Sorti en catamini (la marque de fabrique des jeux Global Star) sur PC il y a deux semaines, Gotcha! est le premier FPS qui tente de jouer la carte « simulation de paintball ». Et c’est très loin d’être une réussite. Fouyaya, mince, je viens de vous donner la conclusion de mon test. Mais qu’importe ! Ami lecteur, si tu te passionnes pour Gotcha! (et je suis sûr que tu te passionnes pour Gotcha!), lis ce qui suit.

Gotcha! est une simulation de « paintball du futur » (dixit le manuel). Je ne sais pas trop pour le paintball du futur (qui m’a l’air bien actuel dans le jeu), mais le paintball, ça consiste à tirer avec des flingues des petites billes de peinture sur les autres. Pas de sang, pas de morts, pas vraiment de violence… finalement, c’est assez logique quand on sait que le développeur de Gotcha! est allemand.[–SUITE–]Sur un air de Gotcha-cha-cha
Le jeu contient un mode solo assez imbitable, une sorte de campagne sans grand intérêt qui reprend le principe d’un championnat mondial de paintball du futur. L’IA y est affolante de débilité, dans ce futur. Dans ce championnat machin, vous créez votre super team de débiles mentaux, vous gagnez des matches, ça vous rapporte de l’argent et vous vous achetez de nouveaux flingues (des marqueurs, selon le jargon du paintball) pour tirer encore plus vite et mieux. Le problème de ces armes, c’est qu’il n’y a aucun feeling. À la limite, on a l’impression de tirer avec un pistolet à eau.

En multi, le gameplay est un peu moins catastrophique qu’en solo, même si guère formidable. Les modes de jeu proposés sont extrêmement originaux : Deathmatch, Team Deathmatch, CTF, Last Man Standing, etc. Ceci dit, les maps restent peu intéressantes, peu originales, répétitives et bien peu nombreuses (une dizaine). Le tout est particulièrement soporifique. En fait, la bonne nouvelle en multi, c’est que l’IA ne vient plus vous pourrir les parties. Enfin… encore faut-il réussir à trouver des joueurs online.

Gotchabadabada
Techniquement, Gotcha! marque un retour en arrière de quelques années : c’est tout carré et absolument pas sexy. Et puis c’est très terne, tout ça. Le jeu utilise le moteur Trinigy (développé par des Allemands), déjà vu à l’oeuvre dans Psychotoxic (développé par une autre branche de la mafia allemande), mais ça ne donne rien de spectaculaire. En fait, parfois, on peut légitimement se demander si on n’est pas en train de jouer à un mod pour Half-Life.

Au rayon des horreurs, on notera aussi une localisation française réalisée par quelqu’un qui n’a probablement jamais vu un jeu vidéo de sa vie (les écrans de chargement deviennent des écrans de « téléchargement », des pluriels s’incrustent où ils ne devraient pas, le mode multijoueur devient un mode « Joueurs multiples »…) et une bande son horripilante, qui vous passera en boucle 3 ou 4 morceaux. Par contre, le jeu n’est pas trop buggé (il faut dire qu’en sortant huit mois après la version allemande, il est déjà patché en version 1.2 par défaut). Ça n’empêche pas qu’il soit raté.

Gotcha! est vendu 30 euros, tient sur un seul CD et tourne (à peu près) sur des configs de prolétaires. Voilà ses seuls points forts. Pour le reste, le jeu n’a guère d’intérêt : gameplay raté, technique itou, son à l’avenant… Ma foi, une bien belle daube que ce Gotcha!