Annoncé puis repoussé, puis repoussé encore un peu et puis finalement encore un peu repoussé pour finir par arriver, après avoir quand même été encore un peu repoussé entre temps.
Après une longue attente, surtout pour la démo, personne ne croyait plus voir arriver UT2K3 un jour. Et puis finalement, une poignée de jours après la sortie officielle de la démo, le jeu a fini par pointer le bout de son nez.
« Hourra » hurle le peuple en délire, avide de nouveaux frags.
« Youppie » s’écrient les fans d’Unreal.[–SUITE–] Avant de passer en revue le bien et le pas bien du Unreal Next Génération, je m’en vais laisser la parole à Infogrames, qui saura mieux vous parler de son jeu que moi :

« Développé par Digital Extremes, Unreal Tournament 2K3 est la suite officielle de la superstar du jeu en réseau, maintes fois primée « Jeu de l’année » : Unreal Tournament.
Incluant tous les ingrédients qui firent de l’original un tel « must-have » , ajoutant un nouveau gameplay complètement innovant, un rendu graphique et une technologie hors du commun, UT2K3 utilise la dernière technologie Unreal mise au point par Epic Megagames, associée à un brillant mode solo et un mode multijoueur carrément décoiffant ! »

Bref, Unreal 2k3, c’est trop de la balle, sur le papier.

Dieu créa le Karma Engine et dit « Ramez mes enfants »

Ce qui choque dès le lancement d’une première partie, c’est bien sûr la qualité graphique du soft. On a rarement vu aussi beau en matière de FPS, et il faut bien avouer que pour le moment, le moteur graphique du jeu est ce qui se fait de mieux.

Seulement qui dit « super qualité graphique » dit souvent « configuration de nanti ».
Et on ne changera pas d’avis en essayant Unreal Tournament 2003 sur un vieux Duron [email protected], Geforce 2mx, 512mo de ram qui fait pourtant la joie de son propriétaire sur Battlefield 1942.
Bon, c’est vrai qu’avec une configuration comme ça, on a pas le droit de se plaindre, alors hop, on installe la bête sur un Athlon XP 1800, Geforce 3, 256 DDR.
Ah bah tiens, ça va légèrement mieux.

Si vous avez attendu le soft depuis le début, vous avez sans aucun doute entendu parlé du Karma Engine.
Pour la petite histoire, le Karma est une suite d’algorithmes décrivant les physiques dans un monde virtuel 3D : gravité, inertie, collisions, etc.
MathEngine et Epic se sont associés pour créer un support basé sur les technologies Karma et l’Unreal Engine, c’est ce qui rend, entre autres, UT 2003 si beau. On retrouvera d’ailleurs cette technologie sur Postal 2.
Et comme dirait la présentation officielle du jeu :

« Unreal Tournament 2003 est animé par Unreal Engine, un ensemble de code constamment remanié afin de repousser toujours plus loin les limites des graphismes, du gameplay et de l’audio. Développé par Epic Games, Unreal Engine ouvre au joueur les portes d’un environnement incroyable de flammes, de fumées, de végétation luxuriante et de paysages torturés par les combats. Un univers complexe, superbe et impressionnant – ce n’est pas sans raison qu’on l’appelle Unreal. »

Autant vous le dire tout de suite, si votre PC rame sur les derniers jeux sortis, vous allez peut être pouvoir jouer à UT 2K3, mais n’essayez pas d’atteindre des sommets en résolution et en détails de textures, car avec vos 15fps vous allez passer votre temps à respawner après vous être fait carboniser par un ProGamer qui passait par là.

Pour vous dire, avec un Athlon 1800/Geforce 3, c’est jouable, mais c’est pas encore ça.
Il faut véritablement une machine de compétition pour pouvoir admirer l’environnement graphique du jeu, et ça, même si c’est désormais habituel, c’est dommage.

Et Dieu créa le rayon à proton survitaminé et dit « Maintenant, pulvérisez-vous les uns les autres »

Passés les problèmes techniques, et si vous avez de quoi faire tourner le bébé correctement, vous allez pouvoir plonger dans un univers impitoyable, peuplé de méchants qui vous veulent du mal, tous équipés de trucs qui font pas du bien.

