirera un ennemi. Si c’est un putois, il les fera vomir, les rendant ainsi incapable de se défendre pendant un court instant. D’ailleurs, la plupart du temps, vous ne tuerez pas les ennemis mais préférerez les capturer vivants, les armes létales étant très rares. Non seulement cela sera plus économique en munitions, mais en plus vous gagnerez ainsi plus d’argent.

Du neuf avec du neuf

Le principal élément responsable du plaisir de la progression est vraisemblablement le level design, très soigné. Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre avec un système d’armement aussi original, les combats ne sont pas de simples puzzles à solution unique, mais ils proposent énormément de possibilités grâce aux nombreuses combinaisons d’utilisations possibles des munitions. Les niveaux sont globalement architecturés de la même manière, avec à chaque fois un boss à vaincre à l’arrivée. Ces combats sont d’ailleurs aussi nombreux qu’intéressants, l’absence de véritable point faible donnant des affrontements parfois longs, mais passionnants.


Graphiquement, c’est loin d’être banal.

Par ailleurs, et c’est le plus surprenant, le pad ne représente pas un handicap avec ce type de gameplay. En effet, les affrontements sont plus basés sur une bonne gestion des effectifs ennemis et du timing que sur la précision pure. Le plus dur sera de savoir utiliser les bonnes munitions au bon moment et de prendre des décisions rapidement, car une fois encerclé, il est bien difficile de s’en sortir vivant. Globalement, le jeu est loin d’être impossible mais arrive à proposer un challenge intéressant au joueur.

On se retrouve à évoluer dans les décors en alternant naturellement vue à la première et à la troisième personne selon les situations rencontrées. C’est une de ces petites choses qui contribuent à éviter la lassitude, qui n’intervient que dans les passages obligés des FPS actuels à savoir les séquences de rail-shooting et de pseudo infiltration, bien heureusement très rares.

Un bon FPS console, ça existe

A la fois innovant, bien réalisé et doté d’un univers intéressant, la Fureur de l’Etranger arrive à s’écarter des FPS traditionnels. On prend vraiment plaisir à tester différentes combinaisons de munitions à travers des niveaux bien construits et riches, sans jamais avoir l’impression de faire la même chose pendant la quinzaine d’heures proposée. Simplement rafraîchissant.

Les plus :

  • L’ambiance graphique comme sonore
  • Le principe des munitions vivantes
  • Les combats contre les boss

Les moins :

  • Mauvaise intégration des voix
  • Certaines munitions sont inutiles au début de l’aventure

Les avis des Journalistes Totaux :

Les screenshots ont été tirés du site officiel du jeu étant donné que nous ne disposons pas du matériel nécessaire à la capture d’images sur console