Il y a deux types de joueurs. Ceux qui ont joué à Destiny et les autres. Pour les premiers, la bêta n’est qu’une sorte de validation des acquis : « entendu, le jeu ressemble à son aîné », pour les autres, elle est censée (au-delà d’être une chasse aux derniers bugs) être une façon de découvrir le prochain soft de Bungie, leur donner envie d’acheter le jeu. De ce point de vue, c’est un échec.

Dans le prologue, on nous demande de choisir une classe parmi trois et nous voilà partis pour une mission très scriptée qui raconte la destruction d’un truc. Si on a fait le premier, on reconnaît un peu tout ce qui se passe et le moment est important. Si on fait partie des ignorants, on ne comprend rien. On nous parle de Speaker, il y a une sorte de petite planète, le Traveler, elle est détruite ou neutralisée ou que sais-je, tout le monde est triste, sans cette planète, les Gardiens (nous, apparemment) sont des gros nazes. Ok.

Au-delà de l’obscurité du scénario, il faut aussi se débrouiller avec le reste. Il faut dire qu’on nous file un perso niveau 20 avec tous les skills de débloqués. Vous avez le choix entre deux sous-classes et leurs deux capacités ultimes (appelées super) associées, trois grenades, trois sauts, deux capacités de classes, des dizaines d’armes et d’autres trucs. On rencontre des ennemis avec des barres de vie jaunes, rouges, bleues. C’est peut-être une bonne idée, après tout, ça permet de voir ce qu’on peut accomplir et en lisant quelques minutes ce que toutes ces choses font, on arrive à se dépêtrer assez vite.

Le prologue du jeu

Mais tout de suite le problème principal de la bêta surgit : elle ne ressemble pas au vrai jeu. Destiny est certes un FPS, mais c’est aussi une sorte de MMO instancié (comme le premier Guild Wars) où tout l’intérêt est de faire évoluer son héros. Ça on le sait très bien si on a fait le premier, mais si on est encore vierge, on ne voit qu’un FPS aux sensations moyennes, aux armes pour la plupart sans saveur et à la customisation limitée au premier abord.

Un mot sur l’optimisation : aucun souci, ça tourne niquel.

Et on trouve un FPS où on se fait grandement chier. Après la première mission on a le droit à deux maps de PVP et une mission coop en PVE. Les premières ont du mal à être plaisantes (une domination/capture de point et une qui reprend la pose de bombe de Counter Strike) et si après quelque temps on arrive à s’amuser, pas de quoi remplacer un vrai jeu dédié au multijoueur néanmoins.

La mission PVE est d’un ennui mortel, malgré les environnements plaisants. Elle est très simple et ne nécessite pas d’être organisé avec les autres joueurs. Ceux qui ont fait le premier jeu savent que Destiny en a bien plus dans le ventre, les autres bâilleront. Même le loot est accessoire, vu qu’il n’y a aucune progression (les armes et équipements récupérés ont tous le même DPS ou presque). Et Destiny c’est surtout une boite de Skinner deluxe.

La mission PvE disponible dans la démo

Il va falloir faire vos devoirs pour savoir si Destiny 2 va vous plaire, il va falloir vous demander si vous êtes prêt à rentrer dans un diablo-like sous forme de FPS où la recherche de l’équipement parfait est la chose qui va vous occupez la plupart du temps. Notons quand même que si vos souvenirs du premier datent de sa sortie, il s’est apparemment grandement amélioré avec le temps et gageons que le 2 aura gardé ces progrès. Reste qu’il va aussi falloir faire avec les pratiques affreuses d’Activision.

La bêta de Destiny 2 concernait surtout les fans du premier, qui retrouveront des lieux et des sensations connus. Pour les autres, il faut faire un effort d’imagination et voir si les sensations de combats sont assez bonnes pour nourrir une course permanente à l’équipement. Et ça, même après quelques heures passées sur le PVP et le PVE, je n’en sais toujours rien.