Et les trucs qui font pas du bien, il y en a une douzaine.
Du traditionnel Minigun au Lightning gun (une modification du fusil de snipe de l’ancien Unreal Tournament qui se rapproche beaucoup du Railgun du Quake 3) en passant par le Redeemer (qui balance des roquettes téléguidables) ou encore le ION Canon (un engin qui permet de tagger un endroit précis pour qu’un gros rayon laser venu du ciel s’écrase en plein dessus. Assez impressionnant d’ailleurs, mais aussi long à mettre en place).

De plus, toutes les armes ont une double utilisation, ce qui augmente considérablement l’intérêt de chacune d’entre elles. Le Flak Canon est le plus bel exemple : avec le tir principal, vous envoyez des morceaux de ferraille alors qu’avec le tir secondaire, c est une boule métallique qui va exploser dès qu’elle touchera quelque chose, envoyant ensuite des morceaux de métal un peu partout.

Mais le problème de l’armement d’UT2003 vient malheureusement de son utilisation.
Les armes sont assez puissantes mais beaucoup trop lentes en débit ou en temps de rechargement. D’une part ça ralentit le rythme du jeu, mais ça devient aussi un gros souci lorsque vous attendez que votre Translocator refroidisse pour vous téléporter, alors vous vous faites joyeusement exploser par vos compères, ou pire, lorsque vous arrêtez de tirer l’espace d’une seconde avec le Mini Gun et que vous êtes obligé d’attendre qu’il (re)chauffe pour l’utiliser.

On a l’impression de passer sa vie à attendre les reloads, le refroidissement de son arme…

Pour un résumé détaillé des armes et de leurs utilisations, je ne saurais que trop vous conseiller l’excellent ut2k3.fr.

Bref, question armement, vous risquez de ne plus savoir où donner de la tête. Encore heureux que des armes comme le Translocator ne soient pas disponibles dans certains modes de jeu.

Ensuite, Dieu créa le rugby et dit « Maintenant, pulvérisez-vous les uns les autres en vous passant la bombe »

Et zou, transition parfaite pour vous parler justement des modes de jeu. Ils sont au nombre de 5 pour la partie multijoueur :

  • les traditionnels Deathmatch/Team Deathmatch ;
  • le mode CTF, égal à lui même ;
  • Le Bombing Run est un peu similaire à une partie de Rugby. Le porteur de la bombe doit la déposer dans le camp ennemi mais ne peut utiliser son armement. Ca donne donc un côté purement teamplay assez sympa ;
  • enfin le mode Domination version 2.0, qui offre la particularité de devoir contrôler pendant plusieurs secondes deux points d’une map pour marquer un point.

Unreal Tournament 2003 est donc censé être très axé Teamplay, ça se ressent surtout dans les modes Bombing Run et Domination, où vous aurez bien du mal à faire avancer la partie en la jouant perso.

En ce qui concerne le « brillant mode solo », vous aurez droit tout simplement aux bots que vous rencontrerez en duel ou en team.
Plus vous avancerez dans la partie solo, plus vous rencontrerez de nouveaux personnages et vous aurez droit de jouer sur de nouvelles maps, on a déjà vu mieux…
Les bots sont quand même relativement intelligents par rapport à ce qui se fait dans le domaine, mais si vous cherchez à vous éclater, vous ne trouverez pas de plaisir particulier dans cette partie du jeu.

Puis il créa les arènes et dit « Maintenant, pulvérisez-vous les uns les autres en vous passant la bombe sur slaughterhouse »

En ce qui concerne les maps, on retrouve quelques maps du précédent opus retravaillées et améliorées ainsi qu’un paquet de nouvelles.
On en compte une quarantaine, réparties bien entendu par type de jeu.
A noter qu’elles sont toutes très belles, et surtout bien pensées pour les différents modes. La qualité des maps tient aussi du fait qu’elles se déroulent parfois en intérieur et en extérieur simultanément.
Vous me direz, c’est pas nouveau, oui mais là on fait bien la différence avec Quake 3, puisque l’environnement extérieur rend vraiment très bien graphiquement avec des petits détails comme les petits ruisseaux, qui donne un côté assez sauvage au tout.

