Il y a six ans de cela, Running With Scissors sortait Postal, un shoot them up en 3D isométrique dans lequel vous incarniez un fou furieux devant éliminer la population des quartiers qu’il traversait. A l’époque, le jeu ne comportait pas le moindre indice permettant de savoir si les développeurs avaient tenté de faire un jeu humoristique ou non. A présent sort Postal 2, les développeurs ont fait un gros effort de communication pour revendiquer le côté humoristique du jeu, et pourtant…[–SUITE–]This is the first day of the end of your life

Je suis le Postal Dude. Je vis dans une caravane minable avec une vieille pétasse qui passe son temps à surfer sur internet. Tous les matins c’est la même galère : aller au boulot, penser à acheter du lait, prendre un recommandé à la poste et ainsi de suite. De quoi péter un plomb et c’est exactement ce que le jeu nous propose de réaliser.

Dès le début, mon crétin de chien vient me pisser dessus. Un petit tour dans l’abri jardin pour récupérer la pelle et je lui montre qui est le maître en le tabassant à mort. En route pour le boulot je bouscule mon voisin, le voilà qui la ramène? la pelle est encore chaude, ca serait dommage de ne pas en profiter. Un coup dans la tête, le voilà qui se met à genoux et qui commence à chialer ! Je sors ma queue et commence à lui uriner dessus. Ca lui plaît pas ? Coup de pompe dans sa gueule. Il en veut encore ? Je le décapite à coup de pelle et shoote dedans pour la faire rouler au loin dans le caniveau. Et dire que la semaine vient à peine de commencer…

Une journée comme tant d’autres

Postal 2 vous propose d’incarner Monsieur Tout le Monde dans sa vie de tous les jours, du lundi au vendredi. Chaque jour vous est attribuée une liste de corvées à remplir : déposer un chèque à la banque, payer une contravention, faire signer un autographe par Gary Colleman, pisser sur la tombe de votre père, acheter du Napalm, et ainsi de suite. Malheureusement, la vie est une pute et la plupart de vos corvées tournent rapidement au bain de sang.

Les développeurs ont affirmé qu’il était possible de finir Postal 2 sans combattre. C’est faux. Ainsi, lorsque vous allez vous confesser, vous avez beau faire gentiment la queue au confessionnal, une bande d’intégristes musulmans viendront se faire sauter devant l’église avant de la prendre d’assaut à coup de M16 et de cocktails molotov. La plupart des corvées se finissent ainsi, par un assaut de fous furieux, et votre seule façon de survivre est de vous défendre. Quoiqu’en y réfléchissant bien il doit être possible de fuir mais le jeu n’est clairement pas prévu pour ca. Il faudra que j’essaie…

Attentats suicide devant l’eglise de Paradise City

Une liberté d’action jamais vue dans les FPS

Postal 2 vous permet de vous balader librement dans la ville et de faire à peu prêt n’importe quoi :

  • entrer chez les gens sans frapper et piller leur maison
  • montrer votre bite aux passantes, les rouer de coups et leur pisser dessus pendant qu’elles implorent votre pitié en rampant dans leur vomi
  • faire ami-ami avec un chien en lui filant des croquettes, jouer avec lui à la baballe en shootant dans la tête d’un type que vous avez raccourci
  • braquer la vendeuse de donuts, pisser sur ces derniers et les filer aux flics pour les faire gerber
  • appâter les chats avec des friandises, les capturer et vous en servir comme silencieux en les enfilant sur votre M16
  • bouffer les bonbons des chats et bénéficier d’un effet Matrix ralentissant l’écoulement du temps autour de vous
  • etc.

La ville est peuplée de pouffiasses, de flics, d’obèses, de cols blancs, de hardos, de militants, de blacks, de tarés, de pecnos, d’intégristes, de curées, de travelos, et plus tard de militaires, de flics de l’ATF et même de SWATs. Les personnages sont générés aléatoirement et sont donc très diversifiés : d’après les développeurs, il y a plus de 100 possibilités différentes. Ceci dit, vu le nombre de gens que vous allez croisez, vous aurez un peu l’impression d’avoir à faire à des clones. Même les chats et les chiens sont générés aléatoirement. Sergent m’assure avoir croisé un jour un chat complètement brûlé qui est venu le voir en réclamant des câlins.

Personne dans le monde, Ne marche du même pas

Et même si la Terre est ronde, On ne se rencontre pas !

