Dans La Suggestion de la Semaine, on fourre notre bras au fond du tiroir de la rédaction pour vous conseiller des bidules et des machins susceptibles d’attiser votre curiosité et de vous donner de quoi avoir l’air intéressant devant vos amis à l’apéro.

Jeux, films, documentaires ou œuvres plus obscures, c’est ici qu’on pourra se permettre de parler d’autre chose que des FPS, en attendant la nouvelle version du site où on fera des vidéos commentées sur les jeux Nintendo et où Squeezie sera invité dans nos locaux pour inaugurer notre rachat par Bolloré®.


Alors que je cherchais de quoi satisfaire mes envies d’œuvres crades, mes errances sur le net m’ont fait me détacher de mon chouchou Clive Barker pour m’orienter vers Made in Abyss, un manga de Akihito Tsukushi commencé en 2013. Je ne comptais vraiment pas vous parler d’un manga, ni de son adaptation en série animée, mais quelque chose me dit que cela devrait vous plaire bande de sadiques. Ne vous laissez pas berner par son design mignon à destination des plus jeunes ou fans de Ghibli, Made in Abyss est un seinen, c’est à dire un manga à destination des adultes.

Dans cette série, la ville d’Orth s’est bâtie autour de l’Abysse, un trou d’un bon kilomètre de diamètre à sa surface. Cette Abysse trône au centre d’une île perdue au milieu d’un océan mais bon nombre d’êtres humains se sont pressés autour de ce lieu dans le but d’explorer et de s’enrichir. C’est là qu’on découvre notre personnage principal, Riko, une petite fille de douze ans passionnée par l’Abysse et qui n’aspire qu’une chose : devenir un Sifflet Blanc et marcher dans les pas de sa mère, une exploratrice de légende.

Tout commence de manière très mignonne avec des orphelins qui descendent dans l’immense puit pour chercher des reliques d’un autre âge. Ces reliques sont la base de l’économie de l’univers de Made in Abyss. Seulement, les reliques les plus proches de la surface ne sont pas très chères tant elles sont nombreuses et disponibles pour le plus grand nombre. Cependant, plus on s’enfonce, plus ces reliques prennent de la valeur, certaines possèdent même des pouvoirs incroyables. Lors d’un de ces raid avec son orphelinat, Riko manque de se faire dévorer par une sorte de dragon-serpent-limace géant. Oui, on envoie des orphelins dans un trou où la faune n’est pas simplement hors norme, mais aussi extrêmement dangereuse. Alors qu’elle voit sa dernière heure arriver, elle est sauvée par un robot à l’apparence de petit garçon.

Les sourires vont vite se transformer en torrents de larmes.

Dès lors tout s’enchaîne très vite, Riko et le fraîchement baptisé Reg partent en expédition vers le fond de l’Abysse pour retrouver Lyza, la mère de Riko, qui aurait fait parvenir un message demandant à sa fille de la rejoindre au fond du puits. Si avec un postulat pareil on s’attend à un Shonen typique avec des moments de tensions mais finalement un traitement assez léger (et appuyé par le design mignon), la série s’assombrit à chaque fois que le groupe descend d’une couche à l’autre de l’Abysse. Les créatures qui vivent dans ce puits sont toutes plus dangereuses les unes que les autres et certaines sont doués de pouvoirs susceptibles de rivaliser et surpasser l’intelligence et la sournoiserie du plus malin des aventuriers.

L’Abysse est un lieu étrange, une aberration physique et naturelle où chaque strate répond à ses propres règles. De plus, une étrange malédiction accable ceux qui tentent de remonter vers la surface. D’ailleurs, il ne suffit pas de monter complètement pour subir les symptômes de cette malédiction, une ascension de 10 mètres suffit. Si la première couche (jusqu’à 1km de profondeur) ne provoque que de légères nausées et vomissements et la seconde (jusqu’à 3km de profondeur) aggrave légèrement les symptômes, la troisième (jusqu’à 7km de profondeur) ajoute des hallucinations visuelles et auditives. La quatrième (jusqu’à 12km de profondeur) vous fait évacuer du sang par tous vos orifices : bouche, nez, oreilles, canaux lacrymaux, vessie et anus. La cinquième (jusqu’à 13km de profondeur) vous fait perdre vos repères et provoque des comportements auto-destructeurs et de l’auto-mutilation. La sixième couche (jusqu’à 15,5km de profondeur) vous fait perdre votre humanité, vous transforme en créature dégueulasse digne de figurer dans le bestiaire de Cronemberg et occasionne des fois la mort. La septième couche (qui se termine on sait pas où) vous tuera à coup sûr.

L’Abysse a ce petit goût de Voyage au centre de la Terre et de l’Enfer selon Dante et la Divine Comédie.

Là, peut être vous comprenez pourquoi descendre dans cette Abysse n’est pas à la portée d’une gamine de douze ans, même accompagné d’un robot indestructible, sans parler du fait que faire le chemin inverse devient absolument impossible depuis la sixième couche. Vous comprendrez aussi pourquoi la série devient de plus en plus malsaine. Je ne vous spoilerai pas les événements, je trouve la série animée de très bonne facture et le changement progressif de ton est de plus en plus insoutenable, surtout quand les événements touchent des enfants tous mignons qui ne rêvent que d’aventures et de décors fabuleux.

Ce Voyage au centre de la Terre sadique est un vrai plaisir (masochiste). On a envie de savoir ce qu’ils vont rencontrer au fond de ce puits infernal et voir quels créatures immondes peuplent cette aberration qui attire pourtant de nombreux explorateurs. Les personnages sont très attachants, leur design et leur comportement (relativement) insouciant rendent les événements encore plus dérangeants et difficile à supporter. La série (papier et animée) est toujours en cours donc ne vous attendez pas à voir la fin du périple tout de suite.

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On a rencontré Masiko alors qu'il était en train d'insulter des fans de Blizzard sortant d'un Mcdonald. Son accent chantant mêlé aux injures qu'il proférait lui ont tout de suite donné un air sympathique. Mais sous cette joviale façade, une envie le rongeait, il voulait faire fructifier son amour pour Duke Nukem 3D et avouer au grand jour sa FPSosexualité. C'est donc naturellement qu'il est venu rejoindre l'équipe de NoFrag.