Seulement voilà, elles sont souvent relativement grandes et parfois bourrées de petits coins vicieux qui ralentissent, encore une fois, le rythme global du jeu. À tel point que par moment, si on n’est pas une dizaine sur une map, on s’ennuie.

Étant donné le nombre d’items, on ne peut pas faire un pas sans tomber sur une pilule d’adrénaline ou des points de vie, ce qui donne un côté désespérant au gameplay, vous harcelez votre cible à coup de Mini Gun, mais celle ci chope toutes les 30 secondes de quoi se remettre en forme, usant.

Les maps ont été très bien pensées pour les modes de jeu, mais la disposition de certains items facilite une équipe plus qu’une autre sur certains terrains.

On ne désespère pas de voir un patch corriger ces erreurs, après tout on a déjà eu l’occasion de voir pire.

Se rendant compte qu’il manquait des gens pour se taper dessus, Dieu créa des personnages et des races

Six races, une cinquantaine de personnages au total avec plus ou moins d’adresse sur tel ou tel arme, on ne peut pas dire que les développeurs ont vu trop petit pour les models et les affinités sur les armes.

Les models sont très bien réalisés mais beaucoup trop sombres, et dans la majeure partie des cas, si votre cible part s’enfoncer dans une partie moins éclairée de la map, vous pouvez toujours vous brosser pour lui tirer dans le dos.
L’utilisation du Lighning Gun s’en trouve d’ailleurs limité, puisque d’une seconde à l’autre, on perd sa cible sans pouvoir remettre le viseur dessus. Alors on cherche pendant 5 minutes où elle a bien pu partir et on se prend un coup de Minigun dans le dos, ça à le dont d’enerver.

La gestion des affinités aurait mérité d’être gérée autrement qu’à partir des models, puisqu’on retrouve, dans une race de 8 personnages, 4 models qui sont a chaque fois la copie presque conforme des 4 autres.
Je chipote peut-être un peu, mais un système de gestion du personnage avec l’attribution de « points » dans une petite interface, sans tenir compte du model sélectionné, aurait vraiment été top puisqu’on aurait pu avoir un personnage qui reflète complètement sa façon de jouer.

Mais il manquait toujours quelque chose, Dieu créa alors Jet Li

Une petite évolution qui va quand même dans ce sens, la gestion de l’adrénaline, qui permet, pour un peu que vous ayez assez fraggé ou assez récolté de pilule d’adrénaline, d’augmenter certaines de vos capacités.
En utilisant certaines combinaisons de touches, vous pourrez utiliser les « spéciales » suivantes :

  • Berseeker : augmente votre force ;
  • Regenerate : augmente les points de vie et d’armure ;
  • Speed : améliore votre rapidité (ne vous attendez pas non plus à doubler votre vitesse) ;
  • Invisibilité : permet de vous rendre invisible, mais vous pouvez quand même être vaguement vu par les joueurs grâce à une espèce de champs magnétique jaune.

Votre compteur d’adrénaline descend alors petit à petit jusqu’à épuisement des stocks. La durée des « spéciales » est quand même assez longues (Environ une trentaine de secondes).

Un UltraKill prend donc ici une autre dimension puisqu’il est récompensé.

Comme dans Quake 3 pour le bunny jump et le rocket jump, un paquet de tricks existent pour Unreal Tournament 2003, comme par exemple celui de prendre appui sur un mur pour se la jouer Jet Li et se retrouver derrière celui qui vous courrait après la seconde d’avant, ou encore de grouper la puissance de feu des Link Guns de plusieurs joueurs pour en faire un seul et même tir surpuissant.
Il en existe tellement qu’avant de réussir à les appliquer, il vous faudra pas mal d’entraînement et de cohésion entre équipiers pour effectuer certaines actions, dont celle qui concerne justement le Link Gun.