La diversité des armes donne l’occasion d’inventer toute sorte de tactiques :

  • La matraque permet d’assommer les gens en toute impunité pour peu que vous ayez volé un uniforme de flic
  • Le teaser est une arme non létale très puissante qui n’affole pas trop les passants
  • Les coups de pompe permettent d’ouvrir les portes plus rapidement ou de jouer au foot avec ce qui traîne par terre (à qui est cette tête ?)
  • La pelle n’éveille l’attention de vos victimes qu’après les avoir décapités
  • Le desert eagle est précis à longue distance
  • Le shotgun fait exploser la tête de vos ennemis en un clin d’oeil pour peu que vous soyez assez proche d’eux
  • Le bidon d’essence permet d’encercler un groupe de personnes avant des les faire cramer. Vous pouvez aussi incendier un chat ou un chat qui s’empressera de courir sur les habitants pour provoquer une réaction en chaîne
  • Les grenades sont discrètes et vous pouvez les lancer au loin au milieu de la foule avant de vous esquiver
  • Les cocktails molotov permettent en plus d’incendier de nombreuses cibles d’un coup
  • Les ciseaux sont silencieux et discrets. Utilisés avec le tir secondaire ils rebondissent sur les murs
  • Le fusil de précision vous invite à vous planquer à une fenêtre et à vous faire un remake des spray killers de Washington
  • La tête de veau pourrie, une fois abandonnée sur le sol, contaminera la foule. Tirez ensuite dessus et en explosant elle rendra malade toutes les personnes dans son entourage
  • Filez quelques croquettes à un chien et ce dernier attaquera vos ennemis et leur pissera dessus une fois morts
  • Etc.

Des armes originales…

Les possibilités sont quasiment infinies et pour peu que vous soyez un peu dérangés, vous passerez des heures à expérimenter toutes formes de mises à mort sur les habitants de la ville.

On regrettera juste qu’il n’y ait pas d’enfants, de vieux ou d’handicapés dans la ville et qu’il ne soit pas possible de violer les habitant(e)s ou de leur chier dessus. Ca aurait tout de même été rigolo de sodomiser un petit garçon handicapé, de le décapiter puis de lui déféquer dans le tronc. Si vous n’êtes pas de cet avis, passez votre chemin car Postal 2 n’est pas fait pour vous.

Les goûts et les couleurs


CACA!!

Nombreux sont les Grand Reporters se targuant d’une large ouverture d’esprit et d’un humour décapant mais critiquant Postal 2 car le jeu ne les a pas fait pas rire. Normal, Postal 2 n’est pas humoristique. Il s’agit d’un jeu pour les malades mentaux. Si l’idée de pouvoir pisser sur une fille qui vous supplie à genoux de l’épargner avant de la tabasser à mort ne vous attire pas, ce n’est pas la peine d’essayer Postal 2. Il n’y a là rien d’amusant, il s’agit juste du plaisir malsain de pouvoir vous livrer à vos perversions. Si vous recherchez des missions intéressantes, une intrigue complexe ou des combats palpitants vous allez être déçus. Les missions sont complètement débiles et ne vous demande aucune réflexion.

Pire, les combats ne nécessitent quasiment aucun skill et se résument à choisir la bonne arme puis de laisser votre doigt appuyé sur la gâchette. Même les combats d’Unreal 2 étaient plus intéressants, c’est tout dire. Pour tuer le moindre civil il faut lui tirer deux balles de Desert Eagle, dans la jambe ou dans la tête ca ne change strictement rien. Lorsque vous affrontez les SWATs, vous vous tenez face à eux à 5m de distance et vous échangez une bonne trentaine de balles avant que de tuer l’ennemi ou de mourir en essayant. Pas la peine d’essayer de vous mettre à couvert ou d’esquiver, ca ne sert strictement à rien. Les armes sont complètement déséquilibrées et certaines ne sont pas très intéressantes à utiliser : les ciseaux sont inefficaces, le lance roquette pas amusant, le lance napalm possède trop peu de munitions, le M16 n’est pas précis et peu puissant, etc. Au final, vous n’utiliserez quasiment que le shotgun, le Desert Eagle, le fusil de précision, le bidon d’essence et les cocktails molotov histoire de rigoler. S’il est un point sur lequel Postal 2 aurait vraiment pu s’améliorer, c’est bien au niveau du gameplay lors des combats : rien qu’une gestion réaliste des dommages et l’obligation de recharger à la main les armes à feu aurait grandement amélioré le gameplay.

L’élephant est une espèce protégée mais pas ininflammable

Techniquement une grande réussite


Des personnages hauts en couleurs

Même si les graphismes, les animations et les sons ne sont pas très impressionnants, il faut admettre que Postal 2 est une grande réussite technologique :

Grâce à l’Unreal Tech, Postal 2 réussi à gérer des cartes de plus de 200m de côté, bourrées de maisons, d’objets interactifs et peuplées de dizaines et de dizaines de personnages. Bien que l’IA soit un peu débile, elle reste très impressionnante et réussit à rendre crédible toute cette petite ville. Les habitants se baladent en sifflotant, s’interpellent, discutent, se battent, se font poursuivre par des flics, les militaires arrivent en renfort, etc.