Tout ça rappel un peu les combos pour les jeux de baston sur console comme Street Fighters (Avancer, Reculer, Droite, Gauche, Bouton 1, Gauche, Sauter, Bouton 2 et hop FINISH HIM !!!).

Dieu fini par se poser une question existentielle « Est-ce que c’est jouable ? »

Après tout ça, il reste une question clé : « Que donne le gameplay ? »
Même si la prise en main est relativement simple, la précision, ou plutôt le rendu des tirs sur les personnages, n’est pas parfait.

Au bout de 5 minutes à arroser un méchant, on se rend compte qu’on a finalement peut-être mis tout à côté étant donné qu’il continue à sautiller joyeusement un peu partout sur la map.

Certes, ça bouge beaucoup, ça saute dans tous les sens, mais on à l’impression de ramer à mort lorsqu’on piste le gibier, même en ayant des mois de pratique sur Quake 3.

Nombreux sont les grands moments de solitude où on crache sur l’écran en maudissant le mec qu’on est pourtant sûr d’avoir fraggé.

Ensuite Dieu ouvrit les yeux, et cria « Ah flûte, j’avais déjà fait ça pour Quake 3 »

Je ne pouvais pas finir ce mini-test sans vous parler de la différence avec Quake 3.
On ne peut que constater qu’Unreal Tournament 2003 est en fait une amélioration graphique du soft d’ID.
Certes il y a des améliorations aussi au niveau de certaines armes, les maps sont sympa, les modes de jeu sont intéressants, mais il manque une grosse dose de fun, à croire qu’Unreal Tournament 2003 n’est destiné qu’à la compétition, avec tout ce que ça comporte.

Ce qui fait la force de Quake 3, c’est aussi qu’on peut s’en jeter une petite partie sans trop se prendre la tête, sans être obligé de passer 1 semaine entière dessus pour faire du bon frag.
Avec UT2K3, c est tout le contraire. On passe son temps à essayer de viser, et pour un peu qu’on dispose d’une heure devant soit pour jouer, on la gâche bêtement à faire l’apprentissage du jeu alors qu’on a pas forcément envie de faire des High Compétitions en CPL. Dommage.
Parce que OUI, Mesdames et Mesdames, on sent bien que les développeurs ont tout misé sur la compétition online/offline, au détriment de tout le reste.

Mais pour qu’Unreal Tournament 2003 soit vraiment pris en compte lors des prochaines compétitions, déjà faudrait-il que les joueurs s’y intéressent, et c’est encore loin d’être le cas si on prend en considération les stats Gamespy.

Il en reste que si vous êtes du genre persévérant, et que vous disposez de temps, vous pouvez vous jeter tête baissée dedans. Avec un peu de chance, un sponsor passera par là, vous proposera de rejoindre l’équipe qu’il sponsorise, vous proposera un contrat de plusieurs centaines de milliers d’euros par ans, et vous vous réveillerez en pleine nuit pour vous rendre compte que vous venez de faire un rêve, et qu’Unreal Tournament 2003 est décevant.

En bref

Les plus :

  • (+) la qualité graphique, le top du moment ;
  • (+) le coup de l’adrénaline, qui donne un peu plus de profondeur au jeu ;
  • (+) l’architecture des maps, du bon boulot, mis à part pour la disposition de certains items ;
  • (+) plein d’items, plein de maps, plein de personnages, plein de combinaisons de touches.

Les moins :

  • (-) pas de réelle innovation par rapport à ce qui a déjà été fait ;
  • (-) on a l’impression qu’en visant les méchants, on ne touche rien, alors après on tire dans le vent et on finit par faire un frag ;
  • (-) pas vraiment fun à jouer, à moins d’être à fond dans la compétition ;
  • (-) la partie solo. Ils commencent à nous saouler en nous proposant des bots pour jouer off line. Même une petite campagne avec un tout petit scénario aurait été la bienvenue ;
  • (-) trop d’items, trop de maps, trop de personnages, trop de combinaison de touches, trop trop !

D’autres (bons) tests

Sites français

Par DeaThBLow, fan inconditionnel d’Unreal.