Comme dirait Sergent “on dirait un film de cul allemand”

Postal 2 est le premier FPS à réussir ce tour de force et c’est très encourageant pour les futurs jeux comme STALKER ou Xenus qui prétendent modéliser d’immenses cartes peuplées de personnages non joueurs agissant intelligemment. Même si le gameplay du jeu ne plaira pas à tout le monde, il faut reconnaître cette énorme prouesse technologique et cette liberté d’action jamais vue jusqu’ici dans un FPS.

Tel maître, tel chien

De plus, en y regardant de plus prêt le jeu est loin d’être moche. Certes, quelques textures sont faites à la va vite et les couleurs ont tendances à dégueuler sur les bords mais finalement, c’est plus beau qu’un Vietcong, un Redfaction 2 ou un MoH :AA. En plus, les animations sont extrêmement nombreuses et parfaitement crédibles et le moteur de physique est beaucoup mieux exploité que dans UT2003, Unreal 2 ou Raven Shield.

Enfin, sachez que Sergent m’assure que Postal 2 tourne tout à fait correctement sur son Duron 900 et sa Geforce 2 GTS alors qu’il lui est impossible de jouer à Raven Shield sur le même PC.

Des graphismes qui restent tout de même au dessus de la moyenne

Techniquement, le seul point noir, et il est de taille, c’est la durée des chargements. Comptez entre 20 et 30 secondes lorsque vous chargez une partie ou que vous passer d’une zone à une autre. Et des passages entre zone, vous allez en subir beaucoup étant donné qu’il faut souvent traverser 7 ou 8 zones pour aller d’un bout à l’autre de la ville. Quand je repense aux temps de chargement d’Unreal 2, 20 secondes ne me paraissent pas excessives mais c’est le fait de devoir constamment changer de zone qui pourrit un peu le jeu. La ville contient bien quelques raccourcis pour accélérer vos déplacements mais un réseau de métro ou quelque chose dans le genre pour se téléporter d’un point à un autre de la ville n’auraient pas été de trop.

Verdict final


A la fin du jeu,
comptez vos victimes

Soyons francs, les combats sont à chier ce qui n’est pas un moindre mal pour un FPS. Côté technique, bien que le fait de modéliser une ville aussi vivante soit une véritable prouesse, les graphismes n’impressionnent pas plus que ca. J’allais oublier : Postal 2 ne propose pas de mode de jeu multijoueur.

Reste la possibilité de laisser libre cours à votre sadisme et de vous défouler au détriment de l’IA des PNJ et, en qui concerne ce sujet, vous allez être gâtés car les possibilités de meurtres et de perversions sont vraiment très nombreuses. Un grand bravo aussi aux répliques du Postal Dude qui ne sont pas sans rappeller Duke Nukem : “You didn’t expect to die today… Surprise!”

Postal 2 est un jeu à voir absolument. Télechargez au moins la démo jouable.

Avis alternatif : tarto6tron

Je suis loin d’être aussi positif que niCO sur ce coup. J’attendais le jeu avec une certaine impatience, espérant trouver un FPS déjanté, au gameplay ouvert, et avec une forte replay-value. Postal 2 est bien déjanté, pas de problème. Il est également ouvert, du moins en partie puisque la ville est découpée en zones accessibles au fur et à mesure de la progression.

Par contre, au bout d’une heure de jeu, je me suis fait chier. Une fois passées les premières missions où on a eu le temps de tester la plupart des modes d’extermination et faires les trucs les plus immondes, bah voilà, on tourne en rond. Je me suis arrêté au mercredi, mais jusque là, les missions consistent toutes à traverser la ville (ahhh les temps de chargement) en tachant de survivre (ohhh la précision des armes, uhhh les ennemis qui ne ratent jamais la cible). Ca manque de variété niveau missions, et j’ai vraiment fini par trouver pénibles les traversées successives de la ville. Ca finit par devenir ennuyeux, en tous cas une fois qu’on a passé le cap des premières poilades en testant la diversité des mises à mort.

Imaginez une sorte de GTA3 tout à pied (en FPS), limité à quelques quartiers, avec un chargement de 30s à tous les patés de maison, et des missions qui consistent à transporter un objet d’un point A à un point B. J’exagère à peine.

Le seul intérêt ludique du jeu consiste a “faire des trucs” (souvent débiles ou horribles, mais c’est bien là l’intérêt) pour tuer les ennemis, ou même les gens dans la rue. Rien de plus. Ca a finit par me saouler.

Mon verdict : 1 à 2 heures pour délirer et bien rigoler, et hop poubelle. Ca fait un peu court comme durée de vie.

Autres